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Le rôle de l'école dans l'application des droits de l'enfant

Par Christine Vaufrey B , le 25 novembre 2009

Le 20 novembre 2009, nous avons célébré le vingtième anniversaire de la Convention internationale des Droits de l'Enfant adoptée par l'ONU. Les commentateurs de cet anniversaire s'accordent tous pour dire que la Convention est mal connue, et peu appliquée.

Un siècle pour la reconnaissance des droits des enfants

Une courte vidéo présentée par TV5 Monde rappelle que le chemin fut long pour mener à la signature de cette convention. Elle mentionne également le rôle essentiel joué par les pédagogues et autres professionnels de l'enfance dans l'émergence de l'idée d'une protection internationale de l'enfance. Deux noms sont cités, peu connus dans le monde francophone : celui de Janusz Korczak et celui d'Eglantyne Jebb.

Janusz Korczak, médecin pédiatre polonais, qui fut le premier à demander un respect intégral de l'enfant. Korczak mourut pendant la seconde guerre mondiale au camp d'extermination de Treblinka, avec les enfants du ghetto de Varsovie qu'il n'avait pas voulu abandonner.

Eglantyne Jebb, enseignante britannique, se situe dans la même mouvance que Korczak. D'abord enseignante, elle s'investit ensuite largement dans la protection internationale de l'enfance et fonda le mouvement Save The Children, qui compte encore aujourd'hui parmi les ONG les plus actives au niveau international pour la protection de l'enfance. Eglantyne Jebb écrivit la première version d'une charte pour la protection de l'enfance qui fut reprise par la Société des Nation (ancêtre de l'ONU) et aboutit, bien des années plus tard, à la Convention internationale des droits de l'Enfant signée en 1989.

Pédagogies nouvelles et Droits de l'Enfant

Au début du vingtième siècle, on assiste donc à l'émergence d'un courant de pensée qui installe progressivement dans la société l'idée que l'enfant est un être à part entière, capable d'autodétermination et à qui il faut attribuer une certaine liberté. MontessoriFreinetSteiner, aussi différents qu'ils soient, sont tous d'accord sur ce point. Le "maître" doit se faire "tuteur" ou "référent", dans un rôle qui n'est plus déterminé par sa force contraignante mais par sa capacité d'accompagnement.

Mais les systèmes évoluent moins vite que les idées... L'instruction obligatoire, qui s'est propagée dans le monde à partir de la fin du XIXe siècle, n'est pas encore une réalité universelle. Cette instruction elle-même est encore fortement imprégnée d'une conception dirigiste, plus ou moins justifiée par la nécessité d'éduquer de grands groupes selon un modèle unique.

L'irruption des TICE dans le champ éducatif, et le potentiel d'autonomie dans la conduite de la tâche qu'elles portent, ont remis au goût du jour les pédagogies qui n'ont plus de "nouvelles" que le nom, tant il est vrai qu'après un petit siècle d'existence, elles devraient faire partie du paysage éducatif ordinaire. Certes, les enseignants tenants de ces pédagogies n'ont pas attendu les TICE pour appliquer des principes et des stratégies d'autonomisation de l'élève, et de conception globale de l'enfant. Mais pourquoi est-on encore aujourd'hui contraint de les considérer comme des innovateurs ?

Quand la violence familiale s'invite à l'école

Le monde et l'environnement de l'enfant s'invite régulièrement dans les murs de l'école. Et les enseignants ont malheureusement parfois à faire face à des pratiques familiales inappropriées. Que faire, quand la moitié des élèves d'une classe déclarent être frappés à la maison ? C'est la douloureuse interrogation à laquelle dut faire face cet instituteur de CE2 (troisième élémentaire)... Quel rôle l'école doit-elle jouer, quand de telles paroles sont proférées dans une classe ?

Si l'on conviendra volontiers qu'il ne faut sans doute pas prendre tout ce que disent les enfants au pied de la lettre, il est tout aussi vrai que la parole de l'enfant est souvent dénaturée, objet de suspiscion. Et les réponses institutionnelles souffrent de l'absence dun contrat de confiance entre l'enfant et l'adulte. Contrat qu'il convient de bâtir inlassablement, jour après jour, afin d'apporter des éléments de réponses adéquats, notament en termes de soutien parental.

Voici enfin une vidéo qui devrait nous faire reprendre courage. A Montbéliard (France), ville "amie des enfants", le vingtième anniversaire de la Convention internationale des Droits de l'Enfant a été célébré en chanson, et à la mairie. Une façon drôle et optimiste de rappeler un constat toujours d'actualité : "Quand on est petit, tout est interdit". Il nous revient de nous emparer du message et de modifier la réalité de notre relation aux enfants, pour un meilleur respect de leurs droits.



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