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Publier ses actes de colloque à l'ère numérique

Comment Internet permet de renouveler la publication des actes de colloque

Par Alexandre Roberge , le 10 décembre 2017 | Dernière mise à jour de l'article le 07 mars 2018

Les colloques possèdent cette caractéristique de concentrer des spécialistes sur un sujet particulier dans un même endroit. Ils proposent différents éclairages sur un thème scientifique, social, culturel, etc. Un travail d’expert précieux, mais qui exclut ceux n'ayant pu êtres présents.

Heureusement, la possibilité de publier des actes de colloque donne l’occasion aux absents de lire le compte-rendu des présentations et des recherches. Une bonne partie de la reconnaissance du travail scientifique se joue dans ces colloques et ces publications. Au point où certaines institutions de formation montrent même aux étudiants comment se faire publier. D'ailleurs, quelles sont donc leurs options?

Le nouvel éditeur : Internet

Évidemment, des éditeurs proposent toujours de publier des ouvrages regroupant les actes de colloque. La pratique est de mise encore aujourd’hui, mais elle est moins populaire car d'autres supports font concurrence : la vidéo s’est démocratisée. Tout le monde, ou presque, porte une caméra dans sa poche avec son téléphone intelligent. Les publications uniquement papier semblent alors vétustes. Dans ce contexte, choisir un éditeur n'a rien de facile. Comme le rappelle cet article, s’il est trop strict, la publication risque de prendre plus de temps et de ne pas publier l'intégralité du travail alors que s’il est trop laxiste, elle ne sera pas visible ou très mal référencée. Sans compter que cette version imprimée ne représente pas totalement le cycle de vie plus long des appels à contribution et de la dimension sociale du colloque.

Alors, pour bien des personnes, dont Pierre Mounier, l’avenir de la publication d’actes de colloques ne se ferait pas sur le papier, mais sur Internet. Il avait travaillé au développement de l’Unité numérique à l’ENS de Lyon afin de rendre davantage pérennes les publications liées à ce rassemblement d’experts.

Pour lui, le modèle Internet permettait à la communauté scientifique de s’approprier les résultats de façon autonome. Et surtout de façon plus durable que le papier. Ironiquement les hyperliens de son texte de 2008 sont pour la plupart inopérants, y compris celui menant au colloque de l’histoire franco-algérienne qui eut lieu en 2006. Il existe encore, mais le lien de l’accueil ne fonctionne plus et celui des vidéos de conférences non plus.

Des approches hybrides d'édition

Ce qui soulève la question de la pérennité. En fait, l’Internet évoluant, les sites ponctuels finissent par disparaître au fil du temps. Alors, ce sont possiblement des sites hébergeurs qui pourront préserver et garder les actes de colloques encore consultables des années après. Des sites comme Scienceconf ou le site d’archivage HAL peuvent faire partie de la solution, bien que ce dernier ne soit pas un service de publication à proprement parler. Il offre peu d’autonomie et de marge de manœuvre afin de s’enrichir du multimédia. Les deux services sont donc complémentaires.

Il existe différentes façons de parvenir à couvrir la richesse des colloques. Par exemple, les créateurs du Edcamp ont réalisé que ce type d’événement ne comprenait pas seulement les publications scientifiques mais aussi des ateliers, des marathons de programmation et autres d’où sortent et des échanges qui ne figurent jamais dans des publications liées aux colloques. Ils ont donc opté pour un site comme Framapad, une plateforme libre d’édition en ligne et ils ont fait affaire avec un éditeur qui expérimente des manières hybrides de publier. Cela leur a permis de couvrir davantage de matière partagée durant l'événement.

La SFSIC, de son côté, édite chaque année son cahier dans un document PDF massif et complet et s'assure que les versions précédentes restent accessibles. D’autres ont même utilisé le site Hypothèses qui, au départ, a été pensé comme un site de blogue académique. Cela demande quelques approches différentes, mais l’expérience du colloque de 2017 sur le rap semble montrer que le site peut effectivement servir à cela.

Différentes options se développent pour éditer les actes d'un colloque. Ces approches sont importantes afin de témoigner au monde et au milieu visé les réflexions qu’a suscitées chaque rassemblement. Encore faut-il se décider sous quelle forme seront les comptes-rendus et comment les mettre sous une forme qui soit facilement consultable.

Illustration : latitudes-flickr Library presentation by Shane Krepakevich via photopin (license)

Références

"Actes Numériques Du Colloque." Perspectives Francophones Sur Les Musiques Hip-hop. Dernière mise à jour : 24 avril 2017. https://colloquehh.hypotheses.org/424.

Bourgatte, Michael. "Disseminating Research Results in a DH Center: Mediasprint As "Unconference Proceedings"." Celluloid | Video | Education | Digital Humanities. Dernière mise à jour : 13 décembre 2016. http://celluloid.hypotheses.org/1019.

"Comment Rédiger Un Compte Rendu De Conférence ?" Codexa. Consulté le 6 décembre 2017. https://www.codexa.fr/guides/compte-rendu/comment-faire/conference/.

"FORMADOCT: Publier Ses Travaux En SHS (Sciences Humaines Et Sociales): Participer à Un Colloque." Formadoct : Un Guide Pour Les Doctorants. Dernière mise à jour : 6 juillet 2017. https://guides-formadoct.u-bretagneloire.fr/c.php?g=491612&p=3362229.

Hammou, Karim. "Pourquoi Et Comment Publier Des Actes De Colloque En 2017 ?" Sur Un Son Rap. Dernière mise à jour : 29 mai 2017. http://surunsonrap.hypotheses.org/3391.

"Les Cahiers De La SFSIC." Sfsic. Dernière mise à jour : 13 février 2017. http://www.sfsic.org/index.php/publications-sfsic-300107/les-cahiers-de-la-sfsic.

Mounier, Pierre. "L’Unité Numérique." Blogo-numericus. Dernière mise à jour : 21 mars 2008. https://bn.hypotheses.org/10251.

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