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Les raisons de la colère

Par Christine Vaufrey B , le 10 février 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 11 février 2009

La crise économique actuelle fera mal au niveau de l’emploi, tout le monde le dit. Et les premiers chiffres tombent : en France, la barre des 2 millions de chômeurs a été franchie entre octobre et novembre 2008 ; en décembre 2008 le nombre total de chômeurs était en augmentation de plus de 11 % vis-à-vis du même mois de l’année précédente. En Europe, le taux de chômage devrait augmenter au moins jusqu’en 2010.

Les salariés victimes des licenciements n’ont pas attendu la crise économique pour faire entendre leur voix face à des plans sociaux qui ne leur laissent parfois que fort peu d’espoirs de reclassement. Depuis quelques années, ils investissent le web, en créant des blogs collectifs.

L’Entreprise, magazine principalement dédié à la création et à la reprise d’entreprise, a publié sur son site un article décrivant ce phénomène éditorial.

Des espaces d’expression libre et anonymes

La particularité majeure des blogs collectifs de salariés victimes de licenciement, c’est l’anonymat : un salarié identifié risque en effet gros s’il critique ouvertement (et parfois, d’une manière partiale) l’entreprise qui l’emploie ou l’employait. Sur la toile en revanche, l’anonymat est bien toléré des lecteurs et protège l'auteur.

Autre particularité, ces blogs sont le fait de collectifs affranchis des syndicats de défense des intérêts des travailleurs. Certains observateurs doutent de cette réalité, mais le fait est que les articles témoignent d’une liberté de ton peu commune dans le discours syndical, et n’appellent aucunement à rallier tel ou tel syndicat.

À quoi servent ces blogs ?

Les blogs collectifs de salariés en colère servent avant tout à informer leurs pairs des dernières négociations en cours, des recours possibles et des actions prévues. Tout ceci pourrait être fait sur un espace privé, voire une liste de diffusion. Alors, pourquoi ouvrir un blog ? Parce que les collectifs acquièrent ainsi une plus grande visibilité. Ils attirent l’attention de la presse, et relaient eux-mêmes les informations utiles au combat qu’ils mènent. Se tisse ainsi une toile de revendications, de luttes et d’informations qui, vu de l’extérieur, permet de prendre la température sociale d’une période peu propice aux négociations ; vu de l’intérieur, le réseau ainsi créé permet aux salariés concernés de ne pas se sentir seuls dans leur combat et de profiter de l'expérience des autres.

Ces nouveaux modes d’expression seront-ils efficaces ? Comme il est écrit dans l’article de l’Entreprise, « il n’y a pas d’exemple connu de direction qui aurait fait marche arrière face à ses collectifs de salariés » ; mais on y verra sans nul doute une illustration de la fonction sociale d’Internet, qui relie ceux qui ont tant besoin de ne pas sombrer dans l’isolement et l’oubli.

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