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Publié le 24 novembre 2019 Mis à jour le 23 janvier 2020

L'intérêt des fonds d'investissement pour les études supérieures

Une approche plus axée sur la rentabilité que la philanthropie

L’enseignement supérieur demande beaucoup d’argent. Que ce soit pour les salaires, dans les bâtiments, les laboratoires, le travail de recherche ou les services aux étudiants, les coûts s’additionnent rapidement pour les facultés. Ainsi, cherchent-elles constamment des moyens de se renflouer. Certes, les frais de scolarité sont des revenus garantis chaque session mais ils ne suffisent pas à remplir toutes les obligations. Les investissements publics, quant à eux, se raréfient pour des questions idéologiques ou de déficits.

L’idée de financement privé fait de plus en plus son chemin. Déjà, il existe des recherches qui sont commandées par différents groupes de réflexion. Ce site libertarien propose que les étudiants soient évalués sur leur performance académique et qu’ainsi, à la fin de leurs études, un pourcentage de leur salaire soit retenu et redirigé vers l’université. Or, nous pouvons voir les problèmes poindre avec ce type de système. En effet, qu’arrive-t-il aux étudiants ne pouvant se trouver un emploi dans le domaine et verser 10 % de leurs gains à leur école? Sans compter que dans ce système, nulle part est-il précisé que les frais de scolarité disparaissent.

Les fonds d’investissement en sauveur?

Des groupes privés s’intéressent de plus en plus à l’éducation supérieure. Des fonds d’investissement offrent du financement pour les écoles privées françaises, particulièrement celles du commerce. Après tout, depuis la fin des années 90, les inscriptions ont fortement augmenté dans ce secteur. Nous parlons de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Dans certains cas, des groupes ont littéralement acheté des établissements.

Pour les fonds, il s’agit de revenus stables, qui ne demandent pas tant d’investissement et qui seront bons pour eux. En effet, combien d’étudiants sortiront directement de ces écoles pour venir travailler chez eux ? Le calcul demeure bénéfique sur toute la ligne pour eux. Ce phénomène ne se produit pas qu’en France. Les établissements d'affaires africains voient de plus en plus de fonds investir et acquérir des écoles dans l’Afrique francophone.

Quid du modèle d’enseignement supérieur?

Évidemment, cela soulève des questions importantes. Alors que même des écoles classiques de commerce s’intéressent et font alliance avec des investisseurs, ils essaient de conserver une place décisionnelle. Par exemple, l’EM de Lyon a gardé une minorité de blocage puisqu’ils se demandent si l’investisseur va bien maintenir les fonds pour développer la part académique. Ou voudront-ils plutôt augmenter la rentabilité en haussant le nombre d’étudiants et abaissant celui des professeurs?

Parce que ces fonds ne sont pas philanthropiques. L’idée est d’obtenir un retour sur investissement. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’ils s’intéressent uniquement aux écoles de commerce et non pas aux facultés de sciences humaines, d’éducation ou de santé. Ils ne semblent avoir aucun intérêt non plus pour financer la formation aux adultes qui permet, pourtant, à de nombreuses personnes d’accéder au marché de l’emploi et de faire rouler l’économie.

Certains y voient les signes du déclin et même de la fin du modèle d’enseignement supérieur français. Ainsi, les écoles privées de l’Hexagone vivront des fonds de ces groupes d’investissement qui pourront alors dicter les approches afin que les établissements soient plus rentables. Une réalité plus proche de celle vécue dans le monde anglo-saxon, particulièrement aux États-Unis. En soit, ce n’est pas un mal que des fonds privés s’intéressent à l’enseignement supérieur. Il aurait été toutefois plus constructif d'aider des universités, peu importe les facultés qu'elles possèdent, que simplement de potentiels employés.

Illustration : Mohamed Hassan - Pixabay

Références

Benhaddou, Aroun. « L’enseignement Supérieur Privé Fait Tourner La Tête Des Fonds. » Capital Finance. Dernière mise à jour : 21 novembre 2018.
https://capitalfinance.lesechos.fr/deals/nos-exclus/lenseignement-superieur-prive-fait-tourner-la-tete-des-fonds-149339

« Le Financement Privé De L’enseignement Supérieur. » Contrepoints. Dernière mise à jour : 1er novembre 2018.
https://www.contrepoints.org/2018/11/01/329232-le-financement-prive-de-lenseignement-superieur

Ouadia, Dahvia. « Les Fonds D’investissement Privés, Avenir Des écoles De Commerce ? » L’Etudiant. Dernière mise à jour :  25 septembre 2019.
https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/les-fonds-prives-avenir-des-ecoles-de-commerce.html

« Une Lame De “Fonds” Secoue L’enseignement Supérieur. » Sydologie. Dernière mise à jour :  29 janvier 2019.
http://sydologie.com/2019/01/une-lame-de-fonds-secoue-lenseignement-superieur/

Velluet, Quentin. « Business Schools Africaines : Pourquoi Les Fonds D’investissement S’y Intéressent ? » JeuneAfrique.com. Dernière mise à jour :  9 mai 2019.
https://www.jeuneafrique.com/emploi-formation/771700/business-schools-africaines-pourquoi-les-fonds-dinvestissement-sy-interessent/


Mots-clés: Business School Investissement Écoles De Commerce Afrique Enseignement Supérieur Enseignement privé Fonds France

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