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Qui aime les manuels numériques ?

Par Christine Vaufrey B , le 27 janvier 2010

Le marché du manuel numérique semble énorme. Quand il s'agira de remplacer tous les bons vieux ouvrages papier, les millions tomberont dans l'ecarcelle des éditeurs. Mais les étudiants ne semblent pas prêts à leur faciliter le travail.

Voici ce qu'avance un article intitulé "La pérennité des livres papier", publié sur le site Affaires Universitaires, au Canada.

Des manuels pour les enseignants plus que pour les étudiants

L'auteur constate qu'en quelques années, les technologies d'édition de manuels numériques ont fait des progrès considérables, rendant les produits de plus en plus attractifs. Mais pour qui ? D'abord pour les enseignants. Curieusement, la logique est la même partout : c'est l'élève ou l'étudiant qui doit acheter et utiliser le manuel, mais c'est l'enseignant qui bénéficie le plus des avancées dues à l'usage du multimédia. Les témoignages cités dans l'article vont tous dans ce sens. Anne Jordan, professeur à l'université de Toronto, est conquise : "Le manuel en ligne lui permettait d'intégrer de la vidéo, des exercices par glissé-déposé, des tests préparatoires et des commentaires individuels, ainsi que d'utiliser d'autres fonctions interactives. L'enseignement s'en trouve complètement transformé; il ne s'agit plus de donner un cours magistral, puis de donner aux étudiants des lectures à faire et des travaux à rédiger. L'inter-activité rend l'expérience d'apprentissage beaucoup plus personnalisée". Mais parle t-on vraiment d'apprentissage, ou plutôt d'enseignement ? La réponse à cette question est évidente.

Les étudiants pour leur part, tout comme les lycéens que nous avons rencontrés, ne sont pas chauds pour utiliser ces nouveaux supports. Ils n'aiment pas lire sur écran; ils veulent pouvoir annoter les documents; ils tiennent au contact physique avec le suport. Et surtout, ils ne veulent pas qu'on les prenne pour des pigeons : quand on sait que les documents de cours proposés par Course Smart, disponibles pour les iPod et iPhone, sont payants mais disparaissent purement et simplement au bout de 18 mois, on les comprend.

Et les liseuses ont beau s'améliorer, elles ne remportent pas l'enthousiasme des utilisateurs, même quand elles sont distribuées gratuitement en phase de test, comme c'est le cas dans certaines universités nord-américaines. 

Le livre, un produit parfait qui n'a pas encore de concurrent sérieux

Finalement, le livre papier apparaît comme un produit parfait, une référence stable dans le monde de flux que symbolise l'omniprésence des produits numériques. Contrairement au support musical, qui n'a cessé d'évoluer depuis le 33 tours, le livre n'a pas encore trouvé de remplaçant convaincant.

La période d'adoption des nouveaux manuels numériques n'est peut-être pas commencée. Il faut encore convaincre les utiisateurs. Et pour cela, on attend toujours le produit idéal : "Un jour, un produit comme l'iPod et l'iPhone apparaîtra en tête de liste, et tous se rueront sur cet apareil. Mais celui-ci n'existe pas encore", estime Curtis Bonk, professeur à l'université de l'Indiana. Justement, il semblerait qu'Apple présente très bientôt une tablette "révolutionnaire" , qui lira notamment les livres numériques. Il faudra surveiller les réactions des étudiants face à ce nouveau produit (si tant est qu'ils puissent se l'offrir), car c'est bien d'eux que dépend l'avenir du manuel numérique.

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