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Le téléphone mobile, support principal de l’éducation... si participation.

Pour ne pas que le milieu ne devienne plus que le support du monde numérique…

Par Thot , le 09 février 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 28 juin 2012

Selon le « New Media Consortium/Educause Horizon Report for 2009» [370 k .pdf), le téléphone mobile sera la prochaine et la principale technologie à intégrer sur les campus.  On en fait un vecteur de choix pour la transmission de contenus.

On y explique pourquoi (accessibilité, disponibilité, coûts abordables, convergence avec la géolocalisation, capture et traitement de données, audio, vidéo, texte, wi-fi, etc.».

On considère également que ses capacités de travail collaboratif et de réseautique portable lui confère un avantage important.

D’un autre coté, à la lecture de ce rapport, on reste perplexe devant l’indigence de données de rendement fournies.  On y vante les utilisations et l’effervescence de créativité de nouvelles applications, mais en termes de rendements éducatifs, niet.

On se demande en quoi il y a avantage à systématiquement passer par la médiatisation numérique portable.  

Parmi ses inconvénients, outre la grandeur de l’écran (ce qui sera éventuellement résolu par les écrans souples enroulables) et de la difficulté de saisir des données textuelles, (difficulté qui peut-être contournée de plusieurs façons), son effet de fragmentation de la communication et des relations est indéniable :

  • l’effet d’isolement est automatique : quand on répond ou interagit avec, on n’est plus là pour les autres ;
  • l’effet d’écoeurement est réel après une certaine durée ;
  • le téléphone peut-être fermé et impossible à rejoindre.

La communication : à deux sens

L'utilisation du portable peut correspondre à une perte pour le milieu où il est utilisé : il prend l’attention de celui qui l’utilise, il accapare son esprit et l’expédie ailleurs ; que ce soit par les photos, les films ou les données qu’il recueille, ou qu’il diffuse et les contacts extérieurs qu’il permet. 

Votre cours ou vos amis sont ennuyeux, hop, on se retrouve ailleurs.  Il peut appauvrir le milieu analogique (plus besoins d’informations, de relations ou d’observations directes, tout ce qui est nécessaire se trouve dans Internet !), le milieu ne devient plus alors que le support du monde numérique…

Intégrer l’utilisation intense du téléphone portable en éducation implique que l’institution fournisse suffisamment de données propres, soit capable de recueillir et de traiter suffisamment d’apports et produise suffisamment «d’événements» pour éviter son appauvrissement et, au contraire, s’enrichir des apports extérieurs tout autant sinon plus qu’elle enrichira l’extérieur.  

En d’autres termes, c’est par son utilisation active, pour ses besoins pédagogiques et non passive, pour les besoins sociaux des individus, que son utilisation pourra être bénéfique pour l’institution éducative.  Ce sont les sujets enseignés qui sont au centre de la mission des institutions et non la socialisation des étudiants.

Les étudiants vont au cinéma et au théâtre parce qu’on y montre quelque chose, pas principalement parce qu’il y a d’autres étudiants ou qu‘on leur vend du confort. Les étudiants viennent dans les institutions parce qu’on y enseigne quelque chose; incidemment il y a d’autres étudiants, mais les étudiants sont là parce qu’on y montre quelque chose.  Si ce quelque chose est enrichi par le portable, ce sera encore mieux; sinon, quel est l'intérêt du portable ?

Il appert évident que si l’avenir passe par le téléphone mobile, l’éducation devra le rendre utile à ses fins pour les usagers et faire correspondre ce qu’elle peut livrer à leurs attentes.

New Media Consortium/Educause Horizon Report for 2009

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