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La Faculté de Droit Virtuelle de Lyon 3 est sur la toile (1/2)

Le plus grand campus juridique numérique de France

Par Christine Vaufrey B , le 23 mars 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 26 mai 2011

Première partie de la rencontre : naissance de la FDV – Attitudes des enseignants – Usages des étudiants

 

Gérald Delabre, comment est née cette Faculté de Droit Virtuelle (FDV) ?

C'est le professeur Hervé Croze, professeur de Droit et directeur du Centre Droit et Nouvelles Technologies (organe gérant la FDV), qui est à l'origine de sa création, voici 10 ans. A l'époque, il avait demandé à Yann Bergheaud (blogue de Yann Bergheaud et compte Twitter) de créer le site web de la faculté. Yann y a rapidement ajouté une dimension pédagogique, allant au-delà de la traditionnelle vitrine des formations offertes par la faculté. Quelques enseignants ont joué le jeu dès les premiers mois, en déposant leurs plans de cours sur la plate-forme d'enseignement (plateforme Moodle).

Les enseignants étaient donc enthousiastes devant ce nouvel outil, à une époque où bien peu d'universités en France en avaient une...

Pas tous, loin de là. On a observé différentes phases. Au départ, de nombreux enseignants ont craint  que la plate-forme ne vide les amphis. Il a fallu les rassurer, montrer que les deux modalités d'enseignement étaient complémentaires.

Vous avez formé les enseignants en masse à l'utilisation de la plate-forme ?

Surtout pas ! Nous avons toujours fonctionné sur une logique de service, n'imposant rien à personne, mais nous tenant à la disposition de ceux qui voulaient savoir de quoi il s'agissait, en affirmant que l'outil était au service de la pédagogie, et pas le contraire.

Concrètement, comment procédez-vous ?

Nous accompagnons les enseignants individuellement, sans leur imposer de contenus prédéterminés. Nous proposons des séances de présentation de la plate-forme d'une durée de 30 mn à une heure, avant ou après leurs cours. Nous sommes très souples. Et les résultats sont là : aujourd'hui, 95 % des enseignants de la faculté de Droit connaissent la plate-forme et l'utilisent, de la manière qui leur convient.

Quel est l'usage majoritaire ?

Nous proposons en première approche le dépôt du plan de cours et de la bibliographie. Notre plate-forme est organisée en modules, et à chaque module correspond une année d'enseignement. Si les enseignants le souhaitent, ils peuvent activer les outils de communication (forums), déposer des fichiers multimédia (comme les podcasts de leurs cours), ouvrir un wiki pour leurs étudiants, ou avoir leur propre module découpé en chapitres. Mais nous n'imposons rien, et c'est ce qui fait notre succès. Donner l'impression que le e-learning, c'est l'utilisation de mille outils à la fois, la création de cours gigantesques bourrés de multimédia, est une erreur grave qui empêche les gens de se lancer. Il faut leur montrer qu'on peut faire très petit, et augmenter progressivement son investissement si on le souhaite.

Comment les étudiants utilisent-ils la plate-forme ?

Ils s'y connectent très régulièrement. Nous avons 2 000 connexions uniques par jour, 6 000 par semaine. Ce qui représente pratiquement tous les étudiants en formation initiale sur les quatre premières années d'études. Ils consultent les nouvelles laissées par leurs enseignants, prennent connaissance des bibliographie, chargent les cours papiers avant ou après le cours en présence... C'est très variable.

Apprécient-ils ce service ?

Oui, et ils ne sauraient s'en passer. Avant même de s'inscrire en première année, ils savent que notre faculté a une plate-forme et considèrent cela comme un avantage. L'offre numérique correspond à leur mode de fonctionnement habituel. Ils ont le réflexe de chercher l'information en ligne plutôt que sur les panneaux d'affichage physiques.

Donc, vous estimez que les étudiants n'ont aucun problème pour utiliser les outils numériques, et vous avez créé la plate-forme en réponse aux changements de comportements observés dans les nouvelles générations d'étudiants ?

En partie seulement. Il est vrai que les étudiants vivent dans le monde numérique autant que dans le monde physique. Aucun n'a eu besoin de formation pour utiliser la plate-forme. Mais ils ne sont pas toujours conscients du fait que l'on peut utiliser les outils numériques à des fins de formation. Ceci dit, ils sont actuellement en demande d'outils leur permettant de créer des groupes, des communautés, comme les pages Facebook. Et ils apprécient le contact avec leurs enseignants.

Pourtant, ils viennent en cours et ont des occasions de discussion avec leurs enseignants...

Pas toujours ! Essayez donc de discuter avec un enseignant, quand vous êtes plongé dans un amphi de 400 places ! Même pendant les TD, où les groupes sont plus petits, les chargés de TD n'ont pas le temps d'échanger avec les étudiants, ils enchaînent un groupe après l'autre... La communication en ligne s'avère finalement plus personnelle.

Quels sont les autres usages de la plate-forme ?

Les étudiants consultent les ressources complémentaires mises à disposition par les enseignants. Cela permet d'individualiser les parcours, le cours en présence pouvant là être considéré comme « l'offre moyenne ». Grâce à la plate-forme, celui qui a des difficultés pourra accéder à des compléments et celui qui en sait déjà beaucoup pourra trouver des documents plus spécialisés. Des web tuteurs sont également à la disposition des étudiants pour les aider à s'approprier les ressources. Et tous continuent de venir en cours, c'est certain. Les enseignants qui craignaient une désaffection des cours en présence se sont bien rendu compte que les amphis ne se vidaient pas.

Suite de la rencontre

Photos : Façade de l'Université Jean Moulin Lyon 3, David Basanta sur Flickr (lience CC). Gérald Delabre.

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