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La supervision rapprochée des étudiants. Mode d’emploi***

Par Denys Lamontagne , le 12 mai 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 05 mai 2009

Des outils de supervision des étudiants de plus en plus sophistiqués sont utilisés par les écoles.

Au départ, ils permettaient de prendre connaissances des résultats scolaires lorsque rendus disponibles. Puis ce fut ceux des tests de parcours et les présences. À ceci s’est ajouté le calendrier des tâches des étudiants et les messages des professeurs.

Les plus récentes versions autorisent les communications directes entre les professeurs et leurs parents et les alertes automatisées par courriel ou téléphone en cas d’absences, de retards ou d’échéances proches.

Par exemple, PowerSchool est utilisé par plus de 10 000 écoles dans 49 états des Etats-Unis. On trouve aussi ParentConnect, également Edline, et Pinnacle Internet Viewer et sans doute d’autres intégrés aux plates-formes administratives des réseaux scolaires.

Du pour

Outre de faciliter la gestion scolaire, plusieurs arguments pratiques favorisent leur adoption. L’un des plus important, en accord avec le mandat fondamental de l’école, est que ces outils augmentent l’implication parentale, dont on a démontré qu’elle est un facteur important de réussite des élèves.

Dans un contexte de familles éclatées ou simplement très occupées, ces outils permettent aux parents de savoir ce qui se passe avec leurs enfants dans les écoles.

Ils peuvent ainsi mieux planifier les activités familiales, leur rappeler leurs engagements, leurs échéances et discuter avec eux avant qu’il ne soit trop tard si des problèmes apparaissent. Ils peuvent aussi agir comme des détecteurs de mensonges, limitant ainsi les possibilités d’évitement des étudiants.

Les professeurs sont aussi très heureux de se décharger en partie du fardeau de certaines communications en face à face avec les parents.

Ces outils favorisent aussi l’implication des étudiants : ils peuvent voir par eux-mêmes leur progression ou leurs difficultés. Mais ils peuvent aussi avoir des conséquences réellement négatives.

Du contre

La pression mise sur les étudiants augmente radicalement quand ces outils sont utilisés. Pour les étudiants moins performants, ils agissent comme un tableau indicateur constamment sur «urgence» avec les autorités (parents, professeurs, direction, assistants) tous au courant de la situation et se sentant justifiés d’intervenir.

Si toutes les activités journalières sont rapportées, certains parents restent branchés en permanence et exercent une surveillance si serrée que des étudiants n’ont d’autre choix que de se rebeller ou de s’affaisser.

Loin de favoriser l’autonomie des étudiants, ils peuvent les enfermer dans un carcan. D’où les politiques de plusieurs écoles de ne limiter l’accès des parents qu’à certaines données.

Si on considère les conditions nécessaires pour conserver un esprit de créativité, d’ouverture et d’expérimentation, un contrôle trop rapproché augmente les enjeux à un degré tel que l’étudiant n’ose plus prendre de chances et s’écarter du chemin traçé.

Un équilibre

Ces technologies peuvent réellement favoriser la réussite, tout comme sérieusement entraver les apprentissages constructifs, tout dépend de la façon dont ils sont utilisés.

Autant les parents que les professeurs ont à découvrir leurs avantages et leurs limites : contraindre ou responsabiliser, et quand on parle de responsabilisation, encore faut-il laisser quelques possibilités de choix à assumer.

Pour un article sur le sujet : « I Know What You Did Last Math Class»

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