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Allez là où mène le flux, oh pardon le FLE !

un petit tour du côté des pratiques musicales permet de comprendre que la langue française, pour rester vivante, a intérêt à se chanter à l'unissson à d'autres langues

Par Martine Dubreucq , le 22 novembre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 09 mai 2012

On s'interroge ici ou là sur l'avenir du français face à la baisse tendancielle des étudiants apprenant cette langue en Europe. Pour attirer les jeunes, les bonnes raisons d'apprendre le français souvent invoquées par les institutions paraissent bien dérisoires.

La musique est un des domaines où la motivation des jeunes ne faiblit pas, bien au contraire, et la France a des cartes maîtresses avec ses D.J., ses musiciens électros connus sur la scène interrnationale. Pas de chance, ce sont des genres où la langue brille par son absence quand elle n'est pas remplacée par l'anglais.

Rap et slam, véhicules idéaux de l'apprentissage des langues

Le rap et le slam en revanche fournissent des occasions rêvées de mettre en place des ateliers d'écriture qui mordent enfin sur des événements de la vraie vie, sur des rencontres et du plaisir musical. Pour donner davantage de puissance et de portée aux projets, il est recommandé de proposer des événements qui rassemblent une communauté de jeunes autour d'un même enthousiasme pour la musique, indépendamment de la langue maternelle ou de celle qui est étudiée.

Adossée à une bonne préparation avec des professionnels, cette pratique a fait ses preuves à Copenhague grâce aux efforts conjugués du Goethe institut, de l’Institut français de Copenhague, de l’Istituto Italiano di Cultura, de l'ambassade d’Espagne au Danemark et de la Commission européenne. Plus de 600 élèves âgés de huit à dix-huit ans ont assisté et participé au concert et atelier de rap multilingue qui s’est déroulé le vendredi 24 septembre 2010 à l’occasion de la Journée européenne des langues. Chaque groupe d'étudiants était pris en charge dans la langue qu'il apprenait par des animateurs qui les ont préparés à la création de textes, aux jeux de mots et aux chorégraphies spécifiques du genre.

Le site du réseau français à l'étranger, Lattitude France y a consacré un billet : Salle comble pour le concert et l'atelier de rap multilingue.

Le choc frontal entre le désir de partage et la législation sur le droit d'auteur

Pourquoi si peu de publicité autour de ce concert ? La réponse est à chercher du côté des droits d'auteur. Un questionnaire d'évaluation du concert très bien fait aide à comprendre les difficultés que les acteurs les plus imaginatifs et les plus enthousiastes rencontrent pour créer de tels événements. La première question posée aux enseignants porte sur les autorisations accordées par les écoles danoises et par les familles : "Est-ce que votre école nous autorise à publier des vidéos et des photos du concert ? ". Au dire des concepteurs de l'évaluation, les réponses sont très rares et sans ces réponses, toute publication et mise en ligne du concert demeure impossible.

Aussi longtemps que les enseignants ne s'intéresseront pas de près à ce qui touche au monde hors de la classe, hors de leur stricte discipline, ils ne pourront faire en sorte que les créations de leurs élèves soient connues et diffusées. Les questions du droit à l'image, du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle constituent là des freins énormes. Mais ces difficultés ne sont pas totalement insurmontables. Partout, des mouvements voient le jour pour faire évoluer les législations. De plus, nombre de ressources libres sont mises à la disposition des amateurs qui n'en font pas un usage commercial. Enfin, au niveau du droit à l'image, il revient aux responsables éducatifs de forcer les réticences, s'il y en a, ou tout simplement de faciliter les publications en utilisant les chartes adaptées qui existent dans chaque établissement.

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