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Les façons de jouer en ligne se transforment

Par Alexandre Roberge , le 14 août 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 31 juillet 2011

Si, traditionnellement, on voit l'amateur de jeux vidéos comme une adolescent ou un homme jouant seul sur sa console, l'irruption des jeux intégrés aux réseaux sociaux nous oblige à modifier radicalement cette image.

Un article du Monde daté du 9 juin 2010 révélait la diversité des profils et des habitudes de jeu sur Internet.

Où est maman ? Elle joue sur Facebook !

Dans le cadre d'une conférence sur les jeux en ligne à Paris, le 8 juin dernier, l'éditeur de jeux PopCap révélait son étude sur le public des joueurs sur les réseaux sociaux, leurs préférences et leurs motivations. Cette grande enquête effectuée aux États-Unis et en Grande-Bretagne révèle des chiffres surprenants:

  • 250 millions d'inscrits sur Facebook (sur 400 millions au total) jouent sur leur réseau social favori;
  • 55% des joueurs de 18 ans et plus sur les réseaux sociaux sont des femmes (140 millions);
  • Les joueuses ont 43 ans d'âge moyen;
  • Les joueurs se répartissent quasiment à égalité entre personnes seules sans enfants et personnes viviant en famille, avaec enfants;
  • 95% des joueurs s'amusent quelques fois par semaine, 64% disent le faire quotidiennement;
  • Les hommes sont plus enclins à jouer avec des inconnus que les femmes (41% contre 33%).

Nous voisi donc très loin de notre image de départ, figurant un ado solitaire rivé à sa console au fond de son sous-sol...

Un marché de plus en plus vaste

Cette explosion du jeu en ligne passe d'abord et avant tout par une diversification de l'offre. Jusqu'à une époque récente, on recensait deux principales catégories de jeux en ligne : ceux qui s'adressaient aux usagers occasionnels, cherchant un petit passe-temps les jours de pluie (exemple: Bejeweled) d'une part; ceux qui s'adressaient à l'inverse aux joueurs intensifs, passant plusieurs heures par jour devant leur écran (exemple : World of Warcraft qui exige un abonnement payant mensuel).

Mais l'offre s'est consédérablement élargie, et il y a désormais des jeux pour tous les goûts. Citons par exemple le célèbre Farmville, le jeu le plus joué sur Facebook (62 millions d'utilisateurs mensuels). Restaurant City, également disponible sur Facebook, annonce pour sa part plus de 11 millions d'utulisateurs mensuels. Arrêtons-nous ensuite devant la multitude des jeux de rôle en ligne massivement multijoueur (MMORPG) entièrement gratuits avec quelques options payantes facultatives. Ce dernier type de jeu a une popularité folle en Corée d'où il provient. On n'a qu'à voir cette liste qui ne donne qu'un aperçu de l'abondance de ces MMORPGs gratuits...

De plus, les frontières entre les genres et types de jeux s'estompent. Par exemple, Julien Wéra de PopCap Games affirme que bien des joueurs de WoW (World of WarCraft) jouent à la version intégrée de Bejeweled dans leur jeu en attendant que leurs amis se connectent.

Un tel succès, particulièrement sur les réseaux sociaux, attire les éditeurs qui y voient une manne. Surtout que ces jeux ne demandent pas de développement sophistiqué, au contraire. C'est la simplicité qui attire. Et qui dit simplicité signifie aussi coûts de développement très bas et une possibilité de rentabilité très haute. Aux États-Unis, les applications de jeux sur Facebook rapportent plus de 1 milliard de dollars américains (environ 840 millions d'euros) par an. Le cabinet Hi-media révélait qu'en 2010, le jeu social allait augmenter ses revenus de 32% dans le monde !

Et le jeu sérieux ou pédagogique dans tout ça ?

Dans cette diversité et ce marché croissants, y a-t-il de la place pour le jeu sérieux ? Certes, mais il ne semble pas encore occuper une grande place sur les plateformes en vogue (Facebook, MySpace, etc.). Cependant, on entend parler depuis quelques temps d'applications de jeux plus pédagogiques que d'ordinaire sur Facebook.

Par exemple, Jeuxsérieux.fr présentait récemment Flutter: ce jeu nous permet de contrôler un papillon qui devra effectuer différentes quêtes pour aider la faune et la flore. Un synopsis simple, mais qui aide à comprendre l'équilibre fragile de la forêt amazonienne.

Difficile d'évaluer la popularité de l'application, mais ses auteurs semblent avoir compris les principes garantissant le succès des jeux sur les réseaux : prise en main facile, amusement, durée relativement importante, le tout pimenté, dans ce cas, d'une dimension éducative. Il revient donc aux développeurs et aux éditeurs de jeux sérieux de saisir l'opportunité qui leur est offerte sur les réseaux sociaux. Car le public est bien là, il suffit de lui faire des offres attractives.

"PopCap Games: 2010 Social Gaming Research", l'étude complète sur le jeu sur les réseaux sociaux, PDF, 73 p.

De la diversité des pratiques ludiques en ligne, Laurent Checola, Le Monde, 9 juin 2010

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