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Les musées devront-ils à l'avenir être participatifs?

La participation du public pourrait être la clé pour une plus grande affluence des musées dans les prochaines années

Par Alexandre Roberge , le 01 avril 2018 | Dernière mise à jour de l'article le 02 avril 2018

L’un des objectifs du musée demeure d’attirer des visiteurs. Il s’agit de sa source de revenus ou de sa justification principale. Ainsi, ces établissements travaillent sans relâche à être attractifs car ils ne peuvent pas compter seulement sur les touristes dont le nombre fluctue selon les saisons. Alors, ils chechent à donner envie au citoyen local de se rendre régulièrement à son musée. Le travail débute donc en amont, avec les plus jeunes. Les musées ont toujours misé sur les visites scolaires pour donner aux enfants un premier contact avec les œuvres arts ou artefacts.

Si cette connexion entre écoles et musées est fort appréciable, elle n’amène pas forcément les jeunes adultes à retourner au musée pour leurs loisirs. Conséquemment, les établissements ont dû chercher ce qui pourrait attirer ce secteur du public à l’intérieur de leurs murs. Ce très intéressant texte publié en juin 2017 montre comment les institutions ont travaillé avec ce public qui n’a pas nécessairement la grammaire muséale à l'esprit. Ce qui en ressort est que le lien avec le musée peut fluctuer mais que l’ensemble des établissements peuvent potentiellement offrir une ou des expositions dignes de leur intérêt. Bref, la collaboration entre institutions vaut mieux que la compétition. Et si la suite n’était pas aussi de rendre le musée participatif?

La technologie pour ajouter de l'interactivité...

Si tous se souviennent des activités pédagogiques du musée, tous n’ont pas envie, étant adultes, d’avoir l’impression d’être sur des bancs d’école. En même temps, l’institution muséale se veut d’abord et avant tout une d’apprentissage. En fait, ces endroits pourraient même s’avérer des lieux essentiels dans une philosophie de formation tout au long de sa vie. Et si les activités éducatives au musée étaient remplacées par l’appellation « activités pour la participation du public »? Cette approche permettrait ainsi d’enlever cette division entre enfants et adultes du musée et proposerait des expériences que tous pourraient apprécier différemment.

D’autant plus que les technologies offrent plusieurs possibilités dans ce sens. Avec les applications, la réalité augmentée et d’autres, il est possible de mettre en place des expériences bien plus interactives. Par exemple, des musées comme le Louvre ont travaillé à ce que leur application simplifie l’accessibilité pour les visiteurs à partir du moment où ils quittent le métro pour s’y rendre. D’autres osent carrément mettre une partie de leurs collections sur appareils mobiles ou sur navigateurs comme le MoMA ou un musée virtuel créé par le Ministère de la Culture du Liban. Certains pourraient y voir des initiatives contre-productives, mais en faisant du musée un endroit accessible, il peut donner envie aux adultes de visiter davantage les expositions limitées dans le temps.

... mais pas toujours

Par contre, tout ne repose pas nécessairement sur la technologie. Des musées québécois réfléchissent à des moyens de faire participer le public sans trop devoir recourir aux technos. Les directeurs de musée ont sondé les personnes et ont découvert que les personnes aiment les solutions technologiques au  musée en autant qu'elles apportent quelque chose qui ne reproduit pas ce qui peut se vivre avec un ordinateur ou téléphone portable.

La participation peut se faire en proposant des établissements plus lumineux et accuillants afin d'en faire des lieux ouverts sur l'extérieur. D'autres travaillent à intégrer l’avis de ce public dans la conception des expositions. Ce qui ne veut pas dire que la part des comités scientifiques ou autres ne soit plus présente. Toutefois, les curateurs peuvent puiser dans les envies des visiteurs afin de leur donner une place dans la programmation de leur musée local.

Bref, les musées n’y échapperont pas : comme l’offre télévisuelle, le visiteur cherche de plus en plus à personnaliser ses expériences muséales. La technologie peut offrir une certaine démocratisation de la collection d’un musée, mais un établissement doit penser au-delà des poncifs habituels.

Illustration : Stuck in Customs The Orsay via photopin (license)

Références

Arbulu, Laura. "Vers de nouveaux musées plus participatifs." CulturMoov. Dernière mise à jour : 17 août 2017. https://www.culturmoov.com/single-post/2017/08/16/Vers-de-nouveaux-mus%C3%A9es-plus-participatifs.

Nouvellon, Maylis. "Jeunes Générations De Publics Et Musées : Une Approche Par La Carrière De Visiteur Et La Grammaire Des Loisirs." Revue ¿ Interrogations ?. Dernière mise à jour : 2 juin 2017. http://www.revue-interrogations.org/Jeunes-generations-de-publics-et,566.

O'Connor, Mary-Clare. "L'approche Des Musées Vis-à-vis Du Public Adulte évolue." EPALE. Dernière mise à jour : 16 février 2018. https://ec.europa.eu/epale/fr/blog/how-museums-are-changing-their-approach-adult-audience.

Roulot-Ganzmann, Hélène. "Les Musées Seront Participatifs Ou Ne Seront Pas." Le Devoir. Dernière mise à jour : 21 octobre 2017. https://www.ledevoir.com/culture/510701/xxie-siecle-les-musees-seront-participatifs-ou-ne-seront-pas.

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