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L'amour : rien de plus biologique !

Par Alexandre Roberge , le 09 février 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 11 février 2009

Ah, l'amour ! Source intarissable d'inspiration pour les artistes: chansons, peintures, poèmes, littérature, pièces de théâtre, photos, films romantiques, etc. Nos visions de l'amour et du romantisme nous ont tellement marqués qu'on a l'impression que le sentiment amoureux est quelque chose de transcendant. Une force invisible qui nous confronte lorsque nous rencontrons l'élu(e) de notre coeur. Pourtant, au risque de décevoir les plus grands romantiques dans l'âme, l'amour est en grande partie biologique.

La grande responsable de l'amour : l'ocytocine

En effet, l'hormone que l'on soupçonne être la grande responsable de l'amour est l'ocytocine (aussi connue sous le nom d'oxytocine). L'hormone qui, au départ, était surtout associée à l'accouchement et à la production de lait maternel s'est avérée - après des recherches - être également l'hormone de l'amour et de la confiance

En effet, comme l'expliquera le CNRS (Centre national de la Recherche scientifique) dans ce texte, on a remarqué que chez les rares animaux qui sont monogames, une plus grande quantité d'ocytocine est envoyée au cerveau que chez les animaux polygames. Cependant, l'hormone seule ne peut pas expliquer la complexité du sentiment amoureux et de la capacité d'attachement. Chez les êtres humains, on mêlera alors une part psychologique au phénomène. Néanmoins, la présence de cette hormone et les multiples mécanismes biologiques qui se déclenchent lorsqu'on est amoureux peuvent expliquer les symptômes physiques reliés à l'attirance, le béguin ou l'amour: sudation, tremblements, rougissements...

L'ocytocine est exploitée à toutes les sauces par les experts neurobiologiques. Certains y verraient des explications à des phénomènes comme l'autisme, la schizophrénie et autres maladies affectant le cerveau. La littérature pour appuyer cette thèse est plutôt faible, mais certaines études se sont amorcées sur l'ocytocine et les personnes autistes; il semble - selon des résultats très préliminaires - que l'hormone injectée chez ces personnes aurait augmenté leur capacité de socialisation. Pour certains neurobiologistes, c'est l'ocytocine qui garde l'amour dans les couples. Car pour des experts comme Lucy Vincent, le processus biologique de l'amour entre deux individus n'est viable que 3 ans seulement ! Adieu le romantisme !

Alors, l'amour, bon pour le coeur ?

On entend souvent qu'un des besoins essentiels de l'humain est d'aimer. Or, est-ce bon pour notre pompe cardiaque qui est le symbole universel de l'amour ? Là-dessus aussi, les experts ne s'entendent pas tout à fait.

Certaines études - comme celle-ci faite par l'Université d'Oklahoma - révèlent qu'en fait, être en amour (ici, dans cette étude, on parle d'amour filial) ou avoir de bonnes relations pleines de tendresse avec ses parents préviendrait en bonne partie les blocages d'artères qu'il est possible d'avoir en vieillissant. 

Par contre, une étude récente démontrait que tomber en amour peut causer une faiblesse cardiaque chez certaines personnes: la myocardiopathie de stress peut se déclencher sous un trop gros afflux d'adrénaline et de stress. Si le trouble - dont les symptômes peuvent faire croire à une crise cardiaque - disparaît dans la grande majorité des cas assez vite et ne laisse aucune lésion au tissu cardiaque, il arrive qu'on en meurt... D'ailleurs, ce n'est pas seulement ainsi que l'on peut mourir d'un "coeur brisé": beaucoup de conjoint(e)s veufs (veuves) meurent de crises cardiaques dans les 6 mois suivants le décès de l'être aimé.

Après cet article, on aura tendance à croire que finalement, l'amour n'est pas aussi romantique et "fleur bleue" qu'on pouvait le croire. Pourtant, si une grosse partie de nos réactions amoureuses sont biologiques, il n'en reste pas moins qu'il reste une partie "mystérieuse" d'attraction et de désir qui continuera d'inspirer les poètes pour encore longtemps.

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