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Quel rapport entre les entreprises et les ânes ?

Par Martine Dubreucq , le 10 mars 2009

Une petite minute moqueuse de vidéo vaut mieux qu'un long discours :

Les jeunes : tous des profs ?

Frédéric Soussin intervient comme conseiller auprès des collectivités territoriales en France, anime de nombreuses conférences sur le e-learning et diffuse sur internet des micro-interventions toujours très percutantes. Pour lui, le monde des entreprises est encore bien archaïque en France et reste gouverné par des « analphabètes ».

Analphabétisme managérial et Digital natives

Il faut repenser la façon de collaborer et de voir les clients : les nouveaux outils et les réseaux permettent de cristalliser ces évolutions nécessaires.
Comment le web 2.0 pourrait tout changer...

Comment rattraper le retard des entreprises françaises en matière de management intelligent ?

C'est donc bien simple, il faut absolument prendre comme « coachs » tous les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, leur confier une mission de veille technologique et d'alphabétisation auprès de ceux qui ont du mal à comprendre les nouveaux enjeux de cette société de la connaissance.

Pas de problème sans solution

Pour ce pragmatique dans l'âme, il n'y a pas de problème sans solution et c'est sous cette forme d'ailleurs qu'il présente ses idées sur les innovations nécessaires dans les entreprises et dans la formation. Chaque vidéo de quelques minutes cerne un problème et propose des solutions. Car une des expressions que Frédéric Soussin déteste le plus, c'est « oui mais », trop fréquent à son goût dans les entreprises françaises.

Par exemple :

Se former ? Trop gourmand en temps aujourd'hui? Une solution : le micro-learning ou le « pocket learning » . Pour apprendre, on peut tout à fait recevoir sur son terminal ou son téléphone quelques vidéos, des messages audio quotidiens et en tirer un profit immédiat.

Communiquer efficacement ? La messagerie traditionnelle est devenue trop chronophage. Pourquoi ne pas sélectionner les gens avec qui on communique de manière régulière, les sortir de sa boite aux lettres et les retrouver sur des outils plus conviviaux comme Facebook, Affinitiz, ou encore Skype ?

Le web 2.0 redessine l'organisation des entreprises

Le message fondamental, c'est que peu à peu, le Web 2.0 redessine l'organisation des entreprises. Chaque individu n'attend plus ses outils du service informatique ou de l'Intranet mais chercher à mettre en place ceux qu'il utilise chez lui. L'entreprise a tout à y gagner.

Ces outils permettent des avancées dans le domaine de l'observation de l'environnement (flux RSS, agrégateurs) , dans la redistribution des informations à partager au sein d'une communauté de travail ou de projet (blogs, wikis), dans la formation par une flux continu de petites « briques »(micro-learning), dans l'animation de réseaux , dans la diffusion de vidéos ( ce que Frédéric Soussin appelle la transmission « incarnée »).

95 % d'information banale bloqués par 5 % d'information sensible...

Comme les ânes, les entreprises refusent parfois d'avancer, effrayées par le changement.
Cette nouvelle culture venue du dehors ne serait pas assez relayée, médiatisée dans l'entreprise et les organisations s'en méfieraient d'autant plus qu'en France, on aurait tendance à diaboliser les nouveautés. Mais le principal obstacle à l'introduction des outils du Web 2.0 dans l'entreprise, c'est la sécurité : « Pour sortir l'information, il faut demander l'autorisation ».

Frédéric Soussin s'exprime à ce sujet avec une certaine provocation dans Le Monde Informatique : « Le Point Sur L'IT : L'entreprise 2.0, mythe ou réalité ?  ».

« On a l'impression que les entreprises ne manipulent que des secrets; or, 5% des informations des entreprises relèvent du secret. Cette information, qu'elles la gèrent autrement que par l'informatique ! Aujourd'hui, on est en train d'incarcérer 95% de l'information au nom de ces 5%... »

Introduire les nouveaux outils que sont le « Cloud computing » (externalisation des données sur des serveurs de type Google Apps), les réseaux sociaux (Facebook), n'est-ce pas faire entrer « le bazar » ? « Mais c'est déjà le bazar dans les entreprises ! », répond Frédéric Soussin.

Un enthousiaste qui n'est pas avare en bonnes raisons de se réjouir de l'arrivée du web 2.0 :
Web 2.0 : dix bonnes raisons de se réjouir

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