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Penser à mes classiques, moi ? Cours toujours !

Un prof invite les adolescents à creuser profond dans les textes littéraires.

Par Martine Dubreucq , le 16 mars 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 09 mai 2012

"Lire, moi, tu plaisantes, j'ai d'autres chats à fouetter, des SMS sur la planche, des blogs à visiter, des films à visionner et tous mes contacts à maintenir ! Franchement, la littérature c'est mort, oublie !"

On peut arguer que la littérature, ce n'est pas un savoir, ce n'est pas un ensemble de noms d'auteurs, d'œuvres et de figures stylistiques à mémoriser et à recracher lors d'une évaluation. Ce n'est pas davantage une façon d'être au monde que l'on dit « poétique » ou artistique pour signifier qu'elle n'est pas utile ou en relation avec la vraie vie, celle où l'on travaille, on l'on se coltine le réel. La littérature est un matériau comme le tissu, elle est concrète et elle respire comme lui, chaque style littéraire a sa texture, sa trame, son épaisseur.

Un « littéraire » a d'emblée ce sens du toucher avec la texture mais il est difficile de le transmettre.
Bien souvent, les grilles méthodologiques des programmes de français font autant de ravages que des pelles mécaniques dans un champ de fleurs. Le goût pour la littérature a alors bien du mal à s'éveiller ou, s'il existe, à sortir indemne de nos années de scolarité. Une fois passé au crible des points de vue d'énonciation, des registres de langue, des marques de cohérence textuelle qui sont censés traquer et débusquer le sens, le texte a perdu toute saveur.

Pourtant, il faut bien apprendre de quelle étoffe sont faits les songes collectifs, il y va de notre équilibre profond parce que nous ne sommes pas seulement des animaux de raison et de plaisir mais aussi des êtres d'imagination et c'est dans les livres que s'est déposée leur stratification. Pour cela il y a des outils légers, des techniques douces comme l'humour ou les difficultés distillées à petites doses.

Le site « Cours toujours », de Michel Backeljau, professeur à Bruxelles, ne prétend pas être un portail ouvrant sur la Grande littérature, sur les textes consacrés et embrasser les siècles en donnant une lecture orthodoxe de l'histoire littéraire mais plus modestement « fixer quelques balises aux adolescents tirés à hue et à dia ». Il leur propose de s'entraîner à l'observation des textes, de comparer les approches, d'affiner leur perception des procédés sans négliger l’analyse grammaticale et l’orthographe.

Un grand nombre d'exercices interactifs sont proposés selon des entrées qui sont pourtant classiques dans les cours de français mais qui donnent l'envie de tester et de développer ses compétences de lecture ainsi que ses connaissances.

  • L’art du portrait
  • Descriptions de choix
  • Le fil du récit
  • Figures de grammaire et de style
  • Le dialogue

La grammaire tient un place de choix, et CONDILLAC est cité à ce sujet : « Je regarde la grammaire comme la première partie de l’art de penser. ».

Dans la sectionNouvelles interactiveschacun peut rédiger un texte destinée à s’ajouter au texte initial et une fois la nouvelle terminée, choisir un parcours comme dans toutehistoire interactive.

"Cours toujours" permet aux adolescents, aux jeunes étudiants et à tous ceux qui le sont restés, ce qui fait beaucoup de monde finalement, de prendre du plaisir à la lecture des classiques.

Les professeurs et formateurs y trouveront une façon stimulante de régénérer leurs cours.

Cours toujours

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