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Des salles informatiques interdites aux élèves ? il y en a beaucoup en Afrique...

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 09 mars 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 11 mars 2009

L'enquête participative initiée en janvier dernier par l'Atelier des médias, une émission de Radio France Internationale (RFI), n'en finit pas de surprendre avec les nouvelles problématiques de l'accès à l'ordinateur en Afrique qu'elle met au jour. Dans les deux dernières livraisons sont pointées d'une part la question de la formation des usagers et, de l'autre, le cadre d'utilisation des TIC.

Si, dans la première partie de cette enquête, les internautes faisaient observer que « la jeunesse africaine francophone (...) a parfaitement compris l'enjeu de l'informatique et de l'internet dans le monde d'aujourd'hui, mais n'y a pas accès », dans la suite, il apparaît que des obstacles sérieux freinent la diffusion des TIC sur le continent.

Manque de culture numérique

Dans certains pays, il existe des salles informatiques fermées à clef. Donc inaccessibles aux élèves. Pourquoi, vous demandez-vous ? Beaucoup d'enseignants ne sont pas qualifiés en TIC et dans cette cohorte, il s'en trouve qui ne voient pas l'utilité de la mise en ligne de cours. Un manque de culture numérique encore accentué par une « vraie fracture numérique entre les adolescents et les adultes » selon la formule de Jacques Wallet, Coordonnateur du Réseau Africain d'Enseignement à Distance (RESAFAD).

Quand les « vieux moribonds du paléolithique qui s’en tiennent à leurs vieilleries », la jeunesse « s'intéresse à la musique, aux célébrités du show business ». Une joute verbale symptomatique d'une lutte intergénérationnelle au cœur de laquelle se trouve l'ordinateur, devenu un outil de pouvoir, « par sa rareté et l'intérêt qu'il suscite, un fort outil de pouvoir, à un niveau que l'on a du mal à imaginer, notamment dans les relations entre professeurs et élèves, membres de l'administration et professeurs » pointe une animatrice multimédia.

Cadre inapproprié

Les réformistes semblent avoir perdu la bataille.... Quant au vainqueur, il est désormais connu c'est le cadre dans lequel l'enseignement est délivré en Afrique. Un cadre désuet, vétuste – on peut multiplier les qualificatifs – surtout inapproprié à l'usage des TIC. Cependant les TIC (Tableau blanc interactif, ordinateur, internet) pour les élèves, c’est la possibilité de découvrir d’autres horizons, qu’ils soient africains, français ou italiens. Espérons donc que cette bataille soit suivie de nombreuses autres et que les troupes, chaque jour plus nombreuses, des "pro-TIC" emportent cette fois la victoire.

L'enquête participative se poursuit et consacre son prochain volet à la formation à distance en Afrique : « Quand l’ordinateur abolit les distances, et permet aussi de suivre des cours au Québec ou en France en restant dans son pays d’origine ». Vous pouvez y participer en vous rendant sur le site de l'Atelier des médias de RFI.

Dossier 1 : Ordinateur dans la classe avec quelle formation ?

Dossier 2 : Un ordinateur dans la classe : pour quoi faire ?

Voir aussi : Problématique de l'accès à l'ordinateur en Afrique : entre rêve et réalité

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