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Blockchain, Open Education et citoyenneté numérique (Conférence)

Liberté, désintermédiation, confiance .... la fin des monopoles !

Par Federica Minichiello , le 19 août 2019 | Dernière mise à jour de l'article le 10 octobre 2019

Chaines des blocs en éducation : effet de mode ou opportunité ?

À l’origine, en 2017, il y avait eu le rapport très prometteur du Centre commun de recherche « Blockchain in Education » qui annonçait un bouleversement de la majorité des industries et des modèles économiques. Deux ans après, lors de la conférence « Blockchain, Open Education et citoyenneté numérique » A. Grech, co-auteur de ce rapport, fait état d’un avancement relativement lent, dans une tension qui reste selon lui « irrésolue entre contrôle et souveraineté ».

Plusieurs intervenants ont fait un parallèle entre internet et blockchain :  deux évolutions techniques originairement synonymes de liberté, fondées sur des protocoles ouverts, s’affranchissant d’instances intermédiaires. Avec une différence clé en termes de valeurs : si internet était initialement bâti sur un système de confiance, la chaîne des blocs se construit sur un déséquilibre de confiance, un besoin de certification et de reconnaissance de transactions et des « mineurs », des utilisateurs tiers qui concourent pour résoudre des calculs complexes qui permettront de valider les transactions à l’intérieur de la chaîne.  

… Et comme internet a eu sa « bulle internet », il y aurait un cap à passer avant que la blockchain puisse réellement contribuer à un monde où « le monopole sera impossible » (cf. « Beyond the bitcoin bubble »)

Réinventer le web …

La blockchain fascine car elle remet en question le fonctionnement même du web. Le consortium de standardisation W3C travaille à une nouvelle norme pour sortir de la tendance actuelle d’accumulation des données impulsée par les grands acteurs dominants sur le web.

 R. Verborgh, de l’université de Ghent, a présenté le projet « SOLID » qui vise la création d’un nouveau standard pour séparer les données des applications et des serveurs qui les utilisent. Internet ne se résumerait plus à une compétition dans l’accumulation et l’exploitation des données mais redeviendrait un lieu d’innovation, où « des connaissances de base en html et css couplées avec un niveau intermédiaire en Java » suffisent – ce sont les prérequis pour développer une application en «Solid».

… et la confiance ?

A l’instar de l’association « Reconnaître », branche francophone de l’Open Récognition Alliance, la conférence a été aussi l’occasion pour prôner les valeurs d’une société ouverte et apprenante, construite sur un cadre de confiance et de reconnaissance des talents et compétences de chacun.   

C’est le cas du réseau BOAT dans la région Nouvelle-Aquitaine, qui vise à réunir tous les acteurs - collèges, lycées, universités, acteurs publics et entreprises – pour créer localement un écosystème où chaque individu puisse utiliser ses badges et les faire endosser par d’autres et où on peut vérifier les preuves de leur attribution. Ou le projet européen Extrasup, pour reconnaitre l’expérience et les compétences développés par les étudiants au cours d’activités citoyennes ou d’engagement personnel au sein de leur parcours de formation.

Les perspectives

La richesse des initiatives présentées, lors de cette conférence organisée par l’Université de Lille et le Commonwealth Centre for Connected Learning est difficile à résumer : des projets européens comme :

  • la carte européenne de l’étudiant, pour faciliter la mobilité et la reconnaissance de l’identité de l’étudiant.
  • des coffres numériques offerts aux étudiants, comme à l’Université Grenoble-Alpes,
  • des solutions privées de digitalisation et de sécurisation de certificats,
  • un projet pilote européen autour de l’audit et la transparence des financements européens,
  • des expérimentations au niveau du réseau ENIC NARIC pour vérifier l’authenticité des diplômes dans le cadre de parcours de mobilité individuelle d’un pays européen à un autre…

Et encore plus !

Dans les perspectives, le développement d’un prototype d’infrastructure européenne de blockchain, dans le cadre du « Partenariat européen blockchain », qui permettra des premières expérimentations sur des services publics numériques transfrontaliers où la blockchain est censée apporter une valeur ajoutée. Fin 2019, à suivre …  

(Illustration : Université de Lille, affiche de la conférence)

Références

Conférence Blockchain, Open Education et citoyenneté numérique www.blockchaineducationfrance.fr/

JRC Science for Policy report.  Blockchain in Education (2017) http://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/bitstream/JRC108255/jrc108255_blockchain_in_education(1).pdf

S. Johnson. « Beyond the bitcoin bubble » (2018) https://www.nytimes.com/2018/01/16/magazine/beyond-the-bitcoin-bubble.html

Pour en savoir plus : fil twitter de Perrine de Coëtlogon, chargée de mission Blockchain & education à l'université de Lille et référente française du groupe de réflexion sur les usages de la blockchain en éducation : https://twitter.com/perrinecoet?lang=fr


Déjà paru sur Thot :

F. Minichiello. « Blockchain en éducation : se préparer au défi » (mars 2018) https://cursus.edu/articles/41216/blockchain-en-education-se-preparer-au-defi
(Dernière consultation : juillet 2019)

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