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Publié le 22 mai 2020 Mis à jour le 19 octobre 2020

Intégrer l'approche orientante à son enseignement - en détail.

Ne plus subir l'orientation mais savoir devenir dans un monde incertain

Quand je serai grand, je serai...

"L’orientation au vingt-et-unième siècle veut donc se centrer sur l’individu et le rendre capable de choisir de façon autonome et réfléchie sa formation et sa profession. Elle veut également donner à chacun la possibilité de se réorienter, et ce dans une vision de développement tout au long de la vie." (Canzittu & Demeuse)

Maël, jeune lycéen de 1ère a un rêve: devenir pilote. Une passion née depuis sa tendre enfance lorsqu’il a mis les pieds pour la première fois dans un aéroport. Depuis, avions miniatures, billets d’avions, produits dérivés font partie de sa collection sans oublier les artefacts numériques tels les applis, horaires des vols et identification lors du passage des avions. Une passion conduisant en quelque sorte chez ce jeune à de l’auto-formation informelle sur son projet d’avenir puisque cela lui a également amené à s'approprier l'histoire de l'aviation, des grands aéroports du monde entier.

Pourtant quand on le questionne sur l’accompagnement effectué au lycée, il rétorque que ces questions d’orientation ne sont pas vraiment abordées en cours mis à part quelques liens effectués de temps à autre dans certaines matières. L’orientation, toujours rabattue au rôle du conseiller d’orientation aujourd’hui devenu psychologue de l’éducation? Malgré cela, Maël bénéficie du fait d'avoir une vocation précoce signe très positif d'un parcours linéaire caractérisant l'élève trouvant facilement sa voie (Unaf).

Émeline, quant à elle, élève scolarisée en Terminale littéraire est plutôt indécise. Quand on l’interroge, c’est plutôt le fait qu’elle est intéressée par beaucoup de filières de poursuite comme les langues, la philosophie ou encore l’histoire qui justifient selon elle cette difficulté à faire un choix. Une caractéristique de la multipotentialité et du niveau qui se retrouvent dans le parcours d'orientation éclectique (Unaf). Quant aux rencontres avec la conseillère d’orientation, elle affirme que cela ne lui a pas vraiment aidé. De surcroît, malgré le forum des métiers auquel elle a assisté ainsi que les quelques bonds vagues de sa prof principale sur l’intérêt de quelques concepts abordés en cours de philo, elle affirme que rares ont été les interventions faisant le lien entre l’école et le monde du travail. Quant aux séances avec la conseillère, elle répond, que cela ne l’a pas vraiment aidé. 

L'orientation est un processus complexe qui englobe à la fois des facteurs exogènes (transformation sociétale, emploi, métiers), des facteurs endogènes  (stéréotypes, influence du milieu social, de l'orientation initiale) ainsi que la prolifération des choix, de l'information, des acteurs selon C. Catoir.

L’orientation démarre dès la plus tendre enfance (C. Loiseau).  Pourtant, tous ne sont pas comme Maël ou encore Emeline. En effet, que dire de tous ces élèves qui n’ont absolument aucune idée de ce qu’ils veulent faire plus tard et qui pour bon nombre d’entre eux se tourneront vers une voie qui leur convient peu ou pas du tout?  Pour Pelletier, Beaudoin et Gingras l’absence de vocation renvoie chez un grand nombre de jeunes à un sentiment d’efficacité personnelle peu ou pas développé mais elle peut aussi avoir d’autres explications.

Changement de paradigme

La crise sanitaire en cours aura-t-elle fait naître de nouveaux désirs d’orientation vers certains métiers du sanitaire, de l’entraide , des services à domicile ou encore l’entrepreneuriat?

L’étudiant de 1970 se posait la question du métier, celui des années 2000, pense « employabilité » (Carré, 2005), et bientôt il pensera « orientabilité » (Quiesse-Ferré-Rufino cité par D. Canzittu).

L’approche orientante positionne l’élève comme acteur dans le processus de construction de son parcours en lui dotant des compétences nécessaires pour effectuer les choix qui devront s’opérer. Du statut d’orienté, il s’agit à présent de passer au statut d’orienteur.

Au delà des savoirs, des savoirs-faire et du savoir-être, le savoir devenir devient une compétence clé dans un monde en perpétuelle fluctuation, un monde incertain dans lequel l’orienteur formé dans le monde d’hier oriente l’élève pour un monde de demain avec des métiers nouveaux, des métiers qui n’existent pas encore. Se projeter est essentiel, certes mais il faut penser davantage le savoir agir ici et maintenant car l’élève, est un individu en construction identitaire.

L’orientabilité ou compétence orientationnelle devient la clé de voûte des apprentissages (Ferré, Quiesse)) dans un monde en perpétuel changement.

Par conséquent, savoir devenir s’apprend, et l’élève doit apprendre à développer des compétences tout au long de son parcours depuis sa formation initiale jusqu’au secondaire et ultérieurement. L’approche orientante est indissociable de celui de l’apprenance ( Ferre, Quisece) qui positionne le savoir apprendre comme un "ensemble stable de dispositions affectives, cognitives et conatives, favorables à l'acte d'apprendre, dans toutes les situations formelles ou informelles, de façon expérientielle ou didactique, autodirigée ou non, intentionnelle ou fortuite."(P. Carré)

L’approche orientante se situe au carrefour des théories du développement de l’individu, des théories de la motivation ainsi que la théorie de développement de carrière.

Il ne s’agit pas "de conduire les apprenants vers des métiers qui leur sont adaptés, mais bien de leur permettre de se développer en toute connaissance de cause" (Canzittu, Demeuse). Ainsi, l’approche orientante vise à développer des compétences relatives à :

  • la connaissance de soi,
  • l’exploration du monde scolaire et du monde du travail,
  • la recherche et l’utilisation des sources d’information et d’orientation scolaires et professionnelles,
  • la prise de décision et à la transition.

Définition & principes de l’approche orientante

Une approche orientante est en fait une démarche concertée entre une équipe-école et ses partenaires, dans le cadre de laquelle on fixe des objectifs et met en place des services (individuels et collectifs), des outils et des activités pédagogiques visant à accompagner l’élève dans le développement de son identité et dans son cheminement vocationnel. Il s’agit donc d’activités et de services intégrés au plan de réussite et au projet éducatif d’un établissement et non d’un simple cumul d’actions isolées engageant peu l’équipe-école. (Ministère de l’éducation du Québec).

L’approche orientante est basée sur les principes d’infusion, de collaboration et de mobilisation, les trois fonctionnant de manière simultanée et de manière non-linéaire. Autrement dit, le principe de mobilisation peut laisser la place à celui de l’infusion selon la situation, le contexte ainsi que le cheminement effectué par l’élève ainsi que les réajustements durant son parcours.



  • Le principe d'infusion

Selon D. Pelletier, l’infusion vise à contextualiser les enseignements effectués en classe. L’infusion vise principalement deux objectifs : celui de contextualiser les enseignements et celui de contribuer à la motivation de l’apprenant. En effet, le lien tissé entre le monde professionnel et l’enseignement reçu permet de donner du sens à l’apprentissage de l’élève. Ce faisant, l’apprenant perçoit mieux les liens entre ce qui est enseigné et les applications dans le monde du travail. Cette liaison école-travail a également pour effet d’accroître sa motivation et sa motivation à apprendre.

  • Le principe de collaboration

Ce principe ne peut s’appliquer sans que les matières ne soient elles-même infusées et imprégnées du monde professionnel.Les enseignants sont de ce fait les « premiers et essentiels collaborateurs ». Par ailleurs, le principe de collaboration requiert la concertation de l’ensemble des acteurs de l’éducation (conseillers d’orientation, conseillers pédagogiques, chefs d’établissements,), des parents autour de l’acteur clé, c’est-à-dire l’enseignant. En ce sens, « l’école orientante est aussi concertante ».

  • Le principe de mobilisation
"Une des priorités les plus importantes de l’approche orientante est d’accroître la motivation scolaire des jeunes et de développer leur estime de soi." (T. Karsenti)

Un élève non motivé, ni intéressé rendrait sans effet l’approche orientante. Par conséquent, le principe de mobilisation suppose de susciter la motivation chez l’apprenant et l’investissement personnel dans son propre projet professionnel. Pour ce faire, l’activité motivée doit intégrer les composantes liées au pouvoir personnel, au besoin de réussite ainsi qu’à la perspective temporelle. Il implique de ce fait de faire développer chez ce dernier des compétences à construire son projet tout au long de son parcours depuis la phase initiale jusqu’au secondaire voire ultérieurement. En se projetant sur le long terme, l’élève apprend davantage à construire son orientation et moins la subir.

Pour susciter et accroître la motivation scolaire des jeunes, T. Karsenti a recensé un ensemble de 32 stratégies basées sur la théorie de la motivation(Deci & Ryan): des activités avec des choix effectués par les élèves, qui leur permettent de vivre des succès, de sentir qu'ils font partie d'un groupe, qui développent leur esprit critique ou encore des activités présentées de façon attrayante, qui font du lien entre l'école et leurs rêves professionnelles, avec des défis, etc. Le numérique n'est pas également en laisse puisqu'il permet également de favoriser leur motivation par le recours à l'usage d'Internet en classe ainsi que l'utilisation de technologies mobiles tels que tablettes ou encore les téléphones intelligents.

Déterminants de choix d’orientation, de métiers

Stéréotypes de genres, des résultats scolaires, de l’environnement , du milieu social dans lequel évolue l’individu notamment le niveau socio-économique, la culture de l’école, la réputation de l’établissement et de l’image qu’il véhicule, les médias sont autant de critères de choix d’orientation de l’élève scolarisé en premier cycle de l’enseignement.

Les études menées par D. Canzittu auprès d’un panel d’élèves scolarisés en primaire dans la province de Hainaut (Belgique) mettent en exergue une certaine connaissance par rapport à un ou deux choix d’idées de métiers chez les élèves scolarisés en primaire. Les résultats font ressortir par exemple un taux de

  • 80,2% d'interrogés ayant déjà une idée de métier
  • 19% n'ayant aucune idée de métier
  • 2% sans réponse

On note également  une prépondérance pour des catégories de métiers dites « féminins » chez les filles notamment les métiers du social, d’assistance, d’aide, littéraires alors que l’on retrouve des métiers dits masculins en prépondérance chez les garçons (mécanicien, médecin, ingénieur, pompier, etc.). Autre constat, une tendance pour des professions dites « intellectuelles », intermédiaires de l’industrie ainsi qu’artistiques ressort de l’enquête.

Ces orientations genrées restent dans le même ordre d'idée en premier cycle du secondaire. En effet, le rapport S'orienter aujourd'hui du Lab'Ho ( 2019) met en exergue des vœux orientés par le sexe:

  • 50% des réponses des filles (« santé», «enfance» et «métiers de la mode-esthétique»)
  • 30% des réponses des garçons (« informatique ou jeux vidéo» «automobile, aviation et espace» et « santé»)

Comprendre les biais qui bloquent l’orientation

De nombreuses études font état d’un écart considérable entre les attentes et aspirations de vie de l’ancien élève et le poste qu'il occupe. De même, l’injonction parentale à orienter de manière biaisée leur progéniture agit également contre ce qui stimule et passionne l’élève et plus tard l’adulte dans ses convictions et choix de vie.

De surcroît,   le nombre de reconversions professionnelles chez les adultes vient corroborer le non-alignement entre les désirs et le travail effectué . En effet, l’élan pour la quête du bonheur au travail et des métiers plus porteurs de sens démontrent la route parfois désorientée de l’orientation telle qu’elle est encore entreprise dans son ensemble. Les études de la quête du bonheur au travail font également état d’un sentiment de mal être grandissant chez un grand nombre de travailleurs conduisant au burn-out (épuisement professionnel) ou encore au bore-out (ennui au travail).

L’approche orientante permet une meilleure connaissance de soi, de ses compétences à mobiliser, de ses choix de vie en alignement avec la personnalité. De ce fait, l’élève en construction identitaire en démarche orientante est plus à même de faire des choix plus pertinents, moins biaisés , qui lui correspondent et qui contribuent au développement de son bien-être.

Éviter les pièges de l’orientation en étant conscient des biais qui dictent les choix de l’orienteur permet d’atteindre cet objectif et de contrer l’orientation désorientée. Il s’agit par exemple aussi bien pour l’enseignant que les parents d’être conscients de leurs biais et de l’influence sur les choix d’orientation de leurs élèves ou leurs enfants.Ces biais sont nombreux; voici trois biais majeurs :

  • Faible sentiment d’efficacité personnelle

Au cœur du processus d’orientation, le développement du sentiment d’efficacité personnelle devient crucial chez l’élève. Le sentiment d’efficacité se définit comme la croyance à être capable d’atteindre le but d’une action visée (A. Banduras) . Il se développe sur la base de quatre sources d’information: les expériences actives de maîtrise, l’apprentissage social, la persuasion par autrui et l’état physiologique et émotionnel.

Autrement dit, un sentiment d’efficacité peu ou pas développé peut enfreindre le projet d’un élève même si ce dernier a les aptitudes pour réussir la tâche donnée car il sera vite découragé et aura beaucoup plus de difficultés à surmonter ses échecs. A contrario, un individu ayant un fort sentiment d’efficacité sera amené à persévérer malgré un échec. De surcroît, les difficultés seront plutôt perçues pour lui comme des défis à surmonter.

Le sentiment d'efficacité personnelle joue un rôle crucial dans la réussite scolaire des élèves au travers de son impact sur le développement des compétences cognitives des élèves.

  • le biais de genre  

Malgré la lutte contre les stéréotypes de genres, de fortes inégalités persistent et la féminisation des métiers et des filières bien qu’ayant progressé, doit encore être améliorée . L'identité genrée reste encore trop ancrée dans les choix d'orientation, ce qui explique qu'une fille présente beaucoup moins d'intérêt qu'un garçon pour les disciplines scientifiques et a un sentiment d'efficacité personnelle faible concernant ces disciplines (Duru-Bellat) .

S’en sortir implique la prise en compte de ces stéréotypes dès le plus jeune âge, de préférence dès  la maternelle. Des exemples de faire venir des femmes informaticiennes, ingénieures, maçonne, peut dans une certaine mesure contribuer à faire se projeter les filles dans des métiers genrés masculins. Pour les jeunes filles, l’image physique véhiculée par les médias est aussi importante car la jeune fille qui se projette dans un métier se projette aussi dans une vie en tant que femme. Par exemple, l’ image  stéréotypée (exemple de femme ingénieures sur un chantier en bleu de travail et casque) est préjudiciable selon M. S. Pawlak. Un point de vue qui contredit avec celui de F. Vouillot pour qui il s’agit davantage de "subvertir la question du féminin et du féminin" car, c’est pour cela, selon elle, que certaines filières se voient encore trop peu fréquentées par les filles. Les écoles inscrites au projet d’égalisation fllles-garçons développent des pédagogies autour de l’égalité en bordant la question de l’égalité au sein même de leurs matières et donnent ainsi beaucoup plus d’aisance pour les filles d’aller vers certaines filières. 

  • le milieu social d'origine : attention aux stéréotypes !

L'orientation est socialement et inégalement distribuée. Les élèves issus de milieux défavorisés ont des vœux moins ambitieux malgré leurs très bon résultats scolaires. Les parents ainsi que les enseignants sont parfois biaisés par la classe sociale dans l'accompagnement du projet d'orientation de l'élève, ce qui réduit par conséquent sa marge de manœuvre et ses aspirations.

L’élève qui doit opérer des choix de poursuite dans son cursus scolaire est orienté tout au long de son parcours. Cette orientation s'opère dès la formation initiale. Nombreuses recherches ont mis en exergue le rôle prépondérant des parents dans le choix de l’orientation, ce qui n’est pas très surprenant mais qui toutefois laisse flotter le peu de sollicitations des enseignants dans l’orientation de l’élève alors que ces derniers doivent jouer un rôle prépondérant. Par exemple, dans une enquête menée par D. Canzittu auprès d’élèves scolarisés en primaire et secondaire, les résultats ont mis en exergue montré le peu de sollicitations chez ces derniers.

Mise en œuvre de l'approche orientante : conditions et rôles des acteurs

Mettre en œuvre une approche orientante n’est pas l’affaire d’un enseignant hyper motivé qui travaille seul dans son coin. Cela suppose la mise en commun d’un réseau de partenaires (communes, entreprises, associations), de parents d’élèves, d’enseignants, d’établissements œuvrant ensemble pour la construction du projet d’orientation de l’élève. Des conditions favorables à son implantation sont donc nécessaires.




Dans sa thèse Vers une école réellement orientante, Penser l'orientation scolaire à l'aube du 21ème siècle, Damien Canzittu, propose quelques pistes dans l’implantation d’une approche orientante au sein d’un établissement selon le rôle et le statut de chacun des acteurs de l’écosystème éducatif. On les déclinera ici en trois niveaux : macro, meso et micro.

Niveau macro - Collaboration

Ce niveau renvoie au principe de collaboration entre différents acteurs oeuvrant ensemble au projet d’école orientante. Il intègre également le concept d’école concertante, caractéristique de l’approche orientante. Pour ce faire, le travail collectif de plusieurs membres de l’écosystème éducatif est de mise.

On y retrouve les instances publiques qui s’assurent de l’inscription des politiques d’orientation et des réformes.De même, la formation de l'ensemble des acteurs doit également être intégrée dans le cadre du projet d'école orientante. 

Niveau meso - Collaboration

Le chef d’établissement agit en véritable moteur du projet. Son appui, son influence et ses habiletés de leader sont déterminants afin de faire adhérer l’ensemble de l’équipe au projet d’école orientante. C’est également lui qui va insuffler la motivation au sein de l'équipe-école et l'inspirer.

Un coordinateur chef de projet œuvre en tant que personne ressource après des enseignants. Il est le lien entre la direction et les enseignants. Par exemple, il peut s’agir pour lui de recueillir par les besoins de ces derniers.

Le/la conseille(è)r(e) pédagogique forme les enseignants, accompagne la démarche orientante et s’assure de la bonne mise en œuvre du projet. Il œuvre avec les autres collaborateurs du projet : enseignants, conseille(è)re d’orientation, chef d’établissement, parents.

Le/la conseille(è)re d'orientation est la personne experte de l’orientation. Il/elle a un rôle de diffuseur(se) d’information, de formateur auprès des enseignants ainsi que de personne ressource comme par exemple en ce qui concerne l’orientation et le marché du travail.

Niveau Meso - Infusion

Ce niveau concerne le principe d’infusion. Il s’agit principalement pour les enseignants d’axer leurs actions autour de projets sur lesquels les élèves devront travailler. Ils peuvent aussi collaborer avec d’autres collègues enseignants et amener ainsi de l’interdisciplinarité dans les matières infusées.

Niveau Micro - Mobilisation

Il s’agit ici de mettre en œuvre le principe de mobilisation qui, rappelons-le, implique un investissement de l’élève dans la construction de son projet d’orientation.Il s'agit pour lui de devenir un sujet autonome.

Comment enseigner de manière orientante?

La pédagogie orientante a été mise en place dans certaines écoles québécoises depuis plus d’un quart de siècle. Son infusion en Europe sous divers appellations comme l’orientation active en France avec le Parcours Avenir reste encore du domaine du discours politique et donc très théorique pour beaucoup.

L’intégration de l’approche orientante pour les enseignants vise à proposer aux élèves des activités d’exploration professionnelle. Ces activités ont pour objectif de développer chez l’élève une meilleure connaissance du marché du travail, de ses réalités, des professions et des formations pour y accéder. Pour que l’approche soit réellement efficace et constructrice, l’infusion doit être intégrée très tôt dans le parcours scolaire de l’élève, si possible dès l’école maternelle.

Être un enseignant orientant implique une préparation ainsi qu’une méthodologie adéquate.

Pour exemples, voici quelques activités à intégrer dans les disciplines. Il va de soi qu’elles sont à ajuster selon la matière enseignée, le niveau de l’élève.

  • activités de connaissance de soi en lien avec le métier désiré: identité, ses intérêts, personnalité
  • activités autour de l’intérêt du domaine visé
  • activités d’exploration de documentation (support papier ou numérique)
  • activités de mise en situation qui vise à faire projeter l’élève dans la tâche
  • activités sur les qualités requises, déjà acquises
  • stage qui visent de conforter l’élève dans ses attentes, perceptions du métier, les réalités du métier

Catherine Loisy préconise le recours au portfolio numérique dans le projet d’orientation de l’élève car selon elle, les « outils numériques peuvent faciliter la collecte, la mise en forme et l’organisation de traces tangibles sur le projet d’orientation et leur partage ». De même, il s’agit là, d’un outil qui leur sert d’appui dans leurs activités de réflexivité. L’activité a par exemple permis de travailler sur l’identité via le recours à une application numérique ou encore le concept de soi en lettres classique autour de trois questions : « qui je suis ; ce que j’aimerais devenir ; ce que je sais faire ». Également, le projet d’expérimentation a servi à travailler sur l’identité numérique impliquant à la fois un professeur d’arts plastiques et un photographe. Les activités ont toutes été conduites selon un processus réflexif.

D’autres exemples d’activités orientantes :

Le Recueil des bonnes pratiques orientantes rassemble une vingtaines d’activités destinées au primaire et au secondaire. Les dimensions orientantes travaillées sont axées sur la connaissance de soi, du monde scolaire et du monde du travail, la prise de décision.

Autre support très intéressant : L’exploration professionnelle au primaire Un outil pour la réussite a le fort intérêt de proposer un modèle pour l’intégration de l’exploration professionnelle au niveau de l’enseignement primaire. De même, un ensemble de stratégies et d’activités d’explorations sont proposées.

Illustrations : Photo: Mael B.Thémyr et Sabrina Budel via Canva

Références :

Vers une école réellement orientante Penser l’orientation scolaire à l’aube du 21e siècle (Damien Canzittu )
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02280760/document

Approche orientante et apprenance : nouveau paradigme de l’orientation scolaire et professionnelle (Ferre, Quiesse)
https://www.apprendreetsorienter.org/2017/10/29/le-nouveau-paradigme-de-lorientation-approche-orientante-et-apprenance/

École et orientation- L’approche orientante( D. Pelletier, L. Houde)
http://www.cef.cfwb.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=5e0c05f6a82537f1bd5c13530348f33388601ba0&file=fileadmin/sites/cef/upload/cef_super_editor/cef_editor/Publications/Actes/CEF_Actes_2006_03_07.pdf

S’orienter aujourd’hui : Décryptage, Dynamiques et Enjeux
https://www.groupe-adecco.fr/wp-content/uploads/2019/09/etude-sorienter-aujourdhui.pdf

Orientation scolaire, peut-on sortir des biais de genre ? (France Culture)
https://www.franceculture.fr/emissions/etre-et-savoir/orientation-scolaire-peut-sortir-des-biais-de-ge

Justice sociale et orientation scolaire : l’éclairage de l’approche par les « capabilités » d’Amartya Sen (F. Picard, N. Olympio, J. Masdonati ,M. Bangali)
https://journals.openedition.org/osp/4515

32 stratégies pour agir sur la motivation scolaire des jeunes (T. Karsenti)
http://www.karsenti.ca/32motiv.pdf

Accompagnement du projet d’orientation de l’élève et numérique. De nouvelles situations d’apprentissage pour les élèves (Catherine Loisy)
https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2017-2-page-121.htm

Conférence Comment les enseignants peuvent s’emparer de l’orientation dans leur enseignements (C. Loisy)
https://www.youtube.com/watch?v=yJliGrqMiB4

Conférence de C. Loisy https://www.youtube.com/watch?v=qc5c1p_oPiQ

Recueil des bonnes pratiques orientantes  - https://www.aqisep.qc.ca/ao/Recueil_web3.pd

L’exploration professionnelle au primaire -Un outil pour la réussite
http://gpsao.recherche.usherbrooke.ca/documents/meq/Franco.pdf


Mots-clés: Profession Destination: Emplois, Carrières, Stages Approche orientante Orientation

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