Articles

Publié le 25 avril 2020 Mis à jour le 29 avril 2020

Collision des limites ordinaires et des virus

Épreuves vers un nouveau monde

Hier, j’étais libre de prendre l’avion, le train, le bateau selon le budget de mon porte monnaie. Aujourd’hui, j’habite en Suisse sur Vaud, je peux toujours bouger, sauf que depuis quelques semaines, 1ère limite, il n’y a plus d’avions, plus de bateaux et des trains toujours en fonctionnement mais vides.

Il n’y a plus non plus de courrier intercontinental.

Qu'est-ce que cela veut dire ? Et, bien, en fait que les administrations postales remplissaient des soutes des avions passagers avec le courrier. Pendant longtemps moi-même et d’autres nous sommes demandé comment les compagnies d’aviation pouvaient faire des prix aussi bas ? En fait, c’est surtout parce que les avions sont en bonne partie rentabilisés par le fret.

Mais, comme les avions sont collés au sol parce qu’ils n’ont pas de passagers, alors, il n’y a plus de fret bon marché utilisé par les services de poste du monde entier. Résultat, j’ai voulu envoyer des lettres en Afrique la semaine dernière, pour me faire dire à la Poste Suisse qu’il n’y a plus que des transports de courrier par camions à travers le monde sauf en passant par les opérateurs de type DHL, avec des prix élevés, voire inaccessibles.

“L'épidémie du nouveau coronavirus a entraîné la suspension de vols qui perturbe les opérations postales", a indiqué l'organisation internationale, rattachée à l'ONU et basée en Suisse, dans un communiqué transmis à l'AFP.

"L'UPU surveille attentivement la situation et travaille en étroite collaboration avec les opérateurs postaux pour surmonter ces difficultés", précise l'organisation.

Interrogé sur d'éventuels précédents en la matière, un porte-parole a évoqué les perturbations qui avaient fait suite à l'éruption d'un volcan en Islande en 2010. "Les implications ne sont pas juste d'ordre postal, mais d'ordre commercial", a ajouté ce porte-parole, soulignant le fait que les perturbations affectaient également les services de commerce en ligne.

La poste suisse est le dernier opérateur en date à avoir annoncé mercredi cesser de traiter le courrier à destination de la Chine. "Swiss Post est actuellement en mesure de ne mobiliser que le tiers des ressources nécessaires aux livraisons en Chine. Par conséquent, Swiss Post n'accepte plus de lettres ou de colis à destination de la Chine", a affirmé le groupe”.

Source : AFP - Le coronavirus impacte aussi les services postaux et le commerce en ligne
à travers le monde - 12/02/20 - https://www.levif.be/

 

Alors vive internet ! Sinon, je ne pouvais pas envoyer mes lettres et surtout sans internet, pas de télétravail possible, pas de business, pas de commandes de produits d’urgence pour lutter contre ce  virus. Mais, aux heures de pointe ou si vous habitez vers la Belgique autour de Saint Amand les Eaux ou au coeur de la Bretagne en France, vous êtes en bout de ligne et la connexion n’est pas très bonne, voire inexistante quand vous vous enfoncez dans la campagne.

Et, on demande aux gamins, aux travailleurs de se connecter sur internet. Mais ce n’est pas toujours simple ou alors, il faut rester dans sa chambre d’étudiant à Lille pour avoir du réseau si on en a une : 2ème limite.

Vivement que Elon Musk finisse de déployer ses satellites, car je ne vous parle pas des régions du Sahel. Bon, vous me direz, ce sont des régions où l’école est défaillante, cela ne changera pas grand chose là-bas.

“La fameuse "bande passante", c'est-à-dire la taille des tuyaux d’Internet et des réseaux de communication, sera-t-elle suffisante pour encaisser les pics de trafic constatés depuis ce lundi 16 mars ? Oui, selon les opérateurs télécoms. Si le trafic internet global explose en Europe, il n’y a pas pour autant de risque de blackout, affirme la Fédération française des télécommunications. Des milliers de techniciens et ingénieurs sont d’ailleurs à pied d’œuvre depuis ce week-end pour adapter les ressources, aussi bien fixes que mobiles, à la surutilisation.

Ralentir Netflix au profit du télétravail ?
Les outils de télétravail tels que les messageries ou les plateformes de travail collaboratif ne sont pas grandes consommatrices de ressources. La visioconférence, en revanche, l’est beaucoup plus. A cela risque de s’ajouter l’usage intensif des services de divertissement, comme Netflix, YouTube ou les jeux vidéo en ligne. Dans ces conditions, les opérateurs pourraient-ils limiter l’utilisation des services "moins prioritaires" afin de garantir le télétravail ? Cela est techniquement possible mais pas à l’ordre du jour, toujours selon la Fédération française des télécoms. Au passage, cela entrerait en contradiction avec le sacro-saint principe de neutralité du Net, qui veut que l’on ne fasse pas de distinguo parmi les contenus qui circulent sur les réseaux”.

Source : Internet sous pression à cause du coronavirus
par Jérôme Colombain - 27/04/2020 - https://www.francetvinfo.fr


“Conf-calls à répétition, corvées et tâches ménagères décuplées sur fond d’une télé continuellement branchée sur BFM TV, nouveau job d’institutrice unilatéralement attribué par le gouvernement, le tout dans un espace ne dépassant parfois pas les 50m2 : s’il n’est pas vécu en tennis Bensimon et pull sur les épaules sur l'île d’Oléron, le confinement imposé par la pandémie peut rapidement prendre des allures de film catastrophe, façon The Handmaid Tales croisé à Un jour sans fin. Et on exagère à peine. "La surcharge affective nous guette, c’est-à-dire l’accumulation potentiellement trop lourde de pensées, d’émotions et de sentiments qui nous impliquent directement dans nos relations avec nous-mêmes et avec les autres", écrit le docteur en psychologie et auteur Saverio Tomasella, dans une note dédiée au sujet1.
 
Quand ce n’est pas votre propre famille qui vous rend littéralement dingue, cela peut être vos voisins - dont le bruit, couplé à votre propre solitude, ennui et frustration - peut sérieusement endommager votre santé mentale.”

Source : Peut-on faire un burn-out en confinement ? - Par Alexandra Pizzuto - 25/03/2020
https://www.marieclaire.fr/burn-out-confinement-coronavirus


Que s’est-il passé depuis janvier 2020 ? Un virus, un ennemi microscopique est passé par là. Au départ, on nous a dit qu’il était en Chine, après qu’il n’était pas trop méchant, juste très rapide, puis, les gens sont tombés malades et là, dans certains pays, les hôpitaux ont commencé à saturer car tout était déjà en flux tendu et gouverné par la rentabilité avec le minimum vital de personnel. C’est la 3ème limite.

« Les hôpitaux, les maisons de retraites, les services de soins à la personne sont pressurés depuis plusieurs années. Des gens qui ont fait des études pour servir les personnes, pour soigner les malades à qui depuis des années l'administration demande de faire pleins de paperasses, de calculer leurs rentabilités et qui pour beaucoup finissent en burnout et là, on leur ajoute la pandémie sur les bras. 

Ils sont les premiers exposés à l'épidémie de coronavirus. Le quotidien  des soignants a été bouleversé depuis le début de la crise sanitaire.  Alors que la situation en France s'aggrave de jour en jour, combien de  temps pourront-ils tenir ?

Le coronavirus met à l'épreuve la santé mentale des soignants
Depuis le début de l'épidémie du coronavirus Covid-19, les soignants sont en première ligne. Alors que le pic est attendu dans quelques jours, le personnel de santé réclame aujourd'hui plus de matériel (des masques, des gants, des lunettes, des blouses, etc.) mais surtout demande aux Français de rester chez eux et de respecter le confinement afin d'éviter une surcharge des services et un manque de lits. Tous  soulèvent des conditions d'exercice de plus en plus difficiles et estiment qu'ils sont en danger, qu'ils peuvent se contaminer si des mesures ne sont pas prises rapidement. Autant de facteurs qui risquent de déclencher chez certains des épuisements, des burn-outs.”

