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La créativité selon une échelle socialement acceptable. L’introduction des TIC en éducation

Par Denys Lamontagne , le 01 décembre 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 28 juin 2012

     Semer [Lat. Seminare]
     Séminaire [Séminarium : pépinière]
     Disséminer [Lat. Disseminare, de «Semen - semence]

Trop, trop vite

L’histoire de Gutemberg nous apprend que sa géniale invention a eu toutes les misères du monde à trouver preneur.  L'investisseur qui a cru en Gutemberg et misé (une fortune) sur son projet a ensuite passé toute sa vie à essayer de récupérer ses billes.

Ce n’est que lorsqu’ils ont compris qu’ils étaient mieux de publier de petits ouvrages populaires et pratiques plutôt que des oeuvres d’envergure comme «La Bible» que les gens ont commencé à voir l’intérêt de leur invention.  Mais ils étaient à la fin de leur vie quand ils l’ont compris.

Juste assez

Dans un article de Jim Estill «Five Misconceptions of Innovation», celui-ci illustre bien les caractéristiques des innovations finalement acceptées.

Par exemple, au moment de l’introduction du Blackberry, RIM (Research in Motion) l’avait baptisé «Le pagette à double sens»; parce qu’en 1995, la majorité des gens connaissaient ce qu’était un service de pagette mais pas ce que pouvait être le courriel mobile.

Il explique que les innovations acceptées :

  • ne sont pas fondamentalement différentes de ce qui existe;
  • apportent des améliorations successives;
  • ne sont pas trop difficiles à adopter (période d’apprentissage, d’aménagement, d’incertitude,  de marginalisation, etc., réduite);
  • ne proviennent pas nécessairement des studio de design et des grandes compagnies.  Elles sont souvent adaptées par des individus en première ligne qui observent un besoin;
  • certaines ne sont jamais adoptées.

Quand nous parlons d’introduire de nouvelles technologies et de nouvelles pratiques dans les écoles, celles-ci prendront racine dans la mesure où elles :

  • pourront avoir une relation avec ce qui se fait déjà;
  • permettront aux professeurs de les intégrer graduellement;
  • trouveront des résonances dans leur milieu, on donnera un peu de temps aux professeurs pour les apprivoiser, seront suffisamment fiables, suffisamment financées, etc.;
  • répondront à des besoins connus avec une certaine efficacité et les apports des utilisateurs pourront être valorisés;
  • offriront la possibilité de ne pas les utiliser.

Des changements trop importants et radicaux ne sont pas acceptés et tournent généralement en échecs où sont simplement déradicalisés et ramenés à des niveaux de moindre impact.

Les enthousiastes des nouvelles technologies commencent à comprendre que toutes les graines ne pousseront pas, que le développement de nouvelles cultures prend du temps et un marché, et que toutes les terres ne sont pas bonnes pour toutes les sortes de graines. 

Par exemple, l'utilisation de Twitter ou du téléphone mobile en classe n'est pas une obligation, pas plus que l'enregistrement et la retransmission de toutes les lectures données pas des professeurs.

L’introduction de nouvelles technologies en éducation comme ailleurs demande de la préparation; comme on le fait avec les semences et la terre avant qu’elles n’accueillent de nouvelles plantations.

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