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Formacamp : quelle place pour les TICE dans la formation tout au long de la vie ?

Par Christine Vaufrey B , le 25 février 2009

Un Formacamp, c’est quoi ? C’est un barcamp, dans lequel les gens échangent exclusivement sur des thématiques liées à la formation. Le but n’est pas de faire de long discours, ni de digérer du contenu bien construit à l’avance ; c’est plutôt de frotter ses idées et ses expériences à celles des autres, de se laisser surprendre, de côtoyer des personnes dont on ne soupçonnait pas l’existence ou, au contraire dont on a entendu parler depuis longtemps, sans les avoir encore rencontrées.

Le lieu de ce Formacamp n’était pas anodin ; sa tenue dans les locaux mêmes de la région Rhône-Alpes avait pour but principal de donner du grain à moindre aux élus et aux techniciens chargés d’imaginer puis d’implanter les politiques régionales de soutien à la formation tout au long de la vie.

En France, on glose souvent sur le gaspillage des fonds publics et privés affectés aux dépenses de formation continue. Mais, malgré tout, nous sommes assez fiers de notre système, qui fut l’un des premiers au monde (dès 1975) à accorder des droits systématiques de formation aux salariés en cours d’emploi. La France est l’un des berceaux de la formation tout au long de la vie ; dans des occasions telles que celle de ce Formacamp, on ne pouvait que se réjouir de voir réunies autant de belles énergies, de bonnes idées, d’envie de dialogue autour de la problématique de la formation.

Quatre thématiques concentrèrent les attentions :

  • Parcours individuels et construction collective
  • Formation et emploi durable
  • Territoires en réseaux
  • Handicap et Formation

Balayer les idées reçues et les habitudes

Ce sont les quatre pièces, dans le grand puzzle de la formation continue, que la région avait souhaité mettre en débat.  Transversales à ces quatre thématiques, les TICE furent omniprésentes, non comme une fin en elles-mêmes, mais bien comme des outils, des catalyseurs. Leur valeur ajoutée vis-à-vis des dispositifs tout en présence furent maintes fois soulignées : accroissement des possibilités d’adaptation aux rythmes et besoins des apprenants ; dynamisation des échanges et rupture d’isolement dans les territoires éloignés ; contribution à l’invention de nouvelles formes d’emploi ; opportunités à développer pour que les personnes atteintes de handicap puissent comme les autres tenir un emploi et participer aux communautés…

Quelques lieux communs furent vite balayés ; par exemple, on se mit vite d’accord pour convenir du fait que le degré d’aisance avec les TIC n’était absolument pas corrélé au niveau de diplôme. Ce qui implique de ne pas construire de programmes systématiquement « pour débutants complets » avec les personnes qui ne sont pas allées longtemps à l’école et souhaitent acquérir une qualification professionnelle… Quelques enseignants témoignèrent de leurs belles aventures liées à l’usage des TIC et firent vaciller (un bref instant ?) quelques-uns des piliers d’une culture professionnelle qu’on croyait gravée dans le marbre : l’un assuma le fait de ne pas connaître à l’avance le résultat auquel parviendraient ses élèves engagés dans la production de contenu sur des blogues ; un autre se félicita que « l’ordinateur fasse une bonne partie de son boulot, la plus pénible », et que lui-même puisse se concentrer sur la relation avec les élèves les plus en difficulté.

Les TIC pour faire du lien

Tout le monde insista sur le fait que les TIC étaient de formidables outils de mise en relation, et non d’isolement, comme certains le croient encore. S’agirait-il ici de leur fonction principale, comme le défend par exemple Francis Pisani ? Qu’il s’agisse de travail à distance, d’individualisation des parcours, de travail adapté aux porteurs de handicap, de mise en réseau des acteurs des territoires, il serait difficile aujourd’hui de se passer des TIC. Mais le chemin n’est pas pour cela parsemé de roses : il reste un travail considérable à effectuer pour modifier nos habitudes (de formateur, de recruteur…), lâcher la bride à ceux qui se lancent dans un parcours d’apprentissage ou d’emploi en s’appuyant sur les TIC.

Tout au long de la journée, Mario Asselin (Opossum) et Jacques-François Marchandise  (Fing) dialoguèrent et nous interpellèrent avec bienveillance sur nos objets de préoccupation. 

Bien entendu, tout ceci avait un goût de trop peu. Heureusement, le wiki du Formacamp , lié à la communauté Formavia (communauté virtuelle de la formation continue en Rhône-Alpes) reste ouvert. Vous êtes cordialement invités à y partager nos réflexions d’acteurs de terrain, à les confronter avec les vôtres et à décliner vous aussi, où que vous soyez, ce stimulant objet encore un peu étrange qu’est un Formacamp.

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