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«Internet ôte tout intérêt à la transmission orale du savoir...» -

Par Denys Lamontagne , le 11 décembre 2000 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Récemment M. Jacques Weber, vice-doyen pédagogie au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen, a donné une entrevue à eSanté Actu.

Plusieurs révélations découlant de l’implantation d’une nouvelle didactique au CHU en font une entrevue de référence. En voici quelques extraits.

« - JW : ... Renonçant à un enseignement de type disciplinaire (pneumologie, urologie), nous avons instauré une formation centrée sur les processus physio-pathologiques.

- eSA : Quel est le principe?

- JW : L’objectif est de rendre l’étudiant actif, contrairement à ce qui se passe dans un cours magistral. L’apprentissage par problème est la base de l’enseignement de la sémiologie médicale (ndlr - sémiologie = étude des signes des maladies). Il commence en deuxième année (en première année, nous avons trop d’étudiants).

Par groupes de 8, les étudiants se penchent sur des situations médicales banales. Accompagnés d’un tuteur, ils essaient de dresser un schéma d’explication des phénomènes, forcément incomplet, à partir duquel ils se déterminent des objectifs d’apprentissage. Ils cherchent ensuite, chez eux, les informations qui leur sont nécessaires, avant de se retrouver pour corriger leurs erreurs et ré-expliquer le schéma.

(..) Le but est d’apprendre aux étudiants à générer rapidement des hypothèses diagnostiques. (..)

- eSA : Quels bénéfices concrets cette nouvelle méthode a-t-elle apportés?

- JW : Elle exige une forte implication et une masse de travail accrue pour tous, mais elle nous a appris à travailler ensemble; il y a beaucoup plus de respect et de solidarité entre les enseignants et entre les élèves.

En termes de résultats aux examens traditionnels, nos étudiants ne font ni mieux, ni pire que les autres. Mais, un an après, ils ont retenu 70% des items, contre 20% pour ceux qui ont suivi un enseignement traditionnel.

Des études de psychologie cognitive ont également démontré que les diplômés de Rouen devenaient des professionnels plus ouverts, capables d’établir une meilleure communication avec les malades, et qui recourent davantage que la moyenne de leurs confrères à la formation continue. (...)

Pour l’interview au complet : « Internet ôte tout intérêt à la transmission orale du savoir».

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