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Les clés de la e-pédagogie, pour favoriser la réussite des étudiants africains

Par Christine Vaufrey B , le 31 août 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 02 septembre 2009

La revue électronique Technologie, Développement et Recherche pour l’Education, publiée par l’Ecole normale supérieure de Yaoundé (Cameroun), a publié en avril 2009 un article initialement écrit en 2006 par Thierry Karsenti, de l’Université de Montréal (Canada), intitulé « Comment favoriser la réussite des étudiants d’Afrique dans les formations ouvertes et à distance (foad) : principes pédagogiques ».

T. Karsenti y dresse un état des recherches effectuées sur la valeur et l’intérêt de la FOAD universitaire, et y démontre tout l’intérêt qu’elle présente pour les étudiants africains. 

Non que ces étudiants africains disposent de particularités qui exigeraient une adaptation spécifique des formations à distance proposées par les Universités. Mais ils évoluent dans un contexte de relative rareté de l’offre de formation en présence, qui les conduit plus que dans les pays développés à se tourner par défaut vers la FOAD. Il est alors extrêmement important que ces formations présentent de hautes qualités pédagogiques, de manière à limiter le nombre d’abandon en cours de cursus.

Car les taux de succès en FOAD s’avèrent décevants : en moyenne, 80 % des étudiants abandonnent ou échouent aux examens et ce, quels que soient les disciplines, les niveaux d’études, ou l’aire géographique considérée.

T. Karsenti s’appuie sur un remarquable travail réalisé par l’Université de Montréal, appuyée par l’Institut International pour le renforcement des Capacités en Afrique (IIRCA) de l’Unesco et l’AUF, qui a permis d’atteindre, dans certaines formations distribuées à distance, un taux de 90 % de diplômation. Le succès est tel qu’il convient d’examiner avec soin ce qui l’a permis.

Après avoir analysé de nombreuses recherches, T. Karsenti dresse d’abord le tableau des principes de base d’une pédagogie efficace appliqués aux FOAD. Il insiste sur le fait que les concepteurs de FOAD ne doivent pas chercher à reproduire à tout prix les conditions du présentiel, car il y a autant de « mauvais » que de « bon » dans les pratiques en présence ! Il convient plutôt de mesurer ce qui fait la qualité d’une formation, et d’examiner comment appliquer ces principes dans une FOAD.

Par exemple : « Une pédagogie efficace encourage les contacts entre les étudiants et le formateur ». Application possible pour les FOAD : «On peut établir des politiques relativement à différents types de communication. On peut déterminer des lignes temporelles pour répondre aux messages des étudiants ».

Ou encore :

« Une pédagogie efficace encourage un apprentissage actif ». Application possible pour les FOAD : « Les étudiants soumettent des projets qui sont critiqués par leurs pairs. Ils peuvent alors se servir des critiques pour améliorer leurs projets ».

Sept principes sont ainsi examinés.

À ces principes pédagogiques, T. Karsenti en ajoute deux autres.

  • Les facteurs psychologiques, qui revêtent une grande importance. Il convient là de travailler en amont du démarrage de la formation, pour encourager le renforcement de la motivation de l’étudiant. La formation elle-même doit permettre à l’étudiant d’accroître :
    • Son sentiment d’autodétermination (choix et contrôle des activités réalisées pendant le cours)
    • Son sentiment de compétence (parvenir à réaliser les activités, contribuer à la réalisation commune)
    • Son sentiment d’affiliation (sentiment d’appartenance à un groupe).
  • La variété et la quantité d’informations disponibles.
    C’est en effet beaucoup à ce niveau que se joue le constat de la valeur ajoutée de la FOAD, dans des contextes de rareté des ressources disponibles. Les Universités africaines souffrent encore d’une pénurie de ressources tant humaines que matérielles, notamment en ce qui concerne la documentation mise à disposition des étudiants. Les parcours de formation à distance peuvent aisément pallier cette carence, en proposant de grandes quantités de ressources évaluées et organisées par les formateurs, dont certaines ne sont pas en accès libre sur Internet. En Afrique comme ailleurs, le niveau d’exigence des étudiants, en matière de qualité et de diversité des ressources, s’accroît rapidement, puisqu’ils ont pris l’habitude d’aller chercher eux-mêmes l’information pertinente sur le web.

T. Karsenti propose alors le tableau des Conditions d’efficacité des Formations ouvertes et à distance (FOAD). A chaque critère de qualité sont associés différents indicateurs. Sept critères sont retenus : accès et attrait, interaction et communication, contenu, approche pédagogique, ressources, soutien, pérennité et aspects éthiques.

Karsenti termine par un plaidoyer pour la FOAD en Afrique, qui constitue selon lui « l’avenir obligé des universités du continent africain ».

Un article qui revient aux fondamentaux pédagogiques de la FOAD, et qui sera donc utile tant aux concepteurs et formateurs pour élaborer des offres de FOAD, qu’aux étudiants pour évaluer les formations proposées.

Karsenti, Thierry. (2009). Comment favoriser la réussite des étudiants d’Afrique dans les formations ouvertes et à distance (foad) : principes pédagogiques. TDR, Numéro 0b, octobre 2006. .

L’article est également téléchargeable en pdf.

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