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Descendre au-dedans de soi et gravir sa montagne intérieure

Par Michel Berhin , le 24 novembre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 11 février 2009

Le thème de la " Montagne intérieure ", je l’ai d’abord trouvé développé sur le site de Radio-Canada.

" On transmet ce que l’on est. Par le biais, bien sûr, de ce que l’on sait et de ce que l’on fait. Mais essentiellement, on ne peut transmettre que ce que l’on est . La transmission de l’essentiel ne se décide sans doute pas. Elle est, c’est tout. () La question de la transmission se trouve alors poussée vers le centre, le ventre, le coeu r ".

La citation est de Patrice Van Eersel, dans " " Apprendre. Enseigner. Léguer. Transmettre ", Nouvelles Clés (N° 20), hiver 1998-1999. Elle se trouve sur le site de l’émission : " Par quatre chemins " , une émission qui en est à sa 33ième saison. Renouvelée et prolongée d’une heure, elle accueille, sous formes de rencontres, d’entretiens, d’entrevues ou de forums, des penseurs et des personnalités marquantes de notre temps. Et l’animateur de radio, Jacques Languirand, de poursuivre en citant d’autres passages de ce numéro de " Nouvelles Clés " qui l’a visiblement marqué.

Avec Yvan Amar cette fois, dans son article "

Lumières

", il propose de s’associer à une perception nouvelle de la transmission : "

Dans le cadre de la transmission de conscience, le paradoxe est qu’il faut transmettre à quelqu’un un état d’être qui se trouve déjà en lui : il suffit d’éveiller cela. On ne doit rien donner, l’autre n’a rien à recevoir, mais pourtant il se passe quelque chose

". Évidemment, dit-il, " transmettre un état d’être n’a rien à voir avec l’enseignement de l’algèbre. Ou peut-être, au contraire, que ça a beaucoup à voir si la personne qui enseigne l’algèbre a cette préoccupation de la conscience, et qu’à travers son enseignement, elle est capable de passer son intérêt pour la dimension spirituelle "

Faisant enfin référence à Madeleine Davy à qui François L’Yvonnet rend hommage dans un troisième article de "

Nouvelles Clés

", il reprend un passage de : " La montagne et sa symbolique ", paru chez Albin Michel. Il s’emballe : "

J’aime bien lorsqu’elle établit un rapport entre l’ascension de la montagne et les étapes du parcours de la vie.

". Elle dit : "

L’escalade offre souvent de nombreux rapports avec l’existence. Joie, découverte, passages de l’ignorance à la connaissance. Initiation s’opérant au-dedans. Tentations de démesure ou encore abandon d’un compagnon, épreuves moments cruciaux où la souffrance submerge, angoisse de la nuit, fantasmes, cheminements à tâtons. Parfois la mort semble rôder et formuler des invitations de plus en plus pressantes. Résister, puiser au-dedans de nouvelles énergies. Rencontrer le gel glacial de l’indifférence Rêver d’un refuge provisoire qu’on ne trouvera jamais. Seule la découverte du fond coïncidera avec l’entrée dans le ciel intérieur.

"

Comment ne pas mettre tout ceci en parallèle avec l’aventure d’ Etienne Cobut, ce malonnois rescapé d’un cancer de la moelle osseuse et qui, avec ses béquilles de trekkeur (il a ausssi été atteint par la polio aux membres inférieurs), a osé une escapade en Himalaya. Accompagné d’un sherpa, il visitait en février 2000, le Sanctuaire des Annapurna à 4150 mètres. Son défi était clair : Partir à l’assaut de son sommet. Rencontrer le yeti (son surnom puisqu’il se prénomme Etienne) qui sommeille en chacun de nous. Déplacer des montagnes... La chose n’est pas simple. Surtout, si celle-ci est intérieure cela signifie se mettre en mouvement, oser migrer, se désinstaller, littéralement s’ébranler (Lire à ce sujet l’article paru sous le titre "

Premier de cordée, béquilles et piolet en bandoulière

").

Mais à son retour du Népal, l’intuition d’Etienne est encore plus grande : cette force présente en soi, il veut la faire connaître à d’autres, à des jeunes. Surtout ceux que des conditions de vie physique confortent dans l’idée qu’ils n’en sont pas capables. Si le projet est alors une évidence pour notre psychologue clinicien, son entourage le trouve parfois un peu dé mesuré quand ce n’est pas carrément déraisonnable (Vous êtes complètement cinglélui a-t-on même dit). Mais il y croit : Armé de ses béquilles, il mènera une cordée vers un sommet himalayen, une équipe mixte de jeunes handicapés moteur et de plus valides, une douzaine de trekkeurs. s’entraidant dans le partage de leur handicap respectif et leur volonté de réussir.

Le résultat est à découvrir sur un site, mais aussi dans un film de 52 minutes qui a été réalisé par un journaliste caméraman. Déjà récompensé par le prix du public lors de l’octroi du " mérite sportif " en province de Namur (Belgique), le Trekking au Népal de ces jeunes handicapés constitue une fameuse leçon de courage. Une page de vie comme on aimerait en écrire plus souvent, quand on est éducateur.

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