Articles

Pour mettre les données statistiques publiques à la portée de tous

Par Christine Vaufrey B , le 10 février 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 15 avril 2012

Les institutions publiques produisent d'immenses quantités de données, qui restent souvent enfouies dans des bases inaccessibles au grand public.

Internet, média de flux par excellence, recèle également d'immenses bases de données, publiques et privées. Malheureusement, pour y accéder il convient de montrer patte blanche et même de payer.

Mais les temps changent. Des organisations nationales et internationales, des entreprises, des fondations privées, libèrent les données et nous les rendent accessibles.

Quoi de mieux en effet que de pouvoir manipuler soi-même les données pour combattre les idées reçues ? Voici trois sites de référence en matière de développement international pour vous lancer.

Le PNUD, source irremplaçable de données sur le dveloppement humain

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est l'organisme qui créa l'Indice de Développement Humain (IDH) en 1990. Dans la section « Statistiques » du site de l'IDH, on trouvera une multitudes de tableaux, des plus simples aux plus complexes. Parmi les tableaux simples, arrêtons-nous sur celui qui établit le rapport entre l'IDH et le PIB. En comparant les performances des pays, on constate que certains « parviennent mieux que d’autres à faire des revenus de véritables opportunités en matière d’éducation et de santé, réussissant ainsi à améliorer les niveaux de développement humain ». Voir ci-dessous les performances comparées de l'Algérie et de la Tunisie.

Les tableaux les plus complexes sont ceux qui fournissent des données sur des indicateurs ultra spécialisés. Les données par pays et les données par indicateurs font défiler d'immenses colonnes de chiffres ou d'indicateurs, eux-même souvent divisés en indicateurs encore plus précis ! Comment se retrouver dans ce labyrinthe ? En construisant ses propres tableaux. L'intérêt majeur du site est ici : en combinant des pays (ou groupes de pays) et des indicateurs, on obtient des tableaux sur mesure.

Worldmapper : des cartes qui traduisent les indicateurs en superficie de territoires

Mais les chiffres ne parlent pas à tout le monde. D'où l'intérêt de sites tels que Worldmapper, qui propose des cartes spectaculaires, dans lesquels la taille du territoire est corrélée au sujet traité. Worldmapper compte actuellement près de 700 cartes, dont la moitié est imprimable en pdf. 

Sur l'une des cartes les plus spectaculaires, celle des utilisateurs d'internet en 2007, on constate que l'Afrique subsaharienne est pratiquement invisible (à l'exception notable de l'Afrique australe), alors que le Maghreb est surdimensionné. Si l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale figurent encore parmi les plus gros utilisateurs, on voit que l'Inde et la Chine prennent une place de plus en plus importante. Fait intéressant, certaines de ces cartes sont animées et les territoires changent de superficie au fil du temps.

Gapminder, pour combattre les idées reçues

Le plus extraordinaire des outils de visualisation des statistiques mondiales de développement est Gapminder, qui permet de créer des graphes dynamiques avec les indicateurs de son choix. Nous avions déjà souligné que Gapminder était utilisable dans Google Documents; mais on peut évidemment confectionner ses graphes sur le site lui-même. Une seule page de documentation (téléchargeable en pdf à partir de la page Gapminder World) suffit à montrer comment faire. Ensuite, vous avez le champ libre pour combiner les indicateurs, sélectionner les pays, fixer la vitesse de défilement (tous les graphes étant animés selon la ligne du temps), et transposer vos résultats sur une carte géographique. Chaque cercle sur le graphe représente un pays.

Par exemple le graphe montrant la corrélation entre le taux d'alphabétisation et le taux d'utilisateurs d'Internet : en cliquant sur les cercles, on constatera qu'à niveau d'alphabétisation équivalent, les habitants du Maroc ont un accès bien supérieur à Internet que ceux du Bengladesh... 

Hans Rosling, le créateur de Gapminder, avait souligné en 2007 dans une des célèbres conférences de TED (si vous souhaitez la visionner, n'oubliez pas de mettre les sous-titres...), à quel point nous vivions sur des idées reçues, idées pouvant être combattues par une utilisation adéquate des données disponibles. L'utilisation pertinente des données a des implications politiques majeures : on constatera par exemple que c'est moins la richesse que la santé qui dynamise le développement; que tous les pays de l'Afrique sub-saharienne ne sont pas logés à la même enseigne, en matière de revenus, de santé... et que les « solutions pour sauver l'Afrique » doivent donc impérativement être déclinées selon le contexte local; que l'histoire a un impact considérable sur les différents facteurs de développement (la situation politique de la Chine tout au long du XXeme siècle est à cet égard emblématique).

Les données financées sur fonds publics doivent légitimement être exploitables par le public. C'est ce que proposent ces trois sites, avec leurs outils de traitement spécifiques. Ne laissons personne nous dicter notre compréhension du monde.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné