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Téluq et UQAM : changement d’attitude.

Par Thot , le 02 mars 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 03 mars 2009

À l’UQAM (Université du Québec à Montréal, 40 000 étudiants) et à la Téluq (Télé-Université, 20 000 étudiants), on s’entend sur le fait que :

  • «la formation à distance constitue une tendance lourde du développement de l’enseignement supérieur. C’est un courant mondial. La formation à distance contribue de façon importante à l’augmentation des effectifs d’étudiants. »

Pour le reste, il semble que l’intégration d’une université entièrement à distance avec une université entièrement en classe soit aussi délicate que de faire cohabiter brahmanes et shudras.  Ghandi et ses successeurs s’y sont cassés les dents; difficile de trouver suffisamment d’avantages pour les deux parties quand il est question de traditions et de privilèges.

Avantages mutuels

Chacune de ces institutions défend des traditions, des façons d’opérer, une vision pédagogique et chacune possède des avantages.  

La plus petite maîtrise l’enseignement et les technologies, possède une situation financière saine et a les deux pieds dans l’avenir de l’enseignement. Mais ses secteurs d’enseignement et de recherche sont restreints.

La plus grosse enseigne dans presque tous les domaines et possède des équipes de recherche importantes.  Elle est actuellement dans une situation financière précaire et sait que l’avenir passe par les technologies, mais pas nécessairement par l’enseignement à distance.

Tout, tout de suite

Le problème semble tenir au fait qu’une intégration diffère largement d’une collaboration ou d’une synergie.

Le plan initial a été conçu comme une synergie où chacun se mettait au service de l’autre dans le respect des intérêts mutuels.  Dans les faits, l’UQAM ne semble pas avoir montré d’empressement à s’ouvrir à ce qui paraissait des pertes sans gain et la Téluq aucun intérêt à retourner l’ascenseur du contrôle de son développement, là où on commence à parler d’intégration.

Philosophies et traditions s’opposent. La Téluq a les siennes, originales et l’UQAM celles des institutions universitaires classiques avec un zeste de contestation.

Ce qui est sur c’est que l’avenir n’attendra pas.  

Les technologies font s’estomper les frontières entre formation à distance et en classe : les cours en classe qui n’ont aucune relation avec Internet et les technologies de communication sont devenus une espèce en voie de disparition et sont catégorisés de fait comme «ringards» par les étudiants.

Des contraintes de temps ou de disponibilité constituent des «désavantages concurrentiels» de plus en plus ressentis face à l’ensemble des autres offres. Ce phénomène indique la direction de développement vers «tous les cours, disponibles autant à distance que en présence», offre qui devient alors un avantage concurrentiel imposant.

Seules deux options sont possibles : soit la Téluq et l’UQAM se séparent, soit elles acceptent de penser une nouvelle université avec une philosophie et des façons d’opérer originales, une université qui ne ressemblera en rien aux autres, ni à la Téluq, ni à l’UQAM, ni à l’Open Universty, ni à Harvard, ni à Phoenix.

Un changement d'attitude s'impose, et rapidement. 

Les institutions qui tentent de s'adapter à des changements importants tels que ceux en cours en éducation ne font généralement pas le poids face à celles qui se réinventent complètement en intégrant ces changements à la base. 

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