Source : Coronavirus Covid-19 : “Les décès sont trop nombreux”
Quand les soignants ont besoin de soutien psychologique
A.S.G - ASSISTANT DE SOINS EN GÉRONTOLOGIE - LUNDI 23 MARS 2020
https://www.facebook.com/notes/

Certains ont quitté le métier depuis longtemps et d’autres sont assommés, car, ils pensaient sauver le monde à leur échelle et dans beaucoup de cas, on leur demande de faire tri entre ceux que l’on va sauver et ceux que l’on va laisser mourir parce qu’il n’y a pas assez de personnel soignant, ni de matériel. Et, en plus, dans certains cas, ils vont devoir soit regarder les gens mourir, soit utiliser une médication pour accélérer leur mort en douceur.

C’est pas pour devenir des faucheurs qu’ils ont fait leurs études, qu'ils ont choisi leur métier. Ça va faire de gros dégâts psychologiques dans leurs vies, mais aussi dans celles des familles des victimes. La 4ème limite, c’est endurance des gens face à la crise, face à leur réalité personnelle et à leurs valeurs malmenées.

“Pour les personnes en fin de vie qui émettent le souhait de mourir chez elles plutôt qu’en établissement hospitalier, le ministère de la Santé a d’ailleurs annoncé en début d’année qu’il allait mettre à disposition des pharmacies d’officine, pour les médecins de ville, le Midazolam injectable, « médicament de première intention pour la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès », décrit le Vidal. Il ne peut pour l’instant être délivré que par les médecins et pharmacies hospitalières.
Si le Rivotril lui a été préféré dans le cadre du Covid-19, c’est parce qu’il y a une « tension » sur l’approvisionnement en Midazolam, rapportent Franck Roussel et Jérôme Robillard.
Pour ce dernier, « il va effectivement y avoir une surmortalité chez les personnes âgées à cause du Covid-19 (elles sont plus fragiles et auront moins accès aux services de réanimation). Mais cette surmortalité sera due à la maladie, pas à une vague d’euthanasie. »”

Source : Coronavirus: le Rivotril et l’amalgame entre soins palliatifs et euthanasie
Cécile Rubichon - 04/04/2020 - https://www.lavoixdunord.fr/

 Déjà, l’arrivée des greffes d’organes avait changé la vision du métier aux urgences. Soigner quelqu’un jusqu’au bout ou choisir de ne pas le soigner pour permettre à dix autres personnes de survivre avec ses organes. C’est une réalité quotidienne déjà depuis quelques années et je ne parle pas des trafics d’organes dans les populations pauvres avec participations volontaires ou non. Le rapport à la valeur de la vie humaine avait déjà changé, mais il devient encore plus sensible et douloureux avec ce virus.

Déjà, priorité aux jeunes, qui a dit qu’un jeune a plus de valeur qu’un ancien ? Il y a des vieux qui ne sont pas très sociaux, mais il y a des jeunes qui sont encore pire. À la limite, je préférerais que ce soit évalué sur un système du style des médias sociaux chinois qui évaluent la place d’une personne dans la société.

5ème limite, l’impossibilité de faire des choix cohérents pour savoir qui aura droit au précieux respirateur. C’est un débat philosophique fondamental auquel personne ne peut aujourd’hui donner de réponse juste.

“Qui sauver ? Qui laisser mourir ? Face au coronavirus et au Covid-19, l’une des pandémies les plus importantes du XXIe siècle, de nombreux médecins chinois, européens ou américains racontent comment ils ont dû choisir entre plusieurs patients.

Pour guider les médecins, des protocoles émergent. Chacun avec ses objectifs et ses limites : doit-on privilégier les premières arrivées à l’hôpital ? Les personnes les plus jeunes ? Ou encore celles qui ont la plus grande probabilité de survivre ?
« Le Monde » s’est penché sur ce débat éthique hautement sensible et plus que jamais d’actualité.”

VOIR LA VIDEO DE L’ARTICLE 


Source : Coronavirus : qui faut-il sauver quand on ne peut pas soigner tout le monde ?
Par Asia Balluffier - 17/04/2020 - https://www.lemonde.fr/sante

 

Après, la 6ème limite est celle de notre planète. Plus d’avion donne un ciel clair et pur, plus d’activité terrestre donne moins d’activités sismiques, car plus personnes sur les route et dans les villes. Les abeilles n’ont jamais donné autant de miel et la vie sauvage reprend ses droits en ville. Plus de transports de fruits et légumes, les occidentaux redécouvrent le commerce de proximité et le producteur local.

Par contre, le confinement va créer une famine majeure dans les pays en voie de développement car les terres ne sont pas cultivées en temps et en heure. D’ici 3 à 4 mois, il y aura pénurie et seuls ceux qui pourront payer seront nourris. Il y aura peut-être aussi spéculation sur les denrées. Il peut en résulter des guerres civiles et au final avec le virus, moins de gens sur la terre.

“Depuis le confinement en France, les villes sont de manière générale plus silencieuses et les oiseaux se font de nouveaux entendre, mais ce ne sont pas les seuls : la Terre, elle aussi, se fait mieux entendre. En effet, avec la réduction des activités humaines, l'activité sismique a diminué. Une aubaine pour les sismologues.

Un peu partout dans les grandes villes confinées, les habitants redécouvrent le calme des rues sans trafic, moins de bruit ambiant, mais aussi moins de bruit sismique.  « L’activité humaine, c’est-à-dire le trafic ferroviaire, le trafic automobile, génère des vibrations du sol et que l'on enregistre en continu à l’ensemble de nos capteurs, explique Jérôme Vergne, qui travaille à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP). Depuis le confinement, la baisse de l’activité humaine se traduit par une diminution des amplitudes du mouvement du sol observées à chacun de nos capteurs, elle va même parfois jusqu’à plus de 40 ou 50% dans les centres-villes. »
Une baisse du bruit de fond similaire à une période de vacances qui pourrait se révéler utile dans certains cas.

« Je pense en particulier à un essaim de séisme quasiment sous la ville de Strasbourg depuis mi-novembre 2019 qui est peut-être lié à l’activité de géothermie profonde au nord de Strasbourg, poursuit le chercheur. On avait installé tout un ensemble de capteurs sismologiques qui étaient de très faible qualité avec beaucoup de bruit à cause de cette activité humaine. Oui, le confinement pourrait nettement mieux nous aider à comprendre les processus en cours à trois, quatre kilomètres sous cette ville. »”

Source : Coronavirus: avec les mesures de confinement, l'activité sismique a diminué
12/04/2020 - http://www.rfi.fr/fr/science


“En Italie, plusieurs phénomènes ont été observés. Dans le port de Cagliari en Sardaigne, l'activité est à l'arrêt. Les bateaux de tourisme et de plaisance sont immobiles. Conséquence, les dauphins sauvages ont pénétré dans le port, jusqu'au bord de l'eau, pour saluer les passants.
Dans la ville très touristique de Venise, ce confinement a aussi un impact environnemental positif. Les habitants ont vu en quelques jours la couleur de l'eau s'éclaircir en raison de l'absence de trafic, et les poissons revenir dans les canaux.
A Milan, un cygne s'est même aventuré jusqu'en centre-ville. En Espagne à Barcelone, les sangliers profitent du confinement total pour se promener en ville”.

Source : La nature reprend ses droits avec le confinement dû au Coronavirus
Par Loïse Delacotte - 20/03/2020 - https://www.cosmopolitan.fr/


Si je récapitule ces limites touchent à notre liberté en particulier de déplacement, à notre droit à la communication internet, à notre confort financier et psychologique, à la valeur de notre vie humaine, à l’éthique et aux limitations de notre planète.

Et, toutes ces limites sont bouleversées par la pandémie. Il y a eu un monde de l’avant qui est transformé par cette crise et il y aura celui de demain à construire ou à réparer selon les histoires de vie mais pas de retour en arrière possible. 

 Source Image : Pixabay Engin_Akyurt


Mots-clés: Vie Nature Finances Valeurs Limites bien-être Planète Coronavirus Déplacement Internet Ethique

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

  • Les cours
  • Les ressources d’apprentissage
  • Le dossier de la semaine
  • Les événements
  • Les technologies

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner à l'infolettre


Effectuez une demande d'extrait d'acte de naissance en ligne !


Ajouter à mes listes de lecture


Créer une liste de lecture

Recevez nos nouvelles par courriel

Chaque jour, restez informé sur l’apprentissage numérique sous toutes ses formes. Des idées et des ressources intéressantes. Profitez-en, c’est gratuit !