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Le cadre des services virtuels d’une école*

L'école vise l'autonomie et la responsabilisation de ses étudiants ? Elle peut être le lieu des expérimentations et de leurs premières réalisations publiques.

Par Denys Lamontagne , le 06 février 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 27 mai 2011

Tracer un portrait des services technologiques que devrait offrir une institution d’enseignement à ses professeurs et étudiants déborde rapidement le cadre de l'exercice technique et s'étend aux questions philosophiques et pratiques.  Par exemple, en partant de l’idée que les étudiants se servent déjà et surtout d’outils numériques externes, l’école devrait idéalement chercher autant à les intégrer qu’à s’y intégrer si elle veut un minimum d'acceptation de ses efforts.

Certains systèmes sont propres à l’école, comme les outils de gestion des cours et de suivi des étudiants (LMS - Learning Management System), d’autres services peuvent être gérés par l’école (ENT - Environnement numérique de travail) ou être impartis à des services externes fiables, comme pour les blogues, wikis et divers outils de collaboration et de communication. Les applications de bureau virtuel de Google commencent d'ailleurs à s'amplanter de manière significative dans les établissements, comme nous le constations dans cet article.

Restent les outils sociaux de diffusion et partage (FaceBook, Twitter et apparentés). Les outils sociaux, par leur caractère ouvert et sophistiqué, sont évidemment ceux que l’école ne peut concurrencer et qu’elle ne peut cependant qu’exploiter prudemment tant leur potentiel de dérapage est important : des pratiques marginales peuvent défaire des réputations, des cas d'exception attirer toute l'attention, etc. On ne peut pas ignorer ces outils mais la bonne formule ou politique d’utilisation pédagogique pertinente n’est apparemment pas encore trouvée, même si les enseignants réfléchissent et expérimentent l'utilisation de ces réseaux : voir ici une discussion entre Philippe Watrelot et Jean-Paul Brighelli, là un guide d'utilisation de Facebook à l'usage des enseignants (en anglais).

Autonomie et responsabilité

Beaucoup de considérations entrent en ligne de compte pour les écoles quand on aborde les services numériques. Il est question de responsabilité, d’économies d’échelle, d’intégration à des systèmes pré-existants, de pédagogie et surtout de considérations politiques d’autonomie et de dépendance.  L’intégration des outils qui permettent une plus grande autonomie des étudiants amène par ricochet une plus grande autonomie au professeur et l’éloigne des déroulements standards et de la reddition de comptes détaillée aux échelons supérieurs. Même si l'objectif est défini et reconnu à un niveau supérieur, la façon de l'atteindre est l'affaire des individus et de leurs professeurs qui répondent à leurs besoins et situations.

Au niveau de l’école, la seule utilisation des services de video et de partage de documents intégrés aux habitudes des étudiants, tels YouTube, SlideShare, Flickr et apparentés, implique une politique de responsabilité et d’autonomie officielle reconnue à l’institution, au professeur et même à l'étudiant.  Ces services méritent d’être alimentés et exploités localement et le sont plus efficacement que si une institution ou une autorité centralisée essayait d’en offrir un équivalent; aucune de celles qui se sont essayées n’a connu de succès. 

On peut donc affirmer sans trop de risques qu’on ne voit l’utilisation fréquente de ces services qu'au moment où les ministères, académies, commissions scolaires, wilayas et autres relais gouvernementaux accordent l’autonomie et la responsabilité aux institutions locales de le faire.  On ne peut pas s’attendre à ce que leur utilisation et leur alimentation soit gérée aux niveaux supérieurs puisqu’elle est le fait d’individus et de petits groupes pour l’essentiel. Tant qu'elle n'est pas autorisé officiellement, les professeurs hésitent à les intégrer dans leur enseignement.

Participation

On assiste actuellement à un mouvement de «localisation» des médias; on trouve de plus en plus des réseaux de médias ultra-locaux qui concernent des quartiers (exemple : Peuplade),des rues et même des immeubles (exemple : Ma-residence) ! Il s’agit d’une des caractéristiques d’internet de permettre la participation de chacun et leur coordination à un échelon pratique et significatif. 

Il serait assez curieux que l’école échappe à ce mouvement.  Si on considère que le système éducatif est l’un des plus contrôlés qui soit par l’état, on peut s’attendre à ce que la prochaine contestation des étudiants et de leurs professeurs attaque justement ce front «tunisien». Mais si une institution équipe ses professeurs et étudiants et contribue à cette autonomisation, elle deviendra un des lieux vivants du tissu social moderne et n'offrira aucun terreau aux contestations et conflits paralysants.

L'école vise l'autonomie et la responsabilisation de ses étudiants ? Elle peut être le lieu des expérimentations et de leurs premières réalisations publiques.

Services numériques

  • LMS   
    • Cours   
    • Suivi   
    • Évaluations   
    • Communications aux parents, élèves, communauté
  • ENT   
    • ePort-folio des étudiants   
    • Wiki   
    • Blogues   
    • Outils de collaboration (Google docs, Zoho docs, etc.)   
    • Outls de rencontres virtuelles (video)   
    • Outils sociaux (Diigo, FaceBook...)
  • Système d’enregistrement des cours et conférences   
    • Montage et formatage   
    • Distribution des documents vers des services externes       
      • iTunes U   YouTube U   Canal U    SlideShare
  • Système de détection du plagiat
  • Système d’examen en ligne

Exemple de services intégrés : TELT à l'Université de South Wales (Australie)

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