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L'année internationale de la Terre, trois petits tours et puis s'en va

Par Christine Vaufrey B , le 10 mars 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 06 février 2012

Depuis 1959, l'Organisation des Nations Unies proclame des « Années internationales » sur des thèmes d'intérêt mondial. La liste des thématiques ainsi mises sur le devant de la scène fait apparaître la préoccupation de ne laisser dans l'ombre aucune thématique d'importance mondiale, qu'elle appartienne au domaine des sciences humaines, des sciences de la vie et de la terre, de la communication, de l'éthique et de la gouvernance mondiale.

Certaines années voient émerger des thématiques plutôt curieuses. Ainsi l'année 2008 a t-elle été décrétée « Année internationale de la pomme de terre », ce qui fait sourire de prime abord mais s'avère extrêmement intéressant dès que l'on comprend qu'il s'agit là de défense du patrimoine génétique et d'encouragement à la culture, dans l'optique globale d'assurer la sécurité alimentaire des plus de 6 milliards d'humains qui peuplent la planète.

Année Internationale de la Terre, mode d'emploi

En 2008, nous avons également célébré l'Année internationale de la Terre. Le programme d'activités s'est en réalité étalé sur 3 ans, de 2007 à 2009, 2008 constituent l'année de communication publique.

La plaquette française de présentation de cette Année de la Terre cite l'objectif de cette célébration : « L'Année Internationale de la Planète Terre, en fait un triennum (2007-2009), a pour but d'assurer une compréhension plus efficace par l'Homme des connaissances accumulées par les 400 000 « géoscientifiques » dans le Monde ».

Tout au long des trois années, des disciplines telles que la géographie, la géologie, les sciences du sol, la géophysique sont alors mises en lumière, pour montrer leur contribution à la connaissance et à une utilisation durable de notre planète.

Une Année internationale comprend deux volets principaux :

- Un programme scientifique. Dix thèmes de recherche avaient été préalablement définis, pour encourager le lancement de nouveaux projets de recherche ou la valorisation des résultats de programmes arrivant à leur terme.

- Un programme de sensibilisation du public. De très nombreuses manifestations soutenues par des villes, des régions, des institutions publiques, des entreprises... ont été organisées. Les enseignants étaient désignés comme les messagers privilégiés de l'Année de la terre auprès des jeunes.

Elle est déclinée dans tous les pays qui ont manifesté leur intérêt pour la thématique auprès de l'ONU. Pour l'Année internationale de la Terre, 191 pays avaient exprimé leur volonté de participation. Certains d'entre eux ont alors mis en place des comités nationaux, qui ont suscité des manifestations qu'ils ont ensuite labellisées.

Au niveau mondial, il est impossible de dresser la liste de toutes les manifestations organisées pour cette Année de la Terre. Tout au plus peut-on, sur le site de l'UNESCO, se faire une idée des programmes de Sciences Naturelles, déclinaison Sciences de la Terre, auxquels participent les différents pays du monde.

Mais l'Année internationale de la Terre est maintenant terminée. Quelles traces a t-elle laissée, en particulier sur Internet ?

Sur la toile, des traces éparses et beaucoup d'impasses

Internet en effet permet de conserver la mémoire des événements passés, grâce à la numérisation des documents présentés, à l'enregistrement sonore ou vidéo des interventions. Internet est également un support de communication à part entière, qui autorise la production de ressources originales, impossibles à diffuser à grande échelle par d'autres canaux.

On aurait pu s'attendre à ce que des répertoires, des sites d'archives de tout ce qui a été produit à l'occasion de cette Année internationale aient été constitués par les comités nationaux organisateurs. Las, l'espoir était vain. Les ressources sont dispersées, fragmentées, et bien des pages créées à cette occasion sont désormais fermées. De l'Année internationale de la Terre, il ne reste désormais que des échos, comparables au grondement du volcan après l'éruption...

Les scientifiques en première ligne, quelques expositions et beaucoup de discussions

Néanmoins, dans le magma qui subsiste à la surface de la grande toile francophone, on extraira quelques pépites.

Le site de l'Institut National des Sciences de l'Univers du CNRS permet ainsi d'accéder à la série Les dessous de la planète, présentant en 20 épisodes vidéo téléchargeables des entrevues avec des chercheurs de cet institut, qui nous parlent de manière imagée des grands phénomènes géophysiques. Cette production, labellisée Année de la terre, est une réussite totale et mérite de figurer dans la bibliothèque de vos podcatsts favoris.

Le Museum National d'Histoire Naturelle de Paris a lui aussi organisé son lot de manifestations labellisées. Parmi celles-ci figure l'exposition Aux sources de la Terre, toujours accessible en ligne. Elle nous invite à remonter le temps et à comprendre la géologie de la France. Le même établissement avait organisé en mars 2008 un colloque intitulé Les géosciences au service de l'humanité. Toutes les interventions sont en ligne, et téléchargeables.

A un tout autre niveau, on s'intéressera aux discussions en ligne qui se déroulent sur les forums spécialisés. Ces discussions témoignent d'un intérêt grandissant pour les questions qui ont été soulevées pendant l'Année de la Terre, et plus largement pour les questions liées à notre environnement et à nos modes de vie. Elles ne se sont pas brutalement arrêtées à la fin 2009, lorsque tous les panneaux d'exposition ont été démontés, et les drapeaux repliés. Elles se poursuivent, nourries par l'actualité scientifique et politique. Sur le site Notre Planète Info par exemple, site qui reçoit 11 000 visites par jour aux dires de ses animateurs, on trouvera des dizaines de forums très animés. Sept d'entre eux sont consacrés à la géographie et aux géosciences. Celui qui traite du réchauffement climatique est, de loin, le plus fréquenté. 

L'intérêt de la lecture des messages tient à la diversité des opinions présentées. Car on peut, effectivement, se sentir un peu las des discours officiels de tous bords, sur des questions pour lesquelles nous ferions bien de prendre quelques minutes de réflexion personnelle.

Une Année chasse l'autre...

C'est tout ? Non, pas tout à fait. Si les ressources estampillées « Année Internationale de la Terre » ne sont pas légion sur la toile, l'on sent malgré tout que les problématiques des géosciences prennent une place croissante dans les débats publics. Grâce à l'année internationale qui leur a été consacrée ? Aux catastrophes naturelles qui se sont succédées depuis le début 2010? A une meilleure information générale sur les tractations en cours au niveau international ? Sans doute un peu à cause de tout ça... Mais on regrettera malgré tout que, si peu de temps après la fin des célébrations, l'Année Internationale de la Terre ait quasiment disparu de nos écrans d'ordinateurs. Nous nous sommes  consolés avec l'Année Internationale de la Biodiversité en 2010 (Répertoire de ressources d'apprentissage sur la biodiversité)

 

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