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Architecture des cours : organisation de l’espace réel et de l’espace virtuel***

Par Denys Lamontagne , le 13 mars 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 23 décembre 2008

Le mandat

L’enseignement poursuit un objectif : transmettre un savoir souvent acquis de haute lutte et sur plusieurs générations dans un laps de temps beaucoup plus court.

On enseigne pour que ceux qui apprennent soient capables de faire quelque chose, évitent les errements de ceux qui les ont précédés et créent de nouvelles choses, ou les mêmes, à volonté.

Fondamentalement il y a un sujet d’étude et l’étudiant. Quand l’étudiant apprend, un flux s’est établi entre le sujet d’étude et l’étudiant. Pour initier ce flux, l’intérêt de l’étudiant a été attiré vers le sujet d’apprentissage par un événement, une occasion, une nécessité, une sensibilisation, une volonté propre ou extérieure. Cet intérêt s’énonce en un objectif plus ou moins précis à atteindre.

Cet intérêt peut augmenter ou s’éteindre. Il peut-être auto-alimenté ou alimenté de l’extérieur. L’attention concentrée de l’étudiant se nourrit du sujet d’étude jusqu’à ce qu’il soit intégré et corresponde à l’objectif qui soutenait l’intérêt. Si le flux ne nourrit pas l’intérêt, ne correspond pas à l’objectif ou que l’objectif est atteint, le flux cesse.

L’environnement

L’étudiant peut apprendre seul ou avec de l’aide. L’aide peut prendre diverses formes : un professeur, un mentor, un tuteur, un groupe, un cours, un manuel, une approche «pédagogique», des outils, des traditions, des méthodes, etc.

L’aide contribue au flux entre le sujet d’apprentissage et l’étudiant, elle ne l’interfère pas ni ne s’y substitue. Le flux fondamental est entre le sujet et l’étudiant, pas entre le «cours», la communauté, la méthode ou le professeur et l’étudiant. D’autres flux peuvent favoriser le flux fondamental, mais sans lui, les autres perdent leur sens, comme quand on suit un cours de qualité mais impertinent.

Les matériaux et techniques

Ceci posé, il nous est possible d’intégrer les différents matériaux de l’architecture éducative comme un architecte le fait avec les besoins des habitants, l’ensoleillement, les vents dominants, la topographie et les réseaux de services pour décider de l’emplacement et de la fonction des pièces, de la disposition des fenêtres, du choix des matériaux, etc.

Si autrefois nous vivions dans des huttes, des grottes ou des tentes, nous pouvons maintenant vivre dans des espaces beaucoup plus fonctionnels : maisons, hôtels, roulottes, bateaux, etc.

Il en est de même de l’éducation : nous pouvons maintenant accéder aux meilleures ressources à des coûts très bas, nous pouvons travailler en groupes d’intérêts, nous pouvons communiquer à des centaines de personnes, bref, de nouveaux matériaux et techniques sont disponibles et il ne semble plus y avoir de raison de se contenter de grottes ou de huttes avec de grands sages à l’intérieur.

Ce changement s’est produit en un temps très bref, 10 ans techniquement, 5 ans pratiquement. Il est normal alors de trouver à la fois des huttes et des maisons, à la fois des grottes et des hôtels, à la fois des tentes et des maisons mobiles.

L’art de l’enseignement ne change pas fondamentalement : de bons professeurs savent stimuler l’intérêt, transmettre les connaissances, faire pratiquer, encourager. De bons cours présentent des approches qui ont fait leurs preuves, des démonstrations concluantes, des définitions claires, des références solides.

Ce qui a surtout changé ce sont les modalités d’interaction. D’essentiellement passive et intellectuelle, la présence de l’étudiant passe au mode actif et pratique, ce qui n’exclut pas la réflexion. Les activités «transmission» et «enregistrement» sont diminuées au profit de la mise en relation et de la qualification de l’importance et de la valeur des données par la pratique et les échanges.

Architecture

L’architecture des systèmes pédagogiques et des cours module l’espace accordé aux activités mentales, réelles ou virtuelles, l’espace étant essentiellement défini par celui des relations. Il y a beaucoup d’espace dans Internet parce qu’il y a beaucoup de relations. Il peut y en avoir beaucoup plus dans les cours et dans les écoles.

Mais au bout de compte, on peut aussi bien interférer le flux, le «divertir» avec d’autres méthodes. L’idée demeurera toujours d’établir et d’alimenter le flux entre le sujet d’étude et l’étudiant jusqu’à l’atteinte de ses objectifs, ni moins, ni plus.

L’architecte créera idéalement un espace de vie correspondant aux attentes de ceux qui y vivront. Il peut bien contruire des espaces «rentables» ou des éléphants blancs, comme d’autres des plates-formes compliquées ou des cours clinquants ou ennuyeux. Le client a toujours le choix d’exiger autre chose ou de s’en contenter.

Autant mieux créer des environnements et des espaces d’apprentissage intéressants et ouverts, physiquement et virtuellement.

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