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L’ordinateur à l’école élémentaire : est-ce bien sa place?

Par Denys Lamontagne , le 18 septembre 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Fools Gold: A Critical Look at Children and Computers (L’or des fous : un regard critique sur les enfants et les ordinateurs) questionne notre engouement pour les nouvelles technologies et leur introduction massive dans les écoles primaires.

En plus des ravages de Nintendo & Cie, de la télévision de plus en plus raffinée et d’une mise en marché des produits de divertissement totalement séduisante, s’ajoutent maintenant ceux de l’ordinateur à l’école primaire.

Je rêve?

Pas tout à fait. J’avais déjà noté la pauvre ergonomie des postes d’informatique à l’école primaire de mes enfants (un progrès : les ordinateurs sont maintenant installés sur des tables basses et les enfants assis sur des tapis, à la japonaise), les claviers trop grands pour les petites mains et les ordinateurs placés face aux fenêtres. Un désastre qui n’est pas sans conséquences sur la posture des enfants et leur fatigue visuelle.

Vous avez sans doute noté aussi que les enfants sont plus sédentaires, qu’ils jouent moins dehors et sont généralement moins actifs que vous ne l’étiez à leur âge. Moins de vélo et plus de bagnole, moins de rencontres et plus de communications téléphoniques, moins de jeux et plus d’ordinateur et de télé.

Encore chanceux, nous ne vivons pas dans les quartiers les plus technologiquement favorisés, nous ne vivons pas non plus aux États-Unis. Là-bas, on a apparemment des raisons supplémentaires de s’inquiéter.

« Ceux qui placent leur foi dans les technologies pour solutionner les problèmes de l’éducation devraient porter plus d’attention aux besoins des enfants.

L’éducation demande de l’attention personnelle pour les étudiants, en commençant par de bons enseignants et des parents actifs, fortement supportés par leur communauté.

Cela demande un engagement pour une éducation appropriée et une attention étendue à tous les besoins réels et peu technologiques des enfants : besoins physiques, émotionnels et sociaux aussi bien que cognitifs.»

Loin d’être issu d’une pensée d’arrière-garde, ce rapport plaide pour une utilisation judicieuse des technologies dans un processus d’appropriation sociale : obtenir les avantages des technologies et s’éviter des problèmes majeurs.

Par exemple, il ne vous viendrait pas à l’idée de faire porter à un enfant des charges de 20 kilos pour lui faire développer ses muscles et qu’il devienne plus fort quand il sera adulte. Votre bon sens vous dit que le résultat ne serait peut-être pas celui que vous espérez.

Au niveau cognitif, c’est pourtant parfois ce qu’on lui demande grâce aux ordinateurs. Il y aurait des risques à provoquer un développement intellectuel prématuré, trop précoce et ne respectant pas les besoins normaux du développement.

Quels risques? D’abord les risques pour la santé (squelette, sédentarisme, vision, exposition aux émissions toxiques et aux champs èlectromagnétiques), puis, ceux plus insidieux d’isolement social, d’introversion, de manque d’auto-motivation, d’absence de sens communautaire, de proie à la commercialisation, d’imagination bridée, de langage limité, de faible concentration, de non-persévérance, d’insignifiance et de développement moral appauvri.

104 pages de données et de réflexions. On n’a pas à être d’accord sur tous les points, mais il y en a suffisamment pour s’interroger sérieusement.

Pour télécharger le rapport au format PDF.

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