Articles

Universités africaines : avant de penser au classement mondial, assurons les cours

Par Thot , le 15 octobre 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 20 octobre 2009

Après Shangaï en avril dernier, voici le tour de Londres : le Times Higher Education et son partenaire QS publient un classement des 200 meilleures universités du monde. Cette année comme les précédentes, l’Afrique est invisible dans ce palmarès. 

Les critères utilisés pour le classement du Times Higher Education touchent à quatre paramètres : l'enseignement, la recherche, l'employabilité des diplômés et le rayonnement international. Il n’est pas sûr que toutes les universités d’Afrique soient au courant de ces critères, qui se plaignent toujours d’être absentes de cette reconnaissance qui est quelquefois contestable.

Objectif prioritaire : assurer les cours

La qualité de l’enseignement est un objectif difficile à atteindre en regard des conditions de travail en usage dans ces institutions, aussi bien pour les enseignants que pour les étudiants parqués dans les amphis comme des moutons. Délivrer l'enseignement pour lequel on est payé (ou pas) du côté des enseignants, suivre l'enseignement pour lequel on est inscrit, du côté des étudiants : jusqu'à présent, les universités africaines n'ont pas d'autres objectifs.

La massification de l'enseignement supérieur, dont il a été question dans Thot voici peu, a un coût important. En Afrique, les infrastructures sont obsolètes et leur renouvellement très coûteux. Pourquoi alors ne pas créer des campus virtuels, plus durables et moins chers sur le long terme ? C'est la voie ouverte par le  Panaf, l'Agenda panafricain de recherche sur l'intégration pédagogique des TIC, financé par le CRDI, qui est actuellement à pied d’œuvre pour améliorer la qualité de l’éducation dans les universités africaines. Rappelons également que l' Association des Universités africaines  a fait de la qualité de l’enseignement une priorité.

La qualité de la recherche est un critère majeur dans l'évaluation des établissements d'enseignement supérieur. La recherche se mène bien entendu avec des équipements adéquats, mais elle se fait connaître au travers des publications spécialisées de haut niveau, dont l'Afrique est généralement absente.

Etre fier de ses réalisations, et le faire savoir

Le rayonnement international des établissements traduit la qualité de leur recherche, mais aussi leur capacité à attirer des enseignants et étudiants brillants. Et là, force est de constater que les universités africaines ne font pas beaucoup d'efforts de communication. En effet, même si toutes les universités disposent maintenant d’un site internet, ces sites ne sont pas alimentés et les informations du premier jour y demeurent inchangées des années entières. Les découvertes, les partenariats, les innovations de tous ordres ne sont guère portés à la connaissance des publics externes. Il est heureux que l'AUF, dans le cadre de son partenariat avec RFI, assure deux fois par mois la promotion par voie de radio d'une chercheuse ou d'un chercheur travaillant dans un établissement d'Afrique. Car il se passe des choses très intéressantes dans nos labos, quand bien même ils ne bénéficient pas toujours des équipements les plus modernes. Mais les universités elles-mêmes devraient assurer la promotion de leurs travaux. 

Rien ne sert de s'abonner au choeur des pleureuses; les Universités africaines ont en main de multiples solutions pour améliorer leur enseignement, la satisfaction des étudiants et leur rayonnement. Car avant de viser la cour des grands dans des palmarès fort contestés, il convient d'assurer au mieux sa mission première, qui est d'enseigner les savoirs qui permettront aux jeunes de bâtir les compétences dont ils auront besoin dans leur vie professionnelle, et de faire avancer la recherche sur les sujets qui touchent de près ou de loin les populations. Les outils numériques sont là, il suffit de s'en emparer. Ils n'ont pas réponse à tout, mais si on ne les utilise pas, on ne découvrira jamais leur potentiel.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné