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L’Afrique et la civilisation virtuelle

Par Louis-Martin Essono , le 20 mars 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

On a eu l’impression à Yaoundé que le miracle se produisait chaque fois que le public était réuni pour des grand-messes habituelles. Les Tic avaient quelque chose de différent. Outre que de grands noms aient accepté de prendre trois jours de discussions sur des sujets vraiment virtuels en ce sens que des choses qu’on leur disait n’étaient pas réelles à leurs yeux, les publics hétérogènes ont découvert la réalité sous un autre visage.

Alain Kenfack vit en France depuis longtemps et son accent est encore très camerounais. Il exhorte le pouvoir en place de privilégier les Tic avant les infrastructures puisque l’arrivée de l’Internet apportera forcément le développement. Cet ancien directeur de publication d’une revue économique en Afrique Centrale est consultant - formateur. Et, depuis plusieurs années, il travaille sur des projets d’externalisation et anime des formations sur l’impact des TIC dans les stratégies d’entreprises.

Il est l’auteur d’un ouvrage en ligne sur

L’Afrique et la civilisation virtuelle

. Douze chapitres d’intenses réflexions sur la civilisation de l’Internet et de ses retombées en Afrique. La présentation en ligne qui en est proposée fait savoir que la question à laquelle tente de répondre ce livre est de savoir "si les dirigeants africains sauront saisir cette nouvelle opportunité qui se présente, à travers les NTIC, pour améliorer le quotidien des populations et raccrocher leurs pays au train de l’économie mondiale".

L’édition en ligne, gratuite et déjà abondamment consultée par les étudiants des universités camerounaises ouvre une bataille sans objet que s’étaient déjà livrée, en 1999, les enseignants du Département de français de la faculté des lettres et les sevices culturels de l’Ambassade de France au Cameroun. Le problème n’est pas dans l’édition imprimée ou dans l’édition en ligne, il se focalise dans la culture de la lecture. Les Camerounais lisent peu.

Pourtant, les nombreux problèmes que soulève Kenfack avec beaucoup de pertinence l’ont déjà été avec bien moins de conviction. La touche pédagogique de l’auteur, sa force argumentative et la cohérence démonstrative incitent au changement de mentalité. F. Ossama appartient à la génération des prédécesseurs qui ont réussi à infléchir la culture numérique en Afrique.

Kenfack a le langage simple, dépouillé de tout métalangage. Il soulève des sujets qui collent à l’actualité aussi bien pour la bonne gouvernance que pour le chômage qui favorise la meurtrière immigration. Le livre est en ligne. On ne le commentera pas. Parions que, gratuit, il attirera les chercheurs africains.

L’Afrique et la civilisation virtuelle.

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