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Accès à l’enseignement supérieur en Europe (Thèse)

Sélectionner ou ne pas sélectionner à l'université ? Cinq systèmes éducatifs, cinq points de vue ...

Par Federica Minichiello , le 13 janvier 2019 | Dernière mise à jour de l'article le 22 février 2019

Au Moyen-Age, les premières universités n’imposaient pas de critères d’admission d’ordre social, intellectuel ou linguistique, l’âge et les compétences n’étaient pas des prérequis ; la condition d’admission était… le baptême ou une bonne conduite morale !

De nos jours la situation est bien différente : limitations budgétaires, compétition et classements internationaux, explosion du taux d’inscrits… La majorité des systèmes d’enseignement supérieur est sous tension.

Une thèse récente se focalise sur le processus d’accès au 1er cycle de l’enseignement universitaire public. « Sélectionner ou ne pas sélectionner » ? Cette question est étudiée dans cinq pays : la France, l’Autriche, la Slovénie, l’Irlande et le Portugal.

Méthodes de sélection

L’accès à l’enseignement supérieur peut être :

  • libre : tous les candidats qui ont complété un diplôme d’enseignement secondaire bénéficient du droit d’accès à l’enseignement supérieur ;
     
  • sélectif : des formes d’évaluations externes, souvent par des organisations indépendantes, conditionnent l’accès à la formation souhaitée ;
     
  • très sélectif : les établissements bénéficient d’une autonomie dans les critères de sélection et développent des initiatives pour décider de l’acceptation d’un candidat.

Parmi les instruments d’admission on peut citer les examens de fin d’études secondaires, des tests d’aptitude standardisés administrés par des organisations indépendantes, des examens au sein de l'université propédeutiques à l’entrée, des dossiers, des entretiens, des portfolios … Et des combinaisons de tous ces éléments.

Résultats de l'étude

Premier constat : malgré les efforts de rapprochement entre systèmes européens (processus de Bologne) et une tradition de non sélection « très ancrée culturellement » dans le vieux continent, les approches restent hétérogènes en Europe, comme le montre le schéma ci-dessous pour les cinq pays étudiés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur a mené des entretiens avec des doyens d’université dans les cinq systèmes éducatifs. À partir de ces discussions, un certain consensus semble se dessiner autour de l’impossibilité de concilier l’idéal (un accès libre pour tout le monde à tous les cours) et la réalité, caractérisée par un nombre croissant d’étudiants (exception faite pour la Slovénie, en pénurie d’étudiants …. et de financements !).

La majorité des interlocuteurs sembleraient enclins à des formes de sélection. La non sélection est parfois perçue comme « favorisant l’abandon » – les pays ayant un système d’admission ouvert auraient des taux d’obtention de diplôme inférieurs à la moyenne internationale - même si « trop de sélection peut aussi mener à un échec ».

Parmi les perspectives suggérées :

  • personnaliser davantage la sélection : certains responsables critiquent l’utilisation des notes de l’enseignement secondaire comme critère d’accès,  insistant sur les bienfaits d’une évaluation personnalisée comme une lettre de motivation, l’analyse du dossier, etc.
  • augmenter la diversité de l’offre de formation, pour que les étudiants aient plus de choix d’orientation et trouvent une voix adéquate.

Illustration : Foter.com

Référence

Tania Rodrigues Peneda da Silva. L'accès à l'enseignement supérieur en Europe - Analyse comparée des systèmes d'accès à l'enseignement supérieur et de leur management. Université Paris-Saclay, 2018. https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01912568v1

(Dernière consultation : janvier 2019)

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