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Un atelier d'écriture multimédia pour écrire la ville

Par Christine Vaufrey B , le 17 mars 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 10 juin 2011

Écrire la ville  est un projet d’écriture animé par François Bon avec le soutien de la Bibliothèque Nationale de France. Le projet a démarré en 2008 et se poursuivra jusqu’en 2010, au moins.

Qui peut participer ?

Les participants sont nécessairement réunis dans des ateliers d’écriture, formels ou moins formels. Les lieux dans lesquels se déroulent ces ateliers sont très divers : écoles, lycées (dont deux lycées français à l’étranger), bibliothèques, prisons… On retrouve là le parti-pris de diversité cher à François Bon, qui est toujours allé au contact de ceux pour qui écrire n’était pas considéré comme un moyen d’expression « naturel ». Près de 20 établissements sont actuellement inscrits au projet ; leurs productions, issues d’une centaine de séances d’atelier, sont en ligne.

Il est toujours possible de s’inscrire dans le projet, il suffit pour cela de demander l’ouverture d’un compte auteur, et de mettre alors les productions de son atelier sur le blog prévu à cet effet.

Si vous hésitez à vous engager dans une telle aventure, rien ne vous empêche de vous inspirer librement du protocole d’écriture mis en place, pour animer vous aussi un atelier d’écriture consacré au sujet que vous aurez choisi.

Un dispositif impeccable

Le dispositif facilitant le passage à l’écriture est en effet extrêmement bien fait, et devrait inspirer tous ceux qui envisagent d’accompagner, ou accompagnent déjà, des personnes souhaitent écrire, quels que soient le contexte et l’ambition de cette production écrite.

Ecrire la ville est construit à partir des éléments suivants.

Un prologue, qui présente le projet dans son ensemble : motivation, organisation, références… Dès le départ, on sait qu’il sera possible de ne pas se cantonner au texte ; photos, vidéos et documents sonores sont accueillis dans le projet, pour favoriser le « déplacement du regard » par le changement de support.

Des propositions d’écriture. Ecrire un texte d’une certaine qualité ne s’improvise pas en quelques minutes. Il s’agit d’une entreprise longue, d’une course de fond plutôt que d’un sprint. D’où quatre propositions d’écriture, qui permettront d’élaborer les différentes strates du texte : approches, mouvements, signes, perspectives. Chacune de ces propositions doit être considérée comme « un territoire à explorer ». Une exploration qui passera par des consignes liées à des thèmes (« fenêtres », « accumulations », « trajets »…) et des ressources documentaires permettant d’élargir ses horizons. Deux propositions et leurs consignes sont actuellement en ligne. Les deux autres sont en cours de préparation.

Des ressources : celles de la BNF sont fort nombreuses, notamment du côté des collections photographiques. La BNF a ainsi préparé des itinéraires de découvertes en ligne. Celui sur les objets, notamment, est passionnant… F. Bon propose également des textes d’appui. Souvent dus à des auteurs contemporains ou modernes, ils nous invitent à explorer mille et une facettes de l’écriture littéraire. Voyez par exemple le texte d’appui à la consigne « l’heure », dû à Jacques Roubaud :

l'heure du réveil des habitants du passage de la reine de hongrie
l'heure de l'ouverture du café de la rue du moulin de la pointe
l'heure du ramassage des poubelles de la rue du sommet des alpes
l'heure de l'ouverture de la boulangerie de la rue du roi de sicile
l'heure de l'extinction des réverbères de la rue du pot de fer
l'heure de l'ouverture de la boucherie de la rue du faubourg du temple
l'heure du lever des enfants de la rue de la poterne des peupliers
l'heure de l'ouverture de la charcuterie de la rue du moulin des prés
l'heure de la promenade des chiens de l'avenue de la porte de pantin

60 vers dont tous commencent par « l’heure de… » composent au total ce poème.

Des rencontres avec des auteurs et animateurs d’ateliers, qui évoquent leur relation à la ville et à l’écriture. Autant de regards particuliers sur nos réalités pas si banales.

Un blog sur lequel sont déposées les productions. Voilà qui redonne de la « tenue » et du sens à l’acte de publication sur Internet : exposition publique, partage, accumulation, confrontations… Le blog compte actuellement 70 pages emplies de liens vers les textes produits dans les ateliers.

Découvrez vous-mêmes les centaines de textes, vidéos, photos… proposés par tous ceux qui se sont emparés du sujet Ecrire la Ville. Et n’hésitez pas, vous aussi, accompagnés du mode d’emploi de cet atelier, à inaugurer les vôtres, avec tous ceux qui aiment sentir la langue s’éveiller, s’ébrouer, s’envoler avant d’aller se poser doucement dans les pages du web.

 

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