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Cameroun : L’université virtuelle nationale ouvre (enfin) ses portes

Par Thot , le 03 juillet 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 30 septembre 2010

 Les besoins en Éducation augmentent toujours en Afrique. Et les budgets nationaux qui sont consacrés à ce secteur ne suffisent plus pour mettre en oeuvre la massification envisagée par chaque pays.Les besoins se font sentir tant aux niveaux primaire et secondaire qu'au niveau universitaire. Parallèlement, on constate que le bilan du Programme Éducation Pour Tous  est, chez la plupart, mitigé. À l'Université, le secteur est plus que sinistré dans de nombreux pays où les jeunes réclament, à distance ou en présentiel, une éducation de qualité. Les jeunes se tournent donc naturellement vers les pays étrangers, même quand des structures de formations identiques existent sur place.

Institutions internationales et gouvernements sont dépassés par l'ampleur de la demande

Malgré les initiatives prises par l'Auf, le Colschoolnetafrica, l'Uva et des institutions privées du Canada, de Grande Bretagne ou des États Unis, le nombre de demandes excède toujours le nombre d'offres de places et de bourses; les organismes, complètement dépassés, semblent baisser les bras.

La construction de nouveaux amphis et la création de nouveaux établissements ne semblent pas résoudre le problème, la fuite des cerveaux ayant encore de belles saisons devant elle. Cette situation préoccupe les Gouvernements africains qui, avec l'association des Universités africaines, l'AUA, ont obtenu de l'Inde la mise en oeuvre du Projet panafricain des services en ligne. À ce jour, 47 pays  sur 53 ont signé des accords avec le Gouvernement indien pour des universités virtuelles, la télémédecine et la gouvernance électronique.

Pour sa part, le Cameroun, qui compte deux cent mille étudiants à l'université, s'apprête à en accueillir, pour la rentrée d'octobre 2010, trente mille nouveaux "facaires" (néologisme local désignant les inscrits en facs). Malgré le fonctionnement sur place de plusieurs structures de formation à distance comme le Mastel  de Polytechnique, l'UIT de Douala et l'UIT de Bandjoun, la demande est forte. C'est pourquoi l'Université de Yaoundé 1 a été chargée d'opérationnaliser le projet de Pan-african e-network  qui rassemble outre les pays africains, six universités indiennes différentes.

22 juillet 2010 : premier cours à distance dispensé par l'Université de Madras

Une mission de  l'Université de Yaoundé 1, conduite par le Vice-recteur de la Recherche et de la Coopération a visité ces universités ainsi que le consortium chargé de la mise en oeuvre technologique du projet. Le premier fruit de cette coopération est l'inauguration, le 22 juillet 2010, devant les hautes autorités indiennes et camerounaises, de l'Université virtuelle nationale et sous-régionale d'Afrique centrale. L'on assistera ou l'on participera aussi, à cette occasion, au premier cours dispensé à distance depuis l'université de Madras.

C'est en effet l'Université de Madras qui sera la première à délivrer les cours de Master en Technologie de l'Information. Ces cours seront offertes à plus de 60 apprenants retenus lors d'un jury de sélections récemment réuni suite à un appel à candidature qui annonçait initialement le recrutement de 20 étudiants. Une pluie de demandes motivées et émanant de candidats compétents a conduit les Autorités à élargir l'assiette pour la sélection du triple des candidats attendus. Un amphi et deux learning centers accueilleront ces apprenants qui, deux ans durant, recevront tous les cours en anglais et par videoconférence. Le tutorat sera aussi assuré en présentiel. Seuls les Camerounais et les Congolais ont été retenus pour cette première cohorte.

Les nouveaux apprenants ne paieront annuellement que 50.000 frs Cfa, soit près de 70 euros, l'Inde, le Cameroun et l'université de Yaoundé 1 subventionnant la formation.

Nous nous félicitons de cette initiative et nous n'écoutons pas les esprits chagrins qui critiquent le pays de n'avoir pas pu mettre en place à lui tout seul les infrastructures nécessaires pour satisfaire les besoins de formation de ses ressortissants. L'Inde a en effet développé une forte expertise dans la distribution de formation à distance à grande échelle, et peut désormais faire profiter le monde de son expérience. Nous voyons dans le projet panafricain de services en ligne et l'ouverture de l'Université virtuelle sous-régionale un bon exemple de coopération éducative sud-sud, l'Inde ayant, dans ce secteur d'activité comme en beaucoup d'autres, une réactivité et une efficacité que n'ont pas la plupart des partenaires historiques du nord.


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