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L’Afrique et l’appropriation des savoirs : la fàd en 1ère ligne

Par Louis-Martin Essono , le 01 septembre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

On n’imaginait pas que cette rencontre drainerait tant de personnes venues écouter, mais surtout présenter les conditions dans lesquelles se transmet ou s’approprie le savoir dans les pays francophones de l’Afrique. Le parterre avait de quoi susciter les débats qui étaient animés par D. Oillo de l’ AUF, l’Agence universitaire de la francophonie. Autour de lui, le Recteur honoraire B. Mve Ondo, puis des responsables chargés des institutions d’enseignement virtuel, à l’instar de H. Chebli, président de l’Université virtuelle de Tunisie, de M. Benhadi, Directeur du Centre de Recherche sur l’Information Scientifique et Technique d’Algérie et enfin de G. Casteignau, professeur à l’Université de Limoges. P. J. Loiret, Directeur régional des Campus numériques de l’ AUF du Maghreb a également pris part à ces discussions.

B. Mve Ondo lance la première alerte. L’Afrique souffre cruellement d’une crise technologique et scientifique, à cause d’une fuite endémique des cerveaux et de l’impossibilité du continent à atteindre le minimum requis. La dégression scientifique, partie de 3% en 1960, atteint en 2002 un creux de 0,1%, avec un ridicule pic de 1,8% en 1980. Cette dégénescence est due aux conditions de travail et aussi à l’absence des réseaux de recherche universitaire africaine intégrant les Tic dans les plans de formation.

Casteignau anime une université virtuelle à l’ Université de Limoges qui favorise, non l’enseignement, mais l’apprentissage. Une telle institution demeure la voie royale de remédiation de l’ignorance grâce d’une part à la relation pédagogique particulière et à un profond suivi tutoral des apprenants de tous les coins de la terre, quels qu’en soient, les matières, la langue, le système d’éducation et les programmes. L’inconvénient demeure les lourdeurs et les barrières administratives empêchant la prise en compte du travail non institutionnel des enseignants.

Les initiatives d’enseignement virtuel les plus intéressantes proviennent de Tunisie et d’Algérie à cause de la prospective institutionnelle des années qui vont apporter un surplus d’étudiants. L’université accueille cette année 227.000 étudiants et en prévoit 500.000 en 2010. La diminution du nombre d’enseignants, l’obsolescence des infrastuctures, la rénovation pédagogique et les demandes d’autoformation de plus en plus nombreuses ont amené à la création d’une Unversité virtuelle qui vise la fédération de toutes les universités locales pour une transmission harmonisée mais autonome des savoirs. L’enseignement à distance intégral est suspendu pour être doublé de l’enseignement présentiel et couvrira 20% des contenus de formation.

En Algérie, un programme d’action pour l’’insertion des Tic a été réalisé et a entrepris le développement des réseaux pour leur utilisation. De nombreuses informations sont d’ailleurs disponibles dans le site du Cerist, le Centre de Recherche sur l’Information Scientifique et Technique d’Alger. La numérisation du fond documentaire et des contenus est fonctionnelle. L’interconnexion des université, la formation des formateurs et la réalisation des sites internet par université ont commencé.

L’ AUF a disséminé partout en Afrique des campus numériques susceptibles d’aider à l’appropriation des savoirs. Pour P.J. Loiret, cette stratégie constitue une forme de partenariat et de coopération qui favorise l’adaptation locale des savoirs visant une intégration efficace des Tic. Les programmes offerts sont une occasion pour l’AUF de généraliser, par la formation à distance, un enseignement de qualité tel qu’on en trouve dans les pays du Nord.

Les expériences proposées rappelaient la situation des pays du Sud, mais, l’organisation des travaux, les méthodologies et les plans de programmation pour la massification et l’expansion du savoir semblaient beaucoup trop proches de celles que l’on observe au Nord compte tenu des infrastructures disponibles. Les orateurs ont soulignés les épineux problèmes institutionnels et certificatifs qui bloquent souvent l’éclosion des structures virtuelles. Il a manqué au plateau, la présentation d’une structure de formation virtuelle du Sud, avec les problèmes réels rencontrés, les ébauches de solutions utilisées et les perspectives envisagées.

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