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Comprendre les mathématiques et la physique grâce à de furieux oiseaux

Le jeu Angry Birds pourrait être un outil d’accompagnement en mathématiques et en physique.

Par Alexandre Roberge , le 24 avril 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 13 mars 2012

100 millions de personnes ont téléchargé Angry Birds, une création du studio Rovio. Offerte en premier lieu sur les iPhone et les iPad, l'application s’est propagée sur toutes les plateformes mobiles ou non. Ces furieux oiseaux ont séduit grâce à une histoire et un mécanisme de jeu simples : de vilains cochons verts ont volé les œufs des volatiles qui se sont abrités sous différentes structures de bois, de pierre, de glace, etc. Pour sauver les futurs rejetons et du même coup éliminer les méchantes bêtes, il faudra projeter avec une fronde des représentants de la gent ailée sur leurs refuges en utilisant les caractéristiques de chacun d’entre eux. Certains se divisent, d’autres explosent ou lancent des projectiles.

Si l’on disait à ces millions de personnes qu’ils font de la physique et des mathématiques, personne ne le croirait. Et pourtant, comme le rappelle le blogue Fais-moi jouer!, le joueur d’Angry Birds applique la même méthode que la science le fait depuis le début du vingtième siècle :

  1. Il observe les conséquences d’un coup aléatoire.
  2. Il fait un raisonnement inductif à partir de ce qu’il a noté.
  3. Il prédit et développe des tactiques : les cibles à toucher selon l’ordre des oiseaux.
  4. Il met sa stratégie à l’épreuve : soit son hypothèse est bonne et lui permet de terminer le niveau, soit il reprend les différentes étapes.

Un tel succès populaire cacherait donc un jeu vidéo éducatif ? Certains enseignants semblent, en tout cas, avoir trouvé des façons de l'utiliser de la sorte.

Des oiseaux pour intéresser aux mathématiques et à la physique

Les concepteurs du jeu Angry Bird n'ont jamais prétendu avoir créé un serious game. Et en tant que tel, il n’en est pas un. Or, il suffit d'associer le jeu avec d’autres logiciels pour, tout d’un coup, en faire un possible outil ludique pour comprendre les mécaniques physiques d’accélération, de gravité, etc.

Par exemple, avec un programme d’analyse de vidéos, un professeur de physique s’est amusé à calculer la vélocité et les mouvements d’un de ses oiseaux, comme si ce dernier appartenait à notre monde. Un autre a créé, à partir de captures d’écran et du logiciel GeoGebra, des exercices de mathématiques concernant les paraboles que l'on peut télécharger (à condition de posséder le logiciel, bien sûr). Une idée reprise sur le site officiel portugais de GeoGebra où l’on peut jouer avec une trajectoire et voir si elle toucherait la structure. On perçoit alors les effets sur le tracé qui diffèrent selon l’angle de départ, entre autres. Sur YouTube, on retrouve même une courte vidéo dans laquelle on explique les sujets d’étude en mathématiques abordables avec ce jeu. Dommage que la vidéo soit si sombre...

Alors qu’on s’inquiète du désamour des jeunes pour les sciences et qu'on se demande comment les attirer sur les sites scientifiques, le monde de la didactique des sciences a peut-être devant lui une solution pour courtiser les masses: utiliser le jeu pour faire comprendre des principes. À quand un logiciel aussi drôle et réussi qu'Angry Birds, avec des contenus pédagogiques en prime ? Pour les créateurs de serious games, il y a là une occasion de concevoir d’intéressantes et efficaces applications utilisables tant tant sur les ordinateurs que sur les appareils mobiles.

"Angry Birds meilleur serious game de l’année", billet de Fais-Moi Jouer! du 21 décembre 2010.

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