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La standardisation des examens et ses victimes

Par Denys Lamontagne , le 02 octobre 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La standardisation des examens a atteint une telle ampleur et a tellement dévié de ses origines qu’on pourrait la comparer aux monstres des films d’horreur. Et ce sont nos écoles qui sont désormais menacées... La métaphore fait sourire mais voici quelques faits pour alimenter votre réflexion :

  • Fait 1 - Les enfants américains sont soumis à une quantité d’examens sans précédent dans l’histoire, plus encore que la majorité des enfants du monde entier.
  • Fait 2 - Les différences entre les résultats des uns et des autres s’expliquent par des facteurs qui ne sont pas reliés à l’enseignement mais plutôt à l’environnement économique et socio-affectif dans lequel les écoliers évoluent.
  • Fait 3 - Les examens standardisés n’ont pas été conçus pour mesurer la qualité de l’apprentissage ni celle de l’enseignement.
  • Fait 4 - Les examens standardisés ne mesurent que les connaissances superficielles.
  • Fait 5 - Pratiquement tous les spécialistes condamment l’utilisation de ce type d’examens pour les étudiants de moins de 8 ou 9 ans.
  • Fait 6 - Virtuellement, tous les experts et toutes les organisations refuse d’utiliser de tels examens pour justifier ou infirmer des décisions importantes; par exemple, la graduation ou la promotion à partir du résultat d’un seul test.
  • Fait 7 - Le temps, l’énergie et l’argent qui sont impliqués dans la préparation de ces examens ont été impartis au détriment d’autres matières et de temps libres.
  • Fait 8 - De nombreux enseignants quittent leur profession en raison de tout ce qui est fait au nom de «l’administration» et du «resserrement des standards».

Devant ces constats, l’auteur du rapport qui en fait état questionne la poursuite d’une telle entreprise. À l’évidence, la normalisation des examens a profité à une classe sociale par ailleurs déjà favorisée. Alors que l’éducation devait permettre de combler le fossé entre les riches et les pauvres, on constate qu’il n’en n’est rien. En fait, la situation ne fait que s’aggraver.

Il y a urgence d’abandonner cette pratique afin de soutenir les enfants de milieux défavorisés dans leur apprentissage : comparer leurs acquis aux acquis d’autres enfants qui proviennent de milieux similaires. Il faut donner le droit à la différence et reconnaître l’importance d’approches pédagogiques multiples et diverses qui s’adaptent à la clientèle scolaire et à son milieu. C’est ainsi que l’on peut espérer atteindre l’équité et certainement pas par la voie de la standardisation.

Pour l’article complet : « Standardized Testing and Its Victims» de Alfie Kohn, publié dans Education Week, édition du 27 septembre 2000.

Par ailleurs, le site de l’auteur fournit un argumentaire et des moyens pour joindre les actes aux intentions. Recommandé.

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