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Que fait-on avec les ordinateurs dans les collèges et lycées français ?

Par Thot , le 08 novembre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 09 novembre 2010

Les chiffres peuvent paraître trompeurs. Le ministère français de l'Éducation nationale, le MEN, vient de publier, au mois d'octobre dernier, les résultats d'une enquête qu'elle a conduite auprès de quelque 2.500 enseignants de collège et lycée dans un dossier intitulé Les technologies de l'information et de la communication (TIC) en classe au collège et au lycée : éléments d'usages et enjeux

Cette étude a été menée pour apprécier quantitativement et qualitativement l'intégration des TIC dans les pratiques d'enseignement. Elle a été conduite par  la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP)  en 2008-2009 et administrée par voie de questionnaires auprès de professeurs de dix disciplines enseignées de la sixième à la terminale (arts plastiques, éducation musicale, éducation physique et sportive, français, histoire-géographie, langues vivantes, mathématiques, physiquechimie, sciences de la vie et de la Terre, technologie et enseignement technologique).

Le rapport de 85 pages est structuré en deux grandes parties relatives, d'une part, aux Enseignants p. 23, et d'autre part aux élèves p.65. La rubrique sur les Enseignants comporte deux subdivisions concernant d'abord l’ensemble des enseignants (utilisateurs ou non des TIC en classe-cible) et ensuite Les enseignants utilisateurs des TIC en classe-cible. Quant à la rubrique conscrée aux élèves, trois points fondamentaux sont abordés : l'utilisation de l'ordinateur, l'utilité de l'ordinateur et l'ordinateur en dehors de la classe. Le rapport s'achève par de nombreuses annexes, six au total, intéressant les partenaires de l'éducation et les outils numériques.

Les TIC pour les sciences et les technologies

Selon cette étude bourrée de chiffres et de pourcentages, 80 % d'enseignants  déclarent utiliser les TIC , mais seulement 64 % en même temps que leurs élèves. La France, on le sait, a fortement investi pour équiper les établissements en ordinateurs et les relier au réseau. Mais les résultats de cette enquête révèlent que les usages des TIC sont encore timides car, 40 % des enseignants utilisent ces outils moins d’une fois par semaine. Sans surprise, les professeurs de technologie et de sciences sont les usagers les plus assidus, devant les enseignants en histoire-géographie.

Le recours aux TIC, proclament les enseignants français, dépend des objectifs qu'ils doivent atteindre conjointement avec les apprenants. Selon eux, la convocation des TIC s'impose en premier liieu pour apporter de l’aide aux élèves en difficulté et susciter chez eux la motivation à apprendre. Des objectifs atteints apparemment étant donné que l’enquête révèle que les élèves interrogés trouvent que l’utilisation d’un ordinateur en classe leur permet, à une écrasante majorité, d’être aidés par le prof, actifs et de ne pas s’ennuyer.

Il va certes de soi, comme l'affirment les répondants, que l'usage des TIC a profondément modifié les méthodes pédagogiques traditionnelles. En effet, les outils numériques constituent aujourd'hui un atout majeur pour lutter contre l'échec scolaire. C'est pourquoi il importe encore que, même dans Hexagone, les enseignants soient formés. Ils avouent d'ailleurs s'autoformer spontanément, comme l'immense majorité de la population, tous secteurs d'activité confondus. L'étude fait cependant ressortir que les TIC utilisées par les enseignants sont surtout le traitement de texte, les documents multimédias, la clé USB et Internet. Leur plus ou moins grande utilisation en classe dépend essentiellement de la discipline enseignée. Elles sont utilisées avant tout pour chercher de l'information, élaborer des supports de cours et confectionner des exercices.

Les élèves aiment les TIC et s'estiment compétents

Quant aux élèves, ils s'estiment majoritairement compétents en matière d'utilisation des TIC et disent aimer travailler avec un ordinateur. On ne relève aucune différence entre les filles et les garçons, entre les scientifiques et les littéraires. Il y a donc bien un effet générationnel massif en matière d'utilisation des outils numériques.

Si l'on se focalise sur les usages scolaires des TIC, les élèves disent utiliser l'ordinateur surtout pour faire des exercices en maths, en sciences et en langues étrangères, pour chercher de l'information en français, histoire-géo, arts plastiques ou musique. Les élèves sont peu sollicités pour produire (des exposés, des dossiers...) et n'utilisent pas les outils de communication dans le cadre scolaire, alors que l'on sait que ces outils sont massivement utilisés sur le temps libre. Enfin, la quasi-totalité des élèves interrogés disent utiliser l'ordinateur hors de la classe pour faire leur travail scolaire.

Cette étude permet de voir quel est le classement de la France parmi les pays de l'Union européenne. Ce pays  se situe au 8e rang européen en ce qui concerne l'équipement des établissements en TICE, elle ne se classe qu'au 24e rang sur 27 pour l'usage qui en est fait. Ce genre d'études offre la possibilité de faire le bilan des actions entreprises dans un secteur d'activité donné et de recentrer les décisions. Il serait bon que, dans les pays du Sud, l'on puisse aussi s'en inspirer afin d'éviter les dérives et les déboire en avancant toujours à l'aveuglette. Les lecons de cette étude sont significatives et sont susceptibles de provoquer des décisions favorables à l'avenir.

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) en classe au collège et au lycée : éléments d'usages et enjeux.Librement téléchargeable en .pdf.

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