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Les sites de partage de manuels scolaires : popularité... et cauchemar des éditeurs

Par Denys Lamontagne , le 30 juillet 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 14 mai 2016

«Le modèle traditionnel d’édition du manuel scolaire ne sert plus vraiment les intérêts des étudiants, des éducateurs et des auteurs. Les manuels scolaires sont maintenant trop coûteux pour les étudiants et trop inflexibles pour les instructeurs. Enfin, les auteurs, la principale source de valeur de l’industrie, sont de plus en plus perturbés par les fréquentes demandes de révision et la compensation marginale pour ces révisions.»

Jeff Shelstad, co-fondateur et administrateur principal de Flat World Knowledge et ancien directeur éditorial de Prentice Hall’s, division des publications d’affaires.

Quand on sait que des factures de près de 1 000 euros pour des manuels universitaires ne sont pas rares pour les étudiants universitaires, on ne s’étonne pas que les échanges de manuels entre étudiants soient fréquents, encore plus s’ils sont numériques.

Même si l’industrie de l’édition a réussi récemment à faire fermer le site Textbook Torrent, ce n’est que partie remise (celui-ci redirige actuellement vers Amazon), ses auteurs promettent de revenir avec un serveur situé outre-mer.

De toutes façons, plusieurs autres sites tels que :

proposent des manuels copiés, des livres usagés, des manuels libres de droits, des références collectives, des travaux synthèses et toutes les déclinaisons possibles des sources d’informations pour apprendre.

Ajouter à ceci les outils de partage privé tels que :

qui permettent de partager ce que l’on veut et avec qui l’on veut à l’abri des regards inquisiteurs et on comprendra que le phénomène du partage de documents est impossible à contrôler et même à baliser. Le prix de certains documents et rapports (plus de 500 ou de 1 000 euros) indique presque implicitement que le document sera copié un certain nombre de fois à l’échelle d’une entreprise ou d’une communauté.

Le problème pour les éditeurs est donc nettement plus profond que le simple piratage ou la copie de manuels. Combien de livres téléchargés sont simplement consultés et s’ils s’avèrent utiles sont par la suite achetés ?

On en revient aux questions de vitesse et de quantités. Quand des initiatives comme les manuels Sésamath dépassent en pertinence tout ce qu’un auteur ou éditeur isolé peut produire, on fait effectivement face à un changement de paradigme éditorial.

Des groupes supervisés peuvent maintenant décider de créer des documents au moins aussi valables et libres de droits, constamment mis à jour et enrichis en permanence.

Quelle peut-être l’alternative pour les éditeurs sinon que de proposer leur expertise, leur savoir faire et leur méthodologie à ces groupes et de faire en sorte que ce soit celle-ci qui valorise la connaissance et non pas la protection et la rareté artificielle qui crée la valeur de leur production et dont la reproduction peut maintenant se faire à une coût presque nul.

Ce sont vraisemblablement les groupes qui paieront le plus souvent pour la valeur du travail et non pas pour la copie.

Manuel Sésamath - Interview Sesamath (de 2006, lors de la sortie de leur 1er manuel)

Article sur le sujet : Copyright fight looms over college textbooks

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