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Un "success story" qui pourrait faire des petits

Par Alexandre Roberge , le 19 mai 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 20 mai 2009

Oui, le terme "sucess story" est bien adapté ici. Je pourrais utiliser les termes "réussite" ou une "expérience stimulante". Cependant, "sucess story" est meilleur dans le contexte. Car notre histoire se déroule aux États-Unis, le pays de "l'american dream". Vous avez déjà vu ces films américains qui nous montrent une équipe de sports/une école/une classe qui était le vilain petit canard et qui finit par devenir la meilleure équipe/école/classe grâce à un ou une mentor ? Hé bien, c'est un peu ce qui se passe notre histoire sauf que le mentor ici n'est pas humain. C'est une plateforme virtuelle.

En 2008, le Département de l'éducation (le DOE) de l'État de New York démarre le projet iSchool dans certaines écoles. Le but ? Intégrer une plateforme d'apprentissage en ligne, une plateforme pour créer des projets pédagogiques stimulant ainsi les jeunes élèves et augmentant les résultats scolaires. C'était du moins le souhait du département.

Huit mois auparavant, les choses n'allaient pas très bien pour la Chelsea High School. La dernière évaluation donnée par le DOE à l'époque à cette école était un gros F. F comme la pire note que peut recevoir une école en prenant en compte les résultats, l'implication enseignante et estudiantine, etc. Bref, le fond du baril.

Puis, le DOE propose à l'école d'intégrer à partir de septembre 2008, un groupe d'une centaine d'étudiants évoluant sur une plateforme informatique intégrée au cursus scolaire... Attendez, ça vous dit quelque chose ? Ça ne vous fait pas penser à un type de formation hybride ? Aux États-Unis, on appelle ça le "blended learning" (autre appellation que vous avez probablement déjà entendue si vous vous intéressez au phénomène). 

Effectivement, la iSchool est une expérience de "blended learning" dans des écoles secondaires. Le but est de développer des projets stimulants utilisant les technologies d'information et de communication dans le cadre des cours. Un exemple de projet créé sur iSchool ? Des élèves devaient préparer un travail commémorant les attentats du 11 septembre 2001. Leur idée ? Interroger des élèves dispersés partout aux États-Unis et dans le monde sur leurs perceptions de ces attentats, de leurs impacts, etc. Les élèves de Chelsea ont utilisé la vidéoconférence, le courriel et les réseaux sociaux sur Internet pour récolter différents témoignages, qui sont arrivés d'Australie et même du Pakistan.

Mais ce n'est là qu'un exemple de ce que permet cette plateforme qui se veut innovatrice et très axée sur la collaboration. Voyez plutôt : dans le cours de ce qu'on pourrait traduire par "sciences humaines" (humanities), le professeur a voulu aborder la crise sociale au Zimbabwe. Aussitôt, les jeunes ont dû faire des recherches sur le pays et créer une page Internet à ce sujet et sur la crise. Ils ont pu parler par vidéoconférence avec une correspondante de presse américaine au Zimbabwe, lui poser des questions sur le pays et la manière dont elle couvre ces événements.

La plateforme iSchool propose également des modules d'apprentissage (dont une offre de 37 cours crédités, pour faciliter l'entrée au College -premières années d'études supérieures) et permet de suivre des cours dispensés dans d'autres écoles. Par exemple, un prof de East Harlem donne des cours de géométrie à des élèves de Chelsea, deux endroits plutôt éloignés dans la grande métropole qu'est New York. 

Une chose est sûre: l'implantation de la plateforme est accueillie avec grand enthousiasme et l'excitation des élèves face à l'outil est en train de convaincre le DOE de sa pertinence. Ainsi, il ne serait pas impossible qu'à la prochaine rentrée scolaire, encore plus d'écoles de New York possèdent le système iSchool. Pour sentir l'enthousiasme des professionnels de l'école travaillant avec iSchool, il suffit de regarder cette vidéo.

Le projet attire. Juste à Chelsea, le niveau de présence en classe depuis l'entrée du projet est de 94%, 10% au-dessus de la moyenne de la ville de New York. Cinq mois après l'implantation de iSchool en classe, 62 % des élèves passaient avec succès l'examen nécessaire pour obtenir son diplôme d'études secondaires dans l'État de New York, soit nettement plus qu'avant l'immplantation du programme. Et le bouche à oreille fonctionne : on compte actuellement1500 demandes d' inscription pour 2009-2010, alors que le programme ne dispose actuellement que de 100 places. L'école espère passer prochainement à 450 places.

Notre histoire se termine donc sur un "happy end", digne d'un film hollywoodien: autrefois école médiocre aux résultats alarmants, Chelsea High School est devenus une école dynamique avec un programme attirant et qui fait déjà ses preuves après seulement un an d'implantation. S'il s'agissait d'un film, on n'y croirait pas. Et pourtant, c'est la réalité. Une réalité qui pourrait faire des petits très rapidement, compte tenu de l'espoir que le projet suscite chez les enseignants, parents et élèves américains...

iSchools lift hopes in NYC, article en anglais, sur eSchool News (accès à l'article complet après inscription gratuite).

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