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Les moins de 25 ans ne gazouillent pas sur Twitter

Par Alexandre Roberge , le 12 octobre 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 13 octobre 2009

C'est un mythe bien ancré même chez les observateurs de la scène technologique: ce sont les jeunes qui alimentent le "buzz" et la popularité de sites Internet en vogue. On ne cesse de souligner à quel point l'apport de la "génération numérique" a donné vie à des sites comme YouTube, Facebook ou Twitter qui font de plus en plus d'adeptes. Une conclusion sur laquelle se base la plupart des écoles pour développer une plateforme de TIC.

Pourtant, cette idée n'est pas tout à fait juste. Pensons au site de "microblogging" Twitter... Avec plus de 50 millions de membres dans le monde, on pourrait croire que c'est la jeunesse qui s'inscrit en masse dans ce nouveau type de communication. Or, c'est faux. Un article du New York Times révélait, à la fin du mois d'août dernier, que les 12 à 17 ans ne représentent que 11% des utilisateurs de Twitter. En fait, la maison de recherche Nielsen dévoilait même qu'en juin 2009, 64% des membres du fameux site étaient âgés entre 25 et 54 ans et 20% ont 55 ans et plus. Seulement 16% ont moins de 25 ans !

Voilà un mythe qui tombe: Twitter n'est définitivement pas dominé par une présence de la jeunesse. Et d'autres sites célèbres sont victimes de la même méprise : 14% des comptes MySpace et 9% des comptes Facebook appartiennent à des adolescents. Un très petit pourcentage quand on pense que ces deux sites réunissent des centaines de millions de personnes.

Où se fait alors l'expansion ? Chez les adultes et les seniors ! Ce sont eux qui ont mené à la pérennité des sites aussi populaires. Ne voulant pas être dépassés par la génération numérique, ils plongent à pieds joints dans les réseaux sociaux, les sites de partage de photos et vidéos, ils sont la majorité des blogueurs et ils jouent même aux jeux vidéo ! L'institut de recherche Forrester démontrait que l'augmentation de l'utilisation des sites de réseautage chez les 35 à 54 ans était de 60%.

Mais pourquoi Twitter n'attire t-il pas les ados? le microblogging a pourtant tout pour leur plaire : mode de communication proche du SMS, permettant de suivre à la trace les événements quotidiens d'une personne qui leur est chère et, de plus, un site fréquenté et utilisé par des vedettes ultra populaires dans le monde (même J.K. Rawlings, la créatrice de Harry Potter, a ouvert un compte...).

Trop proche de l'actualité, pas assez personnel

Deux raisons expliquent ce manque de popularité. La première est liée au type de communication. Contrairement à ce que l'on croit, les jeunes ne sont pas très attirés par l'idée d'écrire "à la minute près" ce qu'ils font dans la journée, et pas plus par l'idée de suivre des gens dans toutes leurs activités. C'est précisément ce qui, à l'inverse, passionne les adultes : l'instantanéité. Ils investissent Twitter pour partager des liens et suivre l'actualité brûlante. Or, on connait peu d'adolescents intéressés à suivre les élections iraniennes ou même une cérémonie "people" minute par minute...

De plus, Twitter ne correspond pas à l'idée que les jeunes se font du "réseau". La plupart d'entre eux se servent des réseaux sociaux et des outils technologiques pour être en contact avec leurs amis seulement. Or, Twitter est un outil d'expansion rapide du réseau (on constate la course aux "followers" avec des défis du genre  "en avoir 100 de plus ce soir"), ce qui n'est pas un désir des adolescents surtout s'il s'agit de partager des informations personnelles. Ils sont à un âge où ils développent leur personnalité et affichent leurs goûts, leurs préférences. Si un site comme Facebook permet facilement de le faire grâce à ses applications, Twitter est plus adapté pour partager des informations trouvées ailleurs et donc moins personnelles.

Les jeunes adorent donc les sites de réseaux sociaux et y ont des comptes, mais pas sur Twitter. Il est important pour les créateurs de contenus sur la Toile de connaître les préférences de la génération numérique qui s'avère être un public beaucoup plus volatile qu'on ne pourrait le croire. Les formateurs et éducateurs cherchant à utiliser les TIC doivent également savoirs quels sont les canaux de communication prisés par les adolescents, pourquoi ils les aiment et ce qu'ils en font. Il faut donc comprendre que pour beaucoup d'entre eux, Twitter n'est pas un outil qu'ils utilisent naturellement ce qui exige - si le "microblogging" est implanté dans un cursus scolaire - beaucoup de doigté et de préparation pour expliquer ce qu'on attend du projet et comment la technologie sera utilisée.

Nous vous invitons à lire cet article du New York Times du 25 août 2009 sur le sujet.

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