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Panorama des usages des TIC dans les organisations de travail

Par Christine Vaufrey B , le 10 mars 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 07 février 2018

En février 2009, Microsoft a communiqué à un public choisi les résultats d’une enquête réalisée auprès des entreprises publiques et privées françaises, à propos des usages qu’elles font des TIC.

Le diaporama de présentation est téléchargeable au format pptx sur le site de téléchargement de Microsoft  . On appréciera également le compte-rendu qu’a fait Bertrand Duperrin de cette présentation sur son blog.

La présentation et les analyses de B. Duperrin s’avèrent extrêmement précieuses pour tous ceux qui s’intéressent à la pénétration des TIC dans les organisations de travail et souhaitent réfléchir à leurs propres usages professionnels des TIC.

TIC et modes de management

Microsoft s’emploie depuis plusieurs années à comprendre l’usage des TIC dans les entreprises françaises. En 2006, la publication du « Petit précis d’efficacité collective » (téléchargeable en pdf ) avait mis le doigt sur la relative facilité technique d’utilisation des outils de travail collaboratif, et l’absence de freins, chez les salariés, devant le travail collaboratif lui-même. Il se dégageait de l’étude que le principal obstacle à la généralisation du travail collaboratif (et donc, à une utilisation accrue des outils de Microsoft…) tenait au mode d’organisation du travail dans les organisations. Pourquoi collaborer, si l’on n’est pas reconnu ? Si la culture du contrôle prime sur celle de la confiance et de l’autonomie ? Cette thèse, chère à Richard Collin  (l’un des maîtres d’œuvre de l’étude de 2006) et à Bertrand Duperrin (qui considère que la crise actuelle est davantage une crise du management et des business models qu’une crise économique au sens strict ), se retrouve en filigrane dans l’étude présentée en février 2009.

Mais, en trois ans, les choses ont beaucoup évolué dans les organisations de travail françaises, en particulier sous l’influence des membres de la « génération Y », autrement dit les jeunes qui ont grandi avec les technologies et les utilisent aussi bien chez eux que sur leur lieu de travail.

Le hit parade des outils et des fonctions

Près d’un actif sur deux utilise un ordinateur au travail ; parmi ceux qui n’en ont pas l’usage, 62 % en utilisent un à la maison. Les outils numériques les plus utilisées au travail sont le courriel (96 %), les moteurs de recherche sur Internet (93 %) et le traitement de texte (89 %). D’autres outils semblent en voie de généralisation : logiciels de présentation, tableur, agenda électronique partagé. Parmi les outils qui montent, on note la visioconférence (21 %), la messagerie instantanée (36 %), le podcast (20 %).

Ces outils sont utilisés d’abord pour partager (32 %) et rechercher (31 %) de l’information, pour informer (28 %) les collègues et mettre à jour des données (24 %). Les fonctions de communication et de travail sur des contenus sont donc celles qui bénéficient le plus les TIC. Les personnes interrogées placent très haut le fait de gagner du temps dans leur utilisation régulière des TIC. Ces dernières sont devenues si nécessaires que les actifs les utilisent 4h 30 chaque jour en moyenne, sur une durée moyenne de travail estimée à 7h 30.

Deux cultures de travail en interaction

L’étude a permis de distinguer deux cultures de travail en interaction permanente :

  • « Faber », qui correspond à la culture autrefois ultra-dominante dans les entreprises, qui privilégie la méthode, la dévouement, la rationalisation, la rentabilité, le savoir-faire individuel. Les actifs relevant de la culture « faber » privilégient le texte comme support essentiel de travail et de communication.
  • « Ludens », culture émergente et largement privilégiée par les jeunes générations, qui privilégie l’intuition, l’apprentissage permanent, la prise de risque, le plaisir, la création, la collaboration, la communication, le partage. Ces actifs sont moins attachés au texte et utilisent massivement le son, l’image, la vidéo pour travailler et communiquer.

Il n’y a pas vraiment de conflit entre ces deux cultures dans les organisations de travail; néanmoins, la prédominance de la culture « ludens » chez les jeunes interroge les recruteurs. Les jeunes demandent des équipements informatiques aussi performants au travail que chez eux ; ils ne veulent pas travailler plus que nécessaire ( témoignage : « c’est vraiment la génération 35 heures ! ») et sont perçus comme carriéristes, venant dans une entreprise pour apprendre en allant vite ailleurs pour continuer à s’amuser, à s’étonner. Mais cette génération est aussi celle qui tire ses aînés à utiliser davantage et mieux les TIC, pour communiquer et promouvoir les organisations collaboratives.

Les usages grand public précèdent les usages professionnels

L’étude confirme un point dont tout le monde est bien conscient : le grand public a des usages plus intensifs et plus diversifiés des TIC que le monde professionnel. Or, dans le « grand public », il y a un grand nombre de « travailleurs »… Un effort important de professionnalisation des usages reste donc à effectuer, qui passera inévitablement par une révision en profondeur des modes de management et de coordination des collaborateurs dans les organisations de travail.

Comme le dit Richard Collin, qui a décidément le sens de la formule, « Dans les entreprises c’est comme si on disait aux gens ’faites du vélo, vous êtes libres et autonomes pour cela, mais faites-en dans le rail du tramway’. Ce qui est le meilleur moyen de tomber ».

L’étude pilotée par Microsoft doit se poursuivre par un examen approfondi des usages des TIC dans les grandes entreprises publiques et privées, de manière à en tirer des recommandations utiles pour toutes les organisations de travail. Affaire à suivre, donc.

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