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Chercher avec les outils hypermédias, une activité cognitive complexe

Par Michel Berhin , le 16 septembre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

André Tricot est Maître de conférence aux IUFM de Bretagne (Rennes) et de Midi-Pyrénées (Toulouse). Il est notamment passionné par

l’analyse des activités cognitives des apprenants dans les environnements hypermédias

.Son questionnement porte également sur l’ergonomie des interfaces d’apprentissage hypermédias et sur le travail mental que produit l’utilisateur des hypermédias et des liens hypertextes lorsqu’il entreprend un travail de recherche devant mener à la construction de savoirs.

Nous avons plus particulièrement pointé pour vous un article intitulé : " La construction des savoirs et les démarches d’apprentissage des élèves. Quelles compétences développer ? " Méthodologiquement, André Tricot distingue dans le travail de l’apprenant, les apprentissages par l’action, les apprentissages par l’instruction et les apprentissages par l’exploration. Dans ces trois formes de travaux, le multimédia tente aujourd’hui des apports intéressants et novateurs, mais les caractéristiques des supports doivent être spécifiques selon les trois types d’apprentissage mentionnés.

Concernant les apprentissages par l’exploration, André TRICOT dit que "dans de nombreuses situations d’utilisation de documents multimédias pour l’apprentissage, les élèves ont à la fois une activité de résolution de problème, dans laquelle l’espace-problème à explorer est principalement documentaire, et une activité de compréhension de textes (et d’images), dans laquelle une large partie des sources potentiellement disponibles n’est pas traitée".

"Si la recherche documentaire classique se résume idéalement à un cycle, poursuit-il, (élaborer une représentation des besoins informatifs, puis formuler la requête, puis traiter les résultats), la recherche dans les documents non linéaires s’apparente donc plutôt à une série de cycles, où la représentation du besoin évolue par approximations successives". Une des raisons est à identifier dans le fait que, sur le Web, l’organisation du système documentaire n’obéit plus à aucune logique globale établie préalablement, mais à un ensemble de logiques locales.

"C’est pourquoi, selon lui, les compétences à développer, dans les apprentissages exploratoires avec de nouveaux documents, sont des compétences métacognitives plutôt que procédurales. Beaucoup plus que des procédures ou des savoir-faire s’apparentant à ceux d’experts de la recherche documentaire, il lui semble souhaitable de développer la capacité à raisonner au long cours sur son propre besoin informatif : Quel est-il ? Doit-il évoluer ? A-t-il évolué ? Doit-il se préciser ? Doit-il se généraliser ? Suis-je satisfait de son évolution ?"

Il lui semble aussi qu’il faudrait être capable de renoncer, dans le domaine des apprentissages avec document, à l’opposition entre l’utilisation du document et le traitement du contenu du document. Une expertise dans la manipulation des systèmes documentaires ne peut se construire, ni même se mobiliser, indépendamment de contenus à traiter.

Il faut enfin que nous soyons vigilants pour ne pas confondre agir (ou communiquer ou chercher) et apprendre. Selon des recherches récentes plus de la moitié des recherches d’information conduites sur le Web ne satisfont pas leurs utilisateurs. Nous ne devrions jamais nous satisfaire du fait qu’un élève soit " actif "

per se.

L’activité (l’utilisation de documents) n’est jamais qu’un moyen (d’apprendre).

Plusieurs articles de l’auteur sont disponibles sur le Web.

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