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Les dispositifs de la formation en ligne***

Par Louis-Martin Essono , le 12 mars 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Les années passent et se ressemblent dans les pays comme le Canada, les Etats-Unis, la France ou la Grande Bretagne. En permanence, les chercheurs en pédagogie, en didactique et en curriculum y sont en intense activité de créativité. Ils rendent l’école facile pour des bambins qui n’ont pas envie d’apprendre et que l’environnement appâtent par des didacticels attrayant et efficaces.

La collaboration entre les chercheurs d’une même discipline et la poussée de l’interdisciplinarité conduisent les techniciens des Tice à proposer des produits généralement bons mais toujours perfectibles. Les informaticiens et les psychologues contribuent, eux aussi, à construire une architecture scolaire pleine d’agréments qui attirent l’apprenant et suscitent l’envie de travailler. Les salons, les expositions, les conférences, constituent des grands messes où se déploie le génie du nord dans la recherche constante de l’excellence et de la beauté du produit scolaire ou universitaire.

Voici les mêmes compétences et les mêmes expertises au Sud. Qui se claquemurent dans l’individualité vouée à la mort. Qui reproduisent aussi les mêmes schémas qu’ils ont consommé au Nord et qu’ils veulent à tout prix imposer à leurs concitoyens. L’ancien étudiant de Belgique, de France, d’Italie ou d’Allemagne vient proposer les structure et les modes réflexifs de son ancienne école, qui ne collent à aucune contrée d’Afrique.

Voici une architecture à construire et qui déjà a disparu par la langue étrangère utilisée à tout prix à l’école. Les contes chantés aux veillées sous la lune, le récit de la généalogie de l’oncle maternel et de celle du père. Aucun logiciel africain, avec les outils étrangers, ne vient remettre au clair la tradition locale pour une plus grande exploitation. Les danses et les paroles, les jeux et leurs dispositifs pleins de génie, les valeurs sociétales et les rites et rituels publics qui font la richesse culturelle de nos pays.

Ces modules ne sont-ils pas enseignables en fàd ? Ne pérennisent-ils pas la culture africaine qui s’étiole ? Ne valent-ils pas la peine qu’on les formalise ? Quels dispositifs a-t-on prévu pour cela ? Bien sûr, le refrain, comme les fugues à la Bach, reviendront tout excuser : pauvreté, maladie, manque d’électricité et de téléphone, etc.

La plupart des chercheurs reproduisent la rationnalité cartésienne apprise en Occident et négligent la spontanéité de chez eux qui serait l’apport au village prolétaire. Les cours présents sur Internet sont tout juste recopiés, même non adaptés aux attentes locales, aux besoins locaux. L’architecture, tout en obéissant à la standardisation et à la normalisation, est riche des différences et des produits finis du village planétaire.

Une architecture isomorphe et monotone crée l’ennui et le dégoût. l’école africaine et informelle doit s’archtecturer aux normes internationales. Nos technologues et spécialistes tiennent là un défi. Ils n’ont pas droit à l’erreur.

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