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Ecole : bouleverser les emplois du temps pour y introduire la culture numérique, enfin

Pourquoi ne voit-on pas les usages numériques changer en classe ?

Par Martine Dubreucq , le 12 novembre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 22 juin 2011

Jean-François CERISIER, enseignant-chercheur, directeur du Département Ingénierie des Médias pour l'Éducation à l'université de Poitiers le dit dans cette entrevue filmée sur le site de l'Esén[1]: le faible taux constaté d'utilisation  d'internet en classe n'est imputable ni au manque de compétences techniques, ni à la faiblesse des compétences pédagogiques mais à la culture de notre institution scolaire, qui bride les usages.

Le découpage du temps scolaire ne se prête pas à l'usage des TICE, l'organisation des activités, les périmètres disciplinaires isolent les étudiants dans des classes, gênent le travail inter-disciplinaire et les évaluations déterminent des contenus et des rythmes qui sont souvent inconciliables avec des expériences innovantes.

Nous évoluons dans des lycées et des collèges qui ont été conçus, pensés sans le numérique.

A l'heure où l'on peut très facilement créer son cahier de texte en ligne, où les professeurs s'y intéressent d'ailleurs comme en témoigne le "prof geek", où les ENT popularisent cette pratique, que constate-t-on, sinon la persistance de disciplines inamovibles dans les emplois du temps ?

André Giordan dans un entretien accordé au Café Pédagogique le souligne : « les savoirs aujourd’hui essentiels ne sont pas à l’école ». 

Quels sont ces savoirs essentiels ? Après Edgar Morin, André Giordan rappelle qu'il y a urgence à travailler sur l'acquisition en classe de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs.

1. Ce que l'on appelle la culture numérique n'est toujours pas l'objet d'apprentissage approfondi : rechercher, trier et critiquer l’information,y compris visuelle, cela peut s'apprendre avec des enseignants formés et conscients des enjeux !
2. Le droit est absent des contenus : sa connaissance est pourtant un facteur de réussite et de pouvoir essentiel dans le monde d'aujourd'hui.
3.La philosophie n'est abordée qu'en terminale alors qu'elle pourrait l'être dès les petites classes. De façon générale  les sciences humaines qui ont connu des avancées extraordinaires ces dernières années sont largement ignorées au collège et au lycée.
Plus que des disciplines, c'est de démarches transversales nourries par la sytémique (encore Edgar Morin !) dont nos enfants ont besoin.
4. Et n'oublions pas la rhétorique, aujourd'hui cantonnée aux études littéraires et à l'écrit, pour acquérir des compétences de communicateur, pour développer chez les élèves le goût de faire comprendre ce qu'ils ont à dire en séduisant.

 


  1. 1Esén, école supérieure de l'éducation nationale (France), chargée de la formation initiale et continue des cadres du ministère de l'éducation nationale et du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

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