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Cameroun : Les élèves participent à la prévention du choléra avec les TIC

Par Thot , le 25 octobre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 29 octobre 2010

Il y a déjà cinq ans, la République du Cameroun avait été victime d’une épidémie de choléra. De janvier 2004 à ce jour, lit-on dans les journaux, le Cameroun a enregistré, selon les autorités en charge du ministère de la santé, 6377 cas de choléra. La maladie des pauvres, la maladie de la saleté comme on se plaît à la nommer a fait des ravages. Au quotidien, la vaccination, gratuite pour les enfants, n’est exigée que pour ceux qui voyagent hors du pays. Sa validité n’étant que de six mois, la population la néglige. C’est pourtant une maladie qui tue.

Dans les régions affectées comme actuellement au nord du pays, on explique que le choléra est en effet une infection intestinale aiguë due à une bactérie, Vibrio cholerae, qui se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés. Sa forme la plus grave se caractérise par l’apparition soudaine d’une diarrhée aqueuse aiguë qui peut entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale mortelles.  Les maîtres d’école et les profs malgré des mesures administratives, s’occupent eux-aussi, de prévenir la maladie à l’aide des TIC.

S'informer...

Au lycée de Maroua, localité où sévit la maladie, le prof de sciences de la vie navigue avec ses élèves de la classe de troisième dans la salle multimédia. Pour les sensibiliser, il fait découvrir que 293 cas de choléra, dont 30 décès, ont déjà été enregistrés cette année , avant même le début de la saison des pluies, dans la région de l’Extrême Nord du Cameroun, selon des chiffres annoncés à la fin juin par la délégation régionale du ministère de la Santé publique. Mais surtout à cause de l'absence des latrines dues aux habitudes culturelles de la région, il fait visiter des sites web sur la qualité de l'eau, l'eau qui est aussi le vecteur de la maladie et dont on doit pourtant se servir pour se laver les mains. Dans une région sahélienne et presque désertique, l’eau est rare et les forages éloignés. On parcourt des kilomètres pour ne rencontrer finalement que des mares infectées. La pratique de l’hygiène est fondamentale comme les enfants l’avaient appris à la journée mondiale de l’eau  en mars dernier alors que le sommet sur les objectifs du millénaire se préparait.

... Et passer à l'action

Les enfants suivent plus ou moins distraitement les explications mais le prof, astucieux, demande aux cinq groupes de dresser chacun une liste de cinq sites, sur les causes du choléra, sur la prévention de cette maladie, sur ses symptômes, sur les soins à dispenser. Voici l’activité préférée des élèves qui inondent ensuite le prof des réponses. Mais non les enfants, dit le prof, vous ferez maintenant un résumé de 10 lignes et vous l’enverrez, par courriel, à vos camarades du Lycée de Douala, ville portuaire située en dessous du niveau de la mer, où le choléra est aussi annoncé. Là-bas, la nappe phréatique est à fleur du sol. La pluie torrentielle et diluvienne y dure des heures et des heures. Et l’eau potable se cherche. Comme à Haïti, là bas, bien loin au-delà des mers...

Ces activités de recherche et de correspondance utilisant les outils numériques se banalisent enfin dans les pays d'Afrique sub-saharienne. Dans le cas qui vient de vous être présenté, elles témoignent d'une prise de conscience partagée de la nécessité de s'informer et surtout de partager l'information recueillie sur un mode personnel, dont on sait qu'il est beaucoup plus efficace que les grands discours des institutions. 

Photo : World Bank Photo Collection, Flickr, licence CC.

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