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Les communications entre apprenants et tuteur en ligne : mais que se disent-ils et dans quel but?***

Par Denys Lamontagne , le 13 mars 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Analyse des communications électroniques entre apprenants et tuteur en ligne : quelques éléments sur les pratiques communicationnelles des tuteursPar Robin Vivian, Eric Brangier, Gabriel Michel, Javier Barcenilla

Cet intéressant article de Robin Vivian, Eric Brangier, Gabriel Michel et Javier Barcenilla de ETIC - Université de Metz, présente une analyse quantitative et qualitative des messages électroniques entre un tuteur et des apprenants lors d’une formation à distance au progiciel Flash.

On montre que dans ce cas préçis (apprentissage d’un didacticiel), les communications du tuteur sont structurées sous la forme d’un modèle de connaissance qui tend à privilégier des informations procédurales, finalisées et orientées vers les solutions d’exercice plutôt que la diffusion de connaissances plus coûteuses en temps et en ressources.

Ainsi faisant, le tuteur oriente ses propos vers la diffusion des procédures permettant d’atteindre rapidement les objectifs d’apprentissage.

En somme, les pratiques communicationnelles du tuteur s’inscrivent dans une stratégie qui viserait à pallier les déficits interactifs de l’enseignement en ligne par la diffusion rapide des procédures débouchant sur les objectifs d’apprentissage.

L’hypothèse est donc de considérer que tout se passe comme si la réduction des dialogues entre les agents amenait le tuteur à aiguiller les processus de construction partagée de nouvelles connaissances, pour délivrer rapidement les résultats directement opérationnels vis-à-vis de la tâche d’apprentissage.

Ainsi, pour travailler dans des conditions confortables, le tuteur a inventé des procédures de communications asynchrones qui facilitent le travail conversationnel. Il s’agit là de l’expression d’un processus adaptatif qui vise à réduire la charge de travail occasionnée par les nombreuses communications lourdes à gérer.

Les possibilités d’interactions pédagogiques sont nombreuses et variées. Tout semble se passer comme si le tuteur devait jouer un triple rôle :

  • Cognitif :
  • Socio-affectif :
  • Organisationnel :

On constate une répartition très déséquilibrée entre les réponses collectives que peut apporter le tuteur (environ 20 %) par rapport aux réponses individuelles (environ 80 %).

Pour des raisons techniques, le modèle de la transmission du savoir est remis en cause puisqu’il n’est plus linéaire, progressif, collectif et riche en interactions sociales, mais individuel et basé sur deux types d’interactions électroniques :

  • apprenant-didactitiel et
  • apprentants-tuteurs.

Comparé à l’enseignant, le tuteur a peu d’interactions avec les apprenants et ces interactions sont coûteuses

  • en temps (parfois le soir, la nuit, les week-ends),
  • en mobilisation (répondre aux nombreuses questions),
  • en disponibilité (réponses attendues rapidement),
  • en engagement affectif (maintenir le dialogue avec l’apprenant, veiller à la motivation des apprenants) avec une reconnaissance qui est parfois faible (familiarité, remerciement aléatoire).

On constate que, plutôt que d’être basée sur la découverte, la pédagogie du tuteur fournit assez rapidement des consignes précises de solution.

Le tuteur, se retrouve dans une situation où il ne peut montrer ce qu’il est possible de faire, et, donne alors la procédure pour réussir ce qui est à faire.

Le tuteur prend la mesure des difficultés des apprenants et finit par donner les procédures permettant de réaliser les exercices.

Le constat d’échec des étudiants incite le tuteur à les sortir rapidement de l’impasse en fournissant les étapes, pas à pas, de la solution.

La particularité de ces échanges est de souligner que le tuteur :

  • dispose bien de modèles préétablis de l’apprenant.

    Ces modèles facilitent la compréhension et permettent d’une part de catégoriser les protagonistes selon leur niveau de connaissances, leurs rôles sociaux, leur sexe...  

  • utilise des stratégies qui reposent sur un principe d’économie du dialogue.

    Plus précisément, des stratégies compensatrices délaissent les pratiques pédagogiques centrées sur les moyens (explication des manières de faire, procédures, énonciation des pré-requis...) pour renforcer les pratiques pédagogiques centrées sur les buts (résultats, atteinte du niveau de performance visé, niveau d’apprentissage escompté).

Si on résume l’idée, il semble bien que le tuteur n’enseigne pas, il s’occupe plutôt de faire avancer les étudiants, quitte à les porter ou leur pousser dans le dos. Il est bien possible que cette façon d’opérer soit plutôt courante et pas seulement dans l’apprentissage de logiciel.

Pour l’article au complet : Analyse des communications électroniques entre apprenants et tuteur en ligne : quelques éléments sur les pratiques communicationnelles des tuteursPar Robin Vivian, Eric Brangier, Gabriel Michel, Javier Barcenilla

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