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Dans quelle ville habiterez-vous demain ?

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 18 mai 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 19 mai 2010

Puisque nous utilisons de plus en plus les technologies de l'information et de la communication, notamment pour interagir avec une large communauté, le monde virtuel devient aujourd'hui un lieu d'appartenance.

« Comme nous ne pouvons éviter ce monde, faisons en sorte qu'il serve d'intermédiaire entre nous et le réel, au lieu de se substituer à lui, et que les lieux vivants, maison, pays, paysage, auxquels nous nous attachons par tous nos sens, deviennent de plus en plus importants pour nous ». Cette belle exhortation émane du site Appartenance-Belonging dédié à la réflexion sur l'appartenance. On y lit des réflexions sur les valeurs, les gestes, le temps, la métaphore, les éléments et sur les lieux, notamment sur la ville.

La ville des origines

Le site nous présente un tableau idyllique de la ville des origines, opposée à la ville d'aujourd'hui qui serait minée par des crises : insécurité, malnutrition, isolement ...

« La ville, à l'origine, nous apprend-t-il, était femme, source de nourriture, pour l'estomac et pour les sens. On n'y souffrait ni de la faim ni de la malnutrition des sens. L'intelligence pouvait aussi s'y épanouir, par la conversation. Et ce lieu convivial était sûr, les plus faibles s'y sentaient mieux protégés que dans les vastes territoires de chasse. Quand la ville devient plus dangereuse que la campagne sauvage, et quand en outre on y souffre de la malnutrition des sens et de l'isolement, est-elle encore la ville ? »

Cette description utopique (il n'y a évidemment pas d'âge d'or de la ville, sinon comme concept abstrait permettant de mieux voir les transformations du présent) a pour but de mettre l'accent sur les transformations perpétuelles de la ville, qu'il faut considérer non pas seulement dans le sens des crises qui s'y déroulent mais aussi des solutions et des innovations apportées quotidiennement par les citadins. Les technologies de l'information et de la communication jouent un rôle important dans ces transformations, en sont peut-être même aujourd'hui l'instrument et le catalyseur. Que l'on songe par exemple aux dispositifs de vidéosurveillance qui se multiplient dans les grandes métropoles, et à la masse considérable de données numériques qu'ils génèrent...

La ville 2.0

A partir du postulat de la ville en transformation sous l'influence des TIC, la Fondation internet nouvelle génération (Fing) a initié un programme dénommé Ville 2.0 dont l'objectif est de « permettre aux acteurs traditionnels de la Ville (entreprises, institutions, acteurs sociaux) et aux acteurs du numérique d'anticiper et de préparer ensemble les transformations de la ville et de la mobilité ».

Ce programme s'organise autour de quatre axes principaux : la ville augmentée, ma ville à moi, la fabrique des services urbains, réaliser la ville durable. La ville augmentée est une ville dans laquelle sont omniprésents les réseaux (avec et sans-fil) et les puces (Rfid, capteurs, caméras, géolocalisation...) insérées dans les espaces, les objets et les corps. L'un des défis des acteurs de la ville de demain consistera à gérer en plus de la ville physique les ajouts numériques en se dotant des outils de suivi et de pilotage appropriés.

"Ma ville à moi" traduit le processus d'individualisation des modes de vie et de la mobilité dans la ville 2.0. Ce programme préconise une réorganisation des services urbains de sorte à les rendre disponibles à tout moment (où je veux, quand je veux) et à les adapter aux besoins des usagers. Pour répondre à ces besoins individualisés des usagers, les services urbains doivent changer en permanence, la ville 2.0 sera de ce fait une plate-forme d'innovation, une fabrique en continu des services urbains. Enfin, la ville 2.0 devra faciliter l'implication des citadins dans les choix collectifs et dans leur mise en oeuvre.

Quatre expérimentations

Des manifestations scientifiques (forums, ateliers thématiques) ont été organisées dans le cadre de ce programme Ville 2.0. Les comptes-rendus de ces manifestations sont mis en ligne sur le site dudit programme.

Citywall, le mur interactif urbainCitywall, le mur interactif urbain

Dans la droite ligne des objectifs de Ville 2.0, quatre expérimentations sont en cours d'exécution :

  1. La montre verte ou Citypulse : coproduire la mesure environnementale avec les citoyens en les associant à un programme de contrôle.
  2. City wall : grand écran tactile de communication, de service et d'échange (voir illustration ci-dessus)
  3. Cityscan, le pouls de la ville.
  4. Révéler, représenter et animer l'hyperlocal.

Manifestement, la ville 2.0 n'est pas seulement une ville numérique mais elle est aussi une ville qui se fonde sur l'interactivité, fondement du Web 2.0.

Crédits photos :

1. Nancy Wombat, flickr, licence CC.

2. WStryder, flickr, licence CC

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