Articles

Rédaction d'une thèse : le long fleuve pas du tout tranquille

Ce travail solitaire s'avère fort demandant pour qui désire obtenir leur doctorat

Par Alexandre Roberge , le 05 mai 2019 | Dernière mise à jour de l'article le 14 juin 2019

Obtenir un diplôme d’études supérieures n'est déjà pas simple et parmi eux le doctorat est le plus difficile de tous. Normal puisqu'il s’agit de la plus haute distinction académique. Toutefois, ce ne sont pas à proprement parler les études qui freinent les étudiants au doctorat mais plutôt la thèse qu’ils doivent soumettre pour être diplômés. En effet, chacun doit travailler sur ce projet de recherche détaillé qui prend des années à réaliser. Un travail de longue haleine qui en laisse plusieurs sur le carreau.

Avec près de la moitié des doctorants français qui abandonnent avant la fin, qu’est-ce qui rend la vie des thésards si compliquée? Peu de gens savent exactement la charge de travail qu’exige une thèse. Heureusement, certains sont là pour témoigner des hauts et des bas de cette étape charnière.

Raconter le processus de thèse

L’exemple ayant le plus fait parler en 2018 est celui de la youtubeuse française Manon Bril. Celle qui pilote la chaîne « C’est une autre histoire », axée sur la mythologie, l’art et l’architecture, a décidé dès janvier 2017 de créer une série de vlogs sur sa réalité de thésarde. Cette série regardée par plus de 20 000 personnes a montré les différentes étapes de rédaction et révision de la thèse, l’importance du directeur de thèse, etc. Le tout en jonglant avec sa vie personnelle et professionnelle, dont sa chaîne YouTube.

De son côté, depuis 1997, le site américain PhD Comics illustre avec humour tous les aspects ardus d’obtention du doctorat. D’ailleurs, la France aussi a eu une bédéiste qui a illustré la vie de thésarde. Tiphaine Rivière, une doctorante ayant abandonné avant la fin, expliquait dans son œuvre publiée en 2015 l’enfer de la thèse. En fait, tous ses témoignages montrent en particulier l’obsession qu’un tel travail crée chez l’individu accompagné d'une solitude aussi puisque, généralement, tout se fait de son côté sur son ordinateur. Ou à la bibliothèque en train de faire de la recherche. De plus, la plupart d’entre eux doivent travailler afin de payer les comptes. Et apparaît souvent la culpabilité de prendre quelques moments pour soi et pour relaxer.

Briser la solitude

Alors, comment faire pour que l’écriture de la thèse ne soit pas un calvaire pour les étudiants ? Déjà, ils doivent sentir qu’ils sont épaulés. L'accompagnement du directeur de thèse est primordial. Il doit pouvoir être à même d’écouter et de coacher les doctorants dans leurs démarches comme le rappelle un tableau d’intervention développé par des auteures québécoises. Cela diminue aussi le sentiment d’isolement.

À ce sujet, d’ailleurs, de plus en plus d’initiatives existent afin d’offrir aux étudiants des retraites d’écriture. La rédaction de la thèse reste un acte solitaire mais dans ce contexte, ils peuvent tout de même prendre des moments de pause pour ventiler entre eux. De plus, voir les autres en pleine action en motivent certains à continuer. D’ailleurs, il arrive désormais que sur les réseaux sociaux que s’organisent des sessions d’écriture commune. Une façon de sortir de chez soi et de socialiser un peu. Un besoin essentiel souvent négligé pendant la thèse.

Enfin, l’étudiant peut-être plus stimulé s’il change son approche de rédaction. Par exemple, au lieu d’essayer de travailler toute la journée à certains moments dans la semaine, en faire tous les jours mais seulement 2 heures. Se donner aussi régulièrement de petits objectifs atteignables s’avère plus motivant et moins anxiogène que de ne mettre l’accent que sur la grande échéance.

Au bout du compte, écrire une thèse ne se veut pas l’exercice le plus amusant  qui soit mais il n’est pas nécessaire de souffrir inutilement pour y arriver. En organisant des buts progressifs, des rencontres entre doctorants et en se permettant, parfois, le droit de souffler, les étudiants seraient probablement plus en mesure de persévérer dans leur quête.

Illustration : val sv on Foter.com / CC BY-NC-ND

Références

Brafman, Nathalie. « L’enfer De La Thèse, Raconté En BD. » Le Monde.fr. Dernière mise à jour : 13 avril 2015.
https://www.lemonde.fr/campus/article/2015/04/13/dans-l-enfer-de-la-these_4615073_4401467.html

C’est une autre histoire. « Vlog De Thèse. » YouTube. n.d. Consulté le 2 mai 2019.
https://www.youtube.com/playlist?list=PLidnRlWwwcP3qdKJ0vmF_XGT1BroeoE0J

« Favoriser La Persévérance Chez Les étudiants En Rédaction De Mémoire Ou De Thèse. » CAPRES. Dernière mise à jour : 4 septembre 2018.
http://www.capres.ca/parcours-detudes/diplomation-et-insertion-profesionnelle/favoriser-perseverance-chez-etudiants-redaction-de-memoire-de-these/

Morasse, Marie-Ève. « Briser L’isolement Des Doctorants. » La Presse+. Dernière mise à jour : 15 octobre 2017.
http://plus.lapresse.ca/screens/bd05c5fb-6d11-4da3-9880-45e06c8af144__7C___0.html

« Piled Higher and Deeper. » PHD Comics: Your Research Focus. Consulté le 2 mai 2019.
http://phdcomics.com/comics/archive_list.php

Vaufrey, Christine. « Quelle Motivation Pour Aller Jusqu’au Bout D’un Doctorat ? » Thot Cursus. Dernière mise à jour : 7 décembre 2018.
https://cursus.edu/articles/25242/quelle-motivation-pour-aller-jusquau-bout-dun-doctorat

Vienne, Jean-François. « Survivre à La Rédaction De Sa Thèse. » Le Devoir. Dernière mise à jour : 20 octobre 2018.
https://www.ledevoir.com/societe/education/539238/survivre-a-la-redaction-de-sa-these#

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné