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La durée d’une leçon en ligne et la dynamique des groupes

L’utilisation pédagogiquement pertinente des outils d’échanges entre pairs dans les cours en ligne n’a pour l’instant pas encore trouvé sa formule.

Par Denys Lamontagne , le 09 juin 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 20 octobre 2015

La durée

Une séance d'apprentissage en ligne compte habituellement plusieurs leçons ou modules, liés selon différentes logiques.

Ainsi, la durée des leçons est déterminée par plusieurs facteurs, dont :

  • le temps disponible de l’étudiant,
  • la concentration ou l’effort nécessaire,
  • les possibilités d’interruption,
  • le type de déroulement (libre ou canalisé),
  • les possibilités d’interaction avec les autres étudiants, etc.

 
Trop courtes, les leçons deviennent insignifiantes, trop longues elles risquent d’être interrompues en cours de déroulement et deviennent plus difficilement navigables. Si elles sont trop exigeantes ou intenses, elles risquent de provoquer le découragement.  

Bref, les règles concernant la durée d’une leçon ne peuvent pas être rigides, mais elles considèrent le cadre général : 15 minutes à deux heures, découpées en morceaux pratiques dans le contexte de leur livraison.

Certains produisent des leçons «dirigées» de 10 minutes, mais leur digestion et le parcours autonome de leurs éléments connexes peuvent prendre plus d’une demi-heure. Si on ajoute des activités connexes, de l’interactivité ou des échanges, le concept de durée des modules devient très élastique.  

Le critère-guide le plus fiable demeure la valeur pédagogique des actions, autant celles des étudiants que celles suggérées par le concepteur du cours.

Les interactions entre pairs

Les observations de plusieurs enseignants en ligne convergent vers le fait que les étudiants ne sont généralement pas très intéressés par les «échanges» commandés.  

Les échanges dans un groupe artificiel sont normalement motivés par les objectifs pédagogiques. Les étudiants qui se soumettent à la contrainte de l'éducation formelle ne souhaitent habituellement pas l'étirer.

Créer des regroupements par affinités, insérer des activités d’échanges participatives...   on en vient presque à reconnaître l'incompatibilité de l'enseignement dirigé avec celui du fonctionnement d'un groupe par affinité ou volontaire.

Si on replace le problème dans le contexte de la durée d’une leçon, durée que l’étudiant cherche à limiter ou à exploiter au maximum, y insérer des activités d’échanges ou de groupe demandera que leur pertinence soit reconnue et suscite l’accord.

Les échanges entre étudiants sont effectivement une option intéressante dans la mesure où ils correspondent à leur besoins; les encadrer «pédagogiquement» n’entraîne pas d'enthousiasme et suscitent des contraintes au niveau de la durée des leçons...  De plus, les étudiants sont souvent réticents à participer à des forums de discussion et à y exposer leurs opinions au jugement des autres.

Si la formation à distance affranchit l’étudiant d’un certain nombre de contraintes, il est délicat d’en rajouter. En d’autres termes, l’utilisation pédagogiquement pertinente des outils d’échanges entre pairs dans les cours n’a pour l’instant pas encore trouvé sa formule.

Article sur le sujet :

Tout est affaire d'interactions - Le Devoir

